24 nov. 2010

Journée de la jupe : la pantalonnade de ni pute ni soumise !

Tout le monde sait combien les associations redoublent de créativité pour interpeller l’opinion publique sur les causes qu’elles défendent, par des initiatives des plus originales aux plus inutiles.

La concurrence est rude car il y a beaucoup de monde sur le marché, ce dont on peut se réjouir pour la vitalité de la démocratie.

Ni pute ni soumise, dont à peu près toute la France connaît le combat, fait partie de ces quelques associations ayant pignon sur rue et n’ayant plus besoin de crier pour se faire entendre. La presse et la classe politique sont passées par là pour les asseoir confortablement dans le paysage démocratique des notables de 1901.

Les filles des cités savent donc qu’elles peuvent compter sur d’autres filles des cités qui elles, ont coupé les barbelés pour s’émanciper.

De la burqa à la jupe, il n’y a qu’un pas ! Après le parachutage de 15 ambassadrices dans les cités (initiative récente de Ni pute ni soumise), sous le haut parrainage de Monsieur BESSON pour expliquer la loi contre cette Burqa, voici un appel à se cailler les miches pour dire « je t’emmerde aux p’tites racailles» des cités.

Ni pute ni soumise nous propose donc, en ce 25 novembre 2010, une création originale, entièrement dédiée aux filles des cités : la journée de la jupe ! Et ce qui m’intéresse, dans ce grand coup médiatique, c’est la jupe ! Au diable les symboles et la portée du message car finalement cette initiative, risque de donner un résultat proche de zéro.

Pourquoi ?

Parce que la violence faites aux femmes est telle qu’elle demande aussi de combattre la barbarie des hommes et cela passe par une éducation de chaque instant et partout ; auprès des mères, qui parfois, inconsciemment, produisent des machos, auprès des garçons qui dès l’enfance doivent intégrer, s’approprier une égalité sans qu’ils se sentent pour autant inférieurs etc.…

Les causes méritent elles aussi d’être traitées et devraient constituer le socle de cet engagement car si prendre en charge une femme battue est une nécessité, l’ambition devrait être celle que nous ne devrions plus jamais en arriver là.

Trop de monde pour traiter le mal et pas assez pour traiter les causes ! C’est ainsi que l’on peut résumer le paysage de l’engagement des causes en France !

Alors, je doute fort qu’une jupe arborée un 25 novembre dans une cité puisse apporter un progrès quelconque dans ce combat extrêmement grave et important.

Revenons-donc à cette jupe qui nous est vendue comme un symbole de la liberté de la femme ; une liberté que chacun mesurera selon la longueur de la jupe : courte pour les plus émancipées, au genou pour celle en passe de le devenir et très longue pour les autres ayant encore du chemin à faire.

Avec à peine quelques degrés dehors, le jour est bien choisi pour demander aux filles de se balader les jambes à l’air juste pour signifier quelques instants aux garçons de leur cité qu’enfin, ça y est, qu’ils ne se prennent plus à vouloir les mater !

Allez les filles, un peu de courage, de solidarité à l’appel de vos sœurs de ni putes ni soumises : un petit effort pour un l’immense progrès promis !

Surtout que des jupes, il y en a pour tous les gouts ; des minis, au-dessus du genou, des longues, des tubes, des volants, des godets et dans des matières d’une infinie variété : laine, soie, polyester, cuir, coton, lin etc.… Alors les difficiles chercheront d’autres prétextes pour passer à côté de cette journée que l’on pourrait aussi appeler « journée de défi aux garçons ».

Toutes à vos placards et s’ils n’abritent pas ce bout de tissu, un coup de shopping devrait y remédier !

C’est aussi ça le combat de la femme pour l’égalité et l’émancipation ; montrer sa féminité au travers d’une jupe portée pour un jour et se balader dans la cité pour la monter. Tout ça pour dire aux p’tites racailles de sa cité « je t’emmerde » je suis en train de m’émanciper, alors fiche-moi la paix !

En ce 21ème siècle, dans notre République, il n’est pas concevable que le respect de la femme se quémande par un bout de chiffon !

Ni pute ni soumise n’a finalement contribué qu’à la construction de deux camps dans le combat contre les violences faites aux femmes ; un combat pour celles des cités et un autre pour celles des beaux quartiers. Forcément ! Un coup porté à une femme, à l’arrivée, ne produit pas le même effet selon que l’on est riche ou misérable. Les premières ont peut être la peau fragile, tandis que les autres un peu plus dures, la pauvreté ayant sûrement épaissi le cuir de leur peau.

Mais bon, l’on peut comprendre qu’il soit délicat d’accueillir Marie Chantal de la Souricière et Soraya Benboudala aux mêmes endroits, les expéditeurs des violences n’ayant peut-être pas la même classe…sociale.

Jupe, ou pantalon, la liberté de la femme c’est d’abord la liberté d’être, de paraître, de porter ce qu’elle veut, quand elle veut et où elle veut et ne jamais porter de jupe n’enlève rien ni au respect auquel elle a droit, encore moins à sa féminité.

Notre société sera-t-elle un jour capable d’un activisme déterminé pour exploser les racines du mal là où elles se trouvent ? Et pour les violences faites aux femmes c’est d’abord chez les machos qu’elles prennent leur source !

Alors les filles, toutes à vos pantalons, pour partir en guerre contre ces mauvais garçons !


Source: www.lepost.fr

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