Blog d'actualité sur l'islam en Europe. Des articles de presse sur la présence musulmane en Europe.
24 janv. 2013
Signes religieux dans les lycées : L’ONU condamne la France à revoir la loi du 15 mars 2004
23 août 2011
Les mamans voilées pourront accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires
Le Ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel qui envisageait de préparer une circulaire pour empêcher les mères voilées d’accompagner les sorties scolaires, a été stoppé net dans son projet par le Premier ministre François Fillon, visiblement opposé à cette circulaire selon Le Figaro : « Ce serait très douloureux pour les enfants de voir leurs mères écartées des sorties »
Rappelons qu’en juin 2011, le collectif Mamans Toutes Égales et plusieurs personnalités ( MTE) avaient publié dans le Monde une tribune "Cessons la guerre aux porteuses de foulard !" .
Un texte dans lequel les signataires refusaient "cette logique de guerre et de mise au ban, qui désigne les femmes portant le foulard comme des pestiférées, tend à les disqualifier aux yeux de leurs propres enfants, et leur adresse ce message implicite : "Restez dans vos cuisines !"
Source : www.oumma.com
22 juin 2011
Une magistrate interdit le port du voile au sein de son tribunal
Le 30 Mai 2011, au sein d'un tribunal à Béziers, dans le cadre d’une audience relative à l’attribution de la garde de l’enfant issu de son premier mariage, une jeune femme portant un foulard a été sommée par la cour de se dévoiler sous peine d’être jugée par défaut.
Dès l’arrivée de Magali* au tribunal, l’agent de police s’est adressée à elle en ces termes « vous devez enlever votre foulard, par respect envers madame le juge » puis « c’est soit ça soit vous sortez, c’est un ordre du procureur ».
La jeune femme, menacée d’un jugement par défaut si elle n’ôtait pas son voile, a fini par le retirer, demandant tout de même « si c’est un bandeau, ça passe ? ». Ayant reçu l’accord du fonctionnaire de police, elle a donc pénétré dans la salle d’audience, où le greffier l’a interpellé « Non Non, les voiles sont interdits ». Il désignait par le terme « voile » le bandeau qui laissait découvert tout l’arrière de sa tête… La jeune femme, montrant que le bandeau qu’elle portait laissait apparaitre ses cheveux, a finalement été autorisée à pénétrer dans la salle d’audience.
Par la suite, au cours de l’audience, la juge a affirmé que la jeune Magali* était une « mauvaise mère » car elle avait pratiqué un « acte barbare », estimant que « le baptême musulman est un acte de barbarie envers les enfants». Lorsque la jeune femme a protesté en affirmant que c’est son fils qui, seul, avait décidé de devenir musulman, la magistrate a estimé qu’un «enfant de 10 ans ne peut pas choisir sa religion», ajoutant « ne me dites pas que la religion musulmane est meilleure qu’une autre religion.»
Malgré tous les témoignages prouvant que l’enfant désirait rester chez sa mère, la magistrate a estimé qu’il n’incombait pas à l’enfant de «choisir et de faire la loi dans ce tribunal».
Une fois de plus, une jeune femme a vu ses droits bafoués du fait de ses convictions religieuses, elle s’est faite humilier dans ce tribunal sous le seul prétexte que ses pratiques ne convenaient pas à des personnes censées faire appliquer la loi et représenter la justice.
Le CCIF considère qu’il est particulièrement scandaleux que des personnes censées représenter le droit se permettent d’avoir une attitude aussi ignoble et il condamne fermement le comportement des personnes à l’origine de ces actes discriminatoires. Il se tient une fois de plus aux côtés de cette victime de l’islamophobie et demande au ministre de la Justice de prendre ses dispositions pour que des sanctions soient prises à l’encontre de cette magistrate.
Source : www.islamophobie.net
Ségolène traite les femmes voilées d'intégristes
La candidate aux primaires PS, a tenu samedi un meeting dans un quartier populaire de Montpellier, qui a été perturbé par quelques manifestants, dont des femmes voilées. Ségolène Royal a annoncé ne pas vouloir "laisser le champ libre à des intégristes qui n’ont pas leur place dans la République française s’ils se comportent comme cela. La République française, c’est la liberté, la fraternité, l’égalité"
Samedi dernier, Ségolène Royal a annoncé ne pas vouloir "laisser le champ libre à des intégristes qui n’ont pas leur place dans la République française s’ils se comportent comme cela. La République française, c’est la liberté, la fraternité, l’égalité".
La scène "Ségolène casses toi", "Ségolène Dégage" rappelle étrangement les dictateurs déboulonnés ou en cours de déboulonnage qui se justifiaient leur incompétence et leur dictature par la lutte contre les méchants intégristes.
Ces "intégristes" reprochent à Madame Royal de soutenir l'état d'Israël, ainsi que le mouvement Ni Putes Ni soumises (deux réalités qu'il est malheureusement pour Ségolène assez difficile de nier)
Le 13 novembre 2006, au gymnase Japy à Paris, Ségolène Royal avait prononcé les phrases suivantes « Je vous le dis ici. Mon combat pour la laïcité, c’est pour vous femmes voilées, femmes mutilées, femmes excisées, femmes violées, femmes infériorisées, femmes écrasées… Inégalités salariales, violences faites aux femmes, mariages forcés, inégalités dans la formation professionnelle, inégalités dans l’emploi. Mon combat pour la laïcité, c’est pour vous. »
Madame Royal avait donc promis de libérer de leurs souffrances les femmes voilées et les femmes violées. On attend bien sûr (depuis 2006) les propositions que Ségolène compte prendre pour stopper les injustices subies par ces femmes.
Sur internet, les sites racistes et/ou islamophobes ont apprecié les propos de Ségolène (traitée de "Marine du Ps", par une femme voilée "intégriste") mais comme le suggère Bruno Roger-Petit la campagne de la pauvre Ségolène Royal a du mal à décoller. Il faudra faire mieux et plus gros la prochaine fois.
Pourquoi Ségolène ne pas reprendre la proposition de Luc Chatel qui souhaite interdire aux mamans voilées d'accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires ? ou encore proposer une aide financière aux femmes qui acceptent de se dévoiler ?
Source : www.islamophobie.net
20 mai 2011
Concilier l'islam et le sport: une Québécoise lance le "hidjab sportif"
MONTREAL — "Joumbiii!": le cri marque le début du combat de taekwondo, un art martial coréen, et de jeunes Montréalaises musulmanes se déchaînent sans enfreindre leurs convictions religieuses: elles portent le "hidjab sportif", conçu pour elles et dont le succès s'élargit sans cesse.
Certaines jeunes femmes musulmanes pratiquantes sont désireuses de faire du sport comme toutes les autres, mais aux yeux de certaines, il ne convient pas de dévoiler leurs cheveux: il y avait là un marché, une demande, qu'une jeune Québécoise d'origine iranienne a décidé de satisfaire.
Elham Seyed Javad, 27 ans, vient de lancer une compagnie pour commercialiser le "hidjab sportif" que s'arrachent déjà des amateurs du Japon, d'Allemagne ou d'Australie.
Le nom du hidjab vient de la racine arabe "hajaba", qui signifie "cacher", "dérober aux regards", "mettre une distance". Ce voile cache les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant voir que l'ovale du visage.
La société de la jeune femme, ÏQO Design, est maintenant sur les rangs pour obtenir un juteux contrat du gouvernement iranien, dont l?équipe de football féminine a de fortes chances de se qualifier pour les prochains Jeux Olympiques.
Le déclic remonte à 2007. Lorsque de jeunes musulmanes de Montréal sont exclues des tournois de taekwondo à cause de leur voile, jugé dangereux par la fédération, Elham Seyed Javad, étudiante en design à l'Université de Montréal, s'indigne.
Pour son projet d'études, elle imagine le ResportOn (contraction de "refaire du sport, dans le respect"), un t-shirt à cagoule pratique à enfiler, en tissu extensible. Aussitôt, l'université flaire le bon filon : l'entreprise Univalor, chargée de promouvoir les travaux des chercheurs, prépare un brevet, déposé depuis au Canada et aux Etats-Unis.
Fait de cool max, une maille aérée qui favorise l'évacuation de l'humidité, le vêtement s'enfile comme une cagoule, mais se ferme à l'arrière. "C'est beaucoup moins chaud, ça reste en place...", dit l'entraîneuse Gaëlle Texier. Et comme cela s'enfile par l'avant, on reste toujours jolie et bien coiffée.
"C'est vraiment un compromis", ajoute la taekwondoïste Asmaa Ibnouzahir. "En fait, ça nous permet de continuer à pratiquer le sport qu'on aime, qu'on faisait, puis qu'à un moment donné on ne pouvait plus faire."
Univalor voit déjà plus loin, au-delà du créneau islamique.
"On a regardé évidemment le premier marché, qui était le sport pour les jeunes filles musulmanes, mais également d'autres : la F1, le sport automobile, le karting, les hôpitaux, les salles opératoires", dit le directeur de projet Thomas Martinuzzo.
Effectivement, l'invention ne séduit pas que les athlètes. Dûment adapté, le vêtement est porté depuis ce printemps, à titre d'essai, par une officière de la police australienne.
"Mon objectif, dit sa créatrice, c'est de vraiment séparer la connotation religieuse de la connotation sportive. Pour moi, quand il y a d'autres organismes qui nous approchent, c'est très positif parce que vraiment l'aspect religieux n'est pas présent dans le produit".
Pour l'instant, le ResportOn est vendu 44 euros, uniquement sur internet. Les premières ventes ont été réalisées en novembre 2010, et depuis tout s'accélère. Plus de 170 villes et pays ont visité le site internet d'ÏQO Design qui s'est associé avec un investisseur et a recruté un représentant en Iran.
Chaque prototype est dessiné dans un atelier de Montréal, adapté et cousu selon les besoins des clients. Mais Elham pense déjà au grand public et rêve de voir un jour son hidjab dans les magasins d'articles de sport.
Des contacts sont en cours avec un hôpital et avec des coureurs automobiles. Loin du marché des musulmans pratiquants, ResportOn est pratique aussi pour retenir les dreadlocks.
Source : AFP
19 avr. 2011
Une femme et son enfant de 13 mois violemment agressés dans un zoo de Seine et Marne
Le 16 Avril 2011, une femme portant le niqab et son fils de 13 mois ont été violemment pris à parti par trois individus-deux hommes et une femme- dans un zoo de Seine et Marne. Les agresseurs l’ont insultée, agressée physiquement et lui ont arraché son niqab, estimant que celle-ci n’était pas en droit de se trouver en ce lieu. Ils l’ont également plaqué contre un grillage, alors que celle-ci portait son enfant dans ses bras.
Une femme et son enfant de 13 mois violemment agressés dans un zoo de Seine et Marne
Le 16 Avril 2011, une femme portant le niqab et son fils de 13 mois ont été violemment pris à parti par trois individus-deux hommes et une femme- dans un zoo de Seine et Marne. Les agresseurs l’ont insultée, agressée physiquement et lui ont arraché son niqab, estimant que celle-ci n’était pas en droit de se trouver en ce lieu. Ils l’ont également plaqué contre un grillage, alors que celle-ci portait son enfant dans ses bras.
Des témoins de la violence de cette scène sont alors intervenus pour s’interposer, entrainant la fuite des agresseurs. La victime s’est immédiatement rendue au commissariat afin d’y déposer plainte pour violences aggravées et insultes à caractère racial.
Moins d’une semaine après la mise en application de la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, la violence de cette agression ne doit pas laisser les autorités publiques indifférentes. Il relève de leur responsabilité de retrouver et poursuivre les auteurs de cette agression afin de s’assurer que nul ne se permette de se substituer aux représentants des forces de l’ordre.
Dans l’atmosphère délétère qui règne, provoquée par la succession de lois visant les citoyens et citoyennes de confession musulmane, des agressions de ce type sont de plus en plus fréquentes. Il en va de la responsabilité des autorités publiques qui, par la promulgation de telles lois, ont accru la vulnérabilité des citoyens de confession musulmane en les faisant passer pour des criminel(le)s aux yeux de l’opinion publique.
Source : www.islamophobie.net
15 avr. 2011
Pourquoi le voile pose-t-il problème?
Au-delà des clichés et sans apologie aucune, peut-on envisager le voile islamique sous un autre angle? Entretien avec Silvia Naef, professeur à l’unité d’Arabe de l’Université de Genève, spécialiste de la culture des mondes arabes et musulmans, qui effectue actuellement des recherches sur le voile et ses symboliques.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre recherche actuelle sur le voile?
Je n’ai pas voulu m’intéresser au problème du voile du côté musulman, son obligation par le Coran, qui est d’ailleurs très discutable. J’ai plutôt voulu me pencher, et c’est une réflexion, toujours en cours, sur cette fixation occidentale par rapport aux femmes musulmanes et à leur voile. C’est au XIXe siècle que l’ont peut trouver l’origine de cette fascination. Cela se trouve d’abord dans des récits de femmes occidentales qui voyagent en Orient, et qui plaignent les musulmanes obligées, selon elles, de porter un voile.
C’est évidemment tout à fait paradoxal quand on pense aux conditions de la femme en Europe à cette époque-là. De manière plus générale, dans l’optique 'Edward Saïd' d’un Orient créé par l’Occident, c’est tout l’orientalisme du XIXe siècle qui va s’intéresser à ces femmes voilées, cachées, et dont on va faire tantôt un symbole d’oppression, tantôt un objet de tous les fantasmes. Mis à part ce côté plutôt artistique, il existe une autre piste, anthropologique cette fois, qui doit être explorée: c’est celle de la domination. Car, ne l’oublions pas, le XIXe siècle est l’époque de toutes les conquêtes coloniales. Et qui dit conquête dit soumission.
De ce fait, les hommes, cela se voit dans toutes les guerres depuis l’enlèvement des Sabines à Rome, se servent des femmes pour humilier l’adversaire en se les appropriant brutalement. C’est un acte symbolique très fort. Or, on voit qu’au XIXe siècle, l’Orient musulman, justement, refuse de donner ses femmes. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si, plus tard, les Français obligeront les femmes à retirer leur foulard en Algérie, quelque soit par ailleurs les motifs sécuritaires invoqués. C’est parce que cet Orient qui a pourtant été conquis, refuse en effet de donner symboliquement ses femmes, et cela dérange fortement les Occidentaux.
Le fantasme de la femme dévoilée
C’est aussi pour cela que le fantasme de la femme dévoilée (visibles dans les tableaux d’Ingres par exemple) dans des bains turcs est si présent. C’est une manière de contourner ce refus. Ce problème symbolique est très important. Grâce au voile, les musulmans soustraient les femmes à la vue des occupants, et diminuent ainsi leur pouvoir de domination. C’est une sorte d’acte de résistance. Aujourd’hui, on constate que le voile islamique est plus que jamais une fixation de la part des Occidentaux.
Il y a selon moi différents types de questions et différentes manières de les aborder. Tout d’abord, très simplement, il existe des citoyens qui refusent la présence musulmane en Europe, et pour qui le port du voile constitue une provocation, une agression, et un acte de revendication insupportable. Il existe également toute une génération de féministes, qui ont dû se battre contre une multitude d’oppressions, dont certaines provenant du christianisme, et pour qui le voile islamique renvoie à ces combats si chèrement gagnés.
On voit également beaucoup de partis ou de groupes, notamment d’extrême-droite, pour qui le droit des femmes n’est absolument pas une priorité dans leur propre pays, mais qui sont à la tête du combat contre le voile sous prétexte de l’égalité homme/femme. Cette manière de se concentrer sur le voile des musulmanes sans s’intéresser aux problèmes des femmes de son pays se retrouve d’ailleurs déjà au XIXème siècle, et perdure largement aujourd’hui.
Le désir de posséder
On se concentre sur ces "pauvres femmes oppressées", forcées de se couvrir le visage et le corps, mais on oublie de se pencher sur toutes les inégalités qui subsistent encore aujourd’hui en Europe par exemple. Je pense enfin que le désir de posséder, symboliquement ou non, les femmes de pays plus pauvres, plus faibles, existe toujours aujourd’hui, et que les frustrations qui résultent de ce voile qui cache et soustrait les femmes des pays orientaux expliquent en partie cette focalisation sur le voile.
Enfin, il est important de le souligner, pour qui s’intéresse un tant soit peu à la condition des femmes dans les pays musulmans, le voile n’est pas un problème prioritaire. Cette obsession de vouloir faire retirer le voile aux femmes est d’ailleurs très souvent mal comprise par les principales intéressées, pour qui le foulard, hijab, niqab etc., constitue d’abord un acte de pudeur. C’est un peu comme si l’on demandait du jour au lendemain aux femmes occidentales de se balader dans la rue les seins nus.
La pudeur se conçoit de manières différentes selon les cultures et les sociétés, et le voile islamique est ancré depuis des siècles comme faisant partie de la légitime pudeur des femmes dans le monde arabo-musulman. Il semble donc intéressant de se pencher d’abord sur nos propres histoires, nos propres interprétations, pour comprendre un peu mieux le regard que l’on porte sur l’autre, en l’occurrence sur la femme musulmane voilée.
Source : www.lemondedesreligions.fr
13 avr. 2011
Une étude dévoile la vie des femmes qui portent le niqab
RELIGION – Elle met en avant les difficultés de vivre avec le voile intégral, qui relève souvent d’un choix personnel…
La religion a une place essentielle dans leur vie. Dans une étude intitulée «Un voile sur une réalité» parue lundi, jour d'entrée en application de la loi interdisant le port du voile intégral en France, 32 femmes expliquent pourquoi elles ont décidé de revêtir le niqab.
Le propos de cette étude est clairement politique. Elle a été commandée par la fondation du milliardaire américain George Soros, l’Open Society Institute, qui rappelle en préambule qu’elle cherche à avoir «des débats mieux éclairés sur la diversité et l’égalité en Europe». Naïma Bouteldja, la journaliste qui a rédigé l’étude, déclare avoir voulu remettre «au centre du débat sur le voile intégral les principales femmes concernées par la controverse, c'est à dire celles qui portent un voile intégral. Nous considérions qu'il y avait très peu de données brutes existantes sur les femmes portant un niqab en France, leur profil, âge, nationalité, leurs motivations et leurs expériences quotidiennes».
Jeunes et instruites
L’étude parle d’ailleurs de ces femmes comme des «mythes». La diversité et l’originalité des témoignages recueillis au cours de l’enquête aident à comprendre les raisons pour lesquelles ces Françaises (30 femmes sur les 32 interrogées) portent le niqab.
Parmi elles, 20 sont d’origine d’Afrique du Nord, quatre sont originaires d’Afrique de l’Ouest et huit sont converties à l’islam. Elles sont jeunes - 27 d’entre elles ont moins de quarante ans - et instruites - quatorze d’entre elles ont au moins décroché leur bac, dont cinq qui ont fait des études supérieures. Mais elles ne sont que dix à travailler, même si elles souhaitent toutes exercer une activité «tant que cela ne les empêche pas de pratiquer leur religion», à l’exception de deux d’entre elles.
«Manque de solidarité»
D’abord, cette étude tient à rappeler que «l’adoption du voile intégral est dans la grande majorité des cas le résultat d’un choix personnel, sans que la moindre pression ait été exercée par des membres de la famille». Au contraire, le témoignage de ces femmes montre le «manque de solidarité» de l’entourage. Dix d’entre elles ne le portent d’ailleurs pas en permanence à cause des tensions familiales. Le choix de porter le niqab entraîne souvent un conflit ouvert avec la famille, et particulièrement avec les mères.
Ces femmes font part d’un sentiment d’insécurité. A l’instar de Jameelah, une jeune femme de 24 ans: «J’ai senti que je n’étais plus du tout humaine, que j’étais un monstre, alors qu’ils devaient me respecter, parce qu’au final, je suis un être humain comme eux… au final, c’est pour cette raison que je voulais que l’on me respecte.» Trente de ces femmes se sont déjà fait agresser. Des agressions verbales pour l'essentiel «mais vraiment tres répétées et quotidiennes pour celles qui sortaient souvent de chez elles pendant la controverse», justifie Naïma Bouteldja. «Certaines femmes se sont fait cracher dessus et à quelques occasions il y a eu aussi des agressions physiques: des bousculements plus ou moins violent dans le train.»
«Un des chemins à suivre»
«Les femmes de notre échantillon ne sont membres d'aucune organisation musulmane a l'exception d'une - qui est membre du bureau de sa mosquée locale», ajoute la journaliste. La plupart fréquente très peu la mosquée (moins d'une fois par mois en moyenne). La difficulté de leur rapport avec les institutions musulmanes tient plus au fait qu'une majorité de femmes considèrent ne pas avoir été soutenues par les principales instances musulmanes françaises. «Si l’on devait résumer la position de ces dernières, conclut Naïma Bouteldja, elles se sont d'un côte opposées a la loi et de l'autre ont plus ou moins condamné la pratique du voile intégral.»
Alors pourquoi porter le niqab? Du témoignage de ces femmes, il ressort une forte spiritualité, un quasi mysticisme: «J’avais le sentiment que le simple voile ne suffisait pas, raconte Jameelah. J’avais le sentiment que je devais développer ma spiritualité. Pour moi, c’était un des chemins à suivre.»
Quitter la France
Avec la nouvelle loi, elles ne vont d’ailleurs pas retirer leur voile intégral. «Parmi les femmes interrogées, nombreuses sont celles qui affirment de façon intransigeante qu’elles refuseront de retirer leur voile lors de l’entrée en vigueur de la loi le 11 avril», examine l’étude. La solution pour elles est incertaine: Sans doute rester chez elles ou bien quitter la France pour aller dans le pays d’origine de leurs parents, en Arabie saoudite ou au Royaume-Uni. Naima Bouteldja explique qu’elles sont elles-mêmes dans l’indécision. Elle cite l’une de ces femmes: «Vivre en France maintenant, c’est comme être très amoureuse d’un homme violent avec vous.»
Source : www.20minutes.fr
Discrimination : son foulard l'empêche d'entrer dans l'école de son fils
A moins d’une semaine de sa mise en application, les dérives de la loi dite « sur la burqa » sont déjà perceptibles. Une mère de famille, portant un foulard islamique classique, a subi une violente humiliation dans le collège où sont scolarisés ses enfants. L’accès à l’établissement lui a été refusé, car la jeune femme porte un voile sur la tête. Le CCIF a déjà conseillé à Fatima Ouhamma de porter plainte. La CIMADE, quant à elle, estime qu’il y a un comportement discriminatoire qualifié.
« J’arrivais avec mon mari devant l’entrée principale du collège, raconte Fatima, la concierge nous a stoppés et déclaré que seul mon mari pouvait entrer car je portais le voile. Elle a affirmé que c’était désormais la loi. Je savais que la loi sur la burqa devait arriver mais je ne me sentais pas concernée car je ne porte pas le voile intégral, j’ai le visage découvert. » Fatima précise qu’elle se rend régulièrement dans ce collège pour suivre la scolarité de son fils (en 3e) et de sa fille (en 5e).
Fâchés par cet accueil, Fatima et son mari commencent à partir quand ils aperçoivent la directrice qui les attendait pour le rendez-vous. Elle leur propose de rentrer quand même, mais par une autre porte de l’établissement, plus discrète. « J’ai refusé, explique Fatima, elle a prétexté que le refus de me laisser entrer découlait des nouvelles directives. »
Les Ouhamma sont, bien entendu, repartis très en colère face à cette injustice. Fatima a contacté le CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France) dès son arrivée chez elle, l’organisme l’a d’ailleurs encouragée à porter plainte. Elle a ensuite contacté le Midi Libre, le journal local du Languedoc-Roussillon. C’est la journaliste Sandra Canal qui a rapporté son histoire dans les colonnes du quotidien. « Mon sentiment est que le comportement de la directrice est assez étrange. D'autant plus que Mme Ouhamma ne répond pas aux stéréotypes auxquels nous nous attendons. Cette femme travaille dans une usine et y a des responsabilités syndicales », a déclaré Sandra Canal à Saphirnews.
Pour l’heure, Fatima doit se rendre jeudi 7 avril à une réunion parents-professeurs pour le suivi de la scolarité de sa fille dans le même collège. Elle prévoit de s’y rendre « comme d’habitude » et sera soutenue par d’autres mamans. « Je ferai le point avec Mme Ouhamma vendredi matin, affirme Chistophe Perrin de la CIMADE à Saphirnews, je me suis entretenu avec elle au téléphone et il y a clairement eu comportement discriminatoire à son encontre. Il y a matière pour une plainte. Maintenant, la décision appartient à Mme Ouhamma et elle attend la réunion de jeudi avant de décider quoi que ce soit. »
Lundi 11 avril, la loi du 11 octobre 2010 entrera en vigueur. Elle interdit aux citoyens de se couvrir le visage dans un lieu public. Cette loi vise clairement les femmes en voile intégral et cette (fausse) question cristallise les fantasmes sociétaux sur l’islam. Cependant, cette loi n’interdit pas le foulard. Une histoire qui trouvera sûrement des échos dans les prochaines semaines avec l’entrée en vigueur de la loi.
Source: saphirnews
12 avr. 2011
Sorties scolaires : l'inquiétude des mères en foulard
«On n’est pas salarié de l’école.» Sa fille ? «Elle est contente quand je viens, toute fière de dire "c’est ma maman".» Mariem réfléchit : «Déjà que la burqa, ça a secoué tout le monde, là, je pense que ça va être la colère.» Elle imagine que certaines mères pourraient se braquer, refuser de participer à la «collation» du matin, des fruits ou du fromage apportés à tour de rôle.
«Fragile». A la sortie d’une autre école, toujours à Moulins. Les têtes couvertes sont nombreuses. Majhouba, 34 ans et enceinte de son troisième : «Ça va être un souci, parce qu’on est majoritaire. Et il n’y a jamais beaucoup de parents qui se proposent.» L’enlever ? «Ce serait comme si j’étais toute nue», dit Nora, 27 ans, mère de quatre enfants. Elle aussi trouve que les maîtresses ne font «aucune différence». Zouhra, 35 ans, deux enfants : «Ils feraient mieux de regarder les autres problèmes, comme le nucléaire, ou la misère des pauvres. La vérité, c’est que l’islam leur fait peur.»
A Fives, autre quartier populaire de Lille, Farida, 38 ans et mère de sept enfants, porte le jilbeb, couverte des pieds à la tête, visage excepté. «Si on rejette sa mère, l’enfant va se sentir lésé, il ne grandira pas normalement.» A côté d’elle, son amie, en jilbeb aussi : «On ne peut pas faire ça à un enfant. Un enfant, c’est fragile. Il va ressentir le rejet, il sera moins joyeux. Je ne comprends pas qu’on puisse agir ainsi face à des enfants.» Farida a une fille en troisième, qui porte le foulard, elle étudie par correspondance, depuis la sixième. Une autre qui va au collège, en cinquième. «Qu’est-ce qu’il veut le ministre ? Qu’on mette tous nos enfants au Cned [formation par correspondance, ndlr] ? S’il commence à installer la peur entre les gens, tout le monde va se méfier de l’autre, et on va voir le taux de croissance du FN !»
«Atterrée». Et les directeurs d’établissement ? Ceux qui ont accepté de répondre désapprouvent. Dans une école d'un quartier populaire de Lille, une directrice annonce qu'elle souhaite «la participation la plus grande des mamans» dans les activités de l'école et qu'il n'est donc «pas question de refuser» les mères qui portent le foulard, qu'elle estime à plus de 60% dans son école. Une directrice d’école de Fives pense aussi que «dans certaines classes, ça peut être un problème. Au Forum des sciences, j’ai besoin d’un parent pour quatre enfants». Et puis il y a le problème humain : «On va heurter les gens». Elle pense aussi qu’il y a «plus urgent, dans l’éducation aujourd’hui». A Lille, huit classes sont menacées de fermeture.
Un directeur d’école à Moulins préfère «une maman voilée qui fait attention aux enfants, et qui est utile, à une maman non voilée, qui parle mal aux enfants ou qui n’est pas fiable». Une autre directrice se dit «atterrée» :«C’est d’une violence inouïe.» Dans son école, à Fives, deux mères portent le foulard. Comme ses collègues, elle se dit «attachée aux valeurs de la laïcité», au point d’«embêter» les dames de cantine qui refusent d’enlever leur foulard, et «l’institutrice qui porte une médaille de la Vierge Marie». Mais elle pense qu’il faut laisser les parents tranquilles. «Un enfant est bon élève quand il a une image positive de lui-même. Une maman reconnue, ça y contribue.» Elle pense que l’émancipation, c’est le rôle de l’école et que «ça peut passer par le fait qu’on emmène une mère voilée au musée».
Source : www.libelille.fr
6 avr. 2011
Une mère de famille stoppée à l'entrée du collège de Poussan en raison de son voile
Or cette loi n'entrera en vigueur que le 11 avril prochain et prône exclusivement l'interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics. « Je n’ai rien compris. Je me suis soudain sentie clairement discriminée », explique Fatima Ouhamma, 38 ans, domiciliée à Gigean. « Non seulement il ne s’agit pas d’un voile intégral, mais en plus je suis déjà entrée au collège avec ce voile pour une rencontre parents-professeurs en fin de premier trimestre et personne ne m’a rien dit !»
Du côté de la direction, on parle d'un incident « très banal ». La principale du collège a d'ailleurs proposé à la mère de famille « de passer par une porte indépendante située à l'arrière du collège et réservée aux professeurs pour éviter de traverser la cour et ne pas croiser les élèves ».
Cet évènement intervient précisément le jour où se tient la convention sur la laïcité et l'islam organisée à Paris par l'UMP.
Source : www.midilibre.com
23 mars 2011
Les prud'hommes étudient le cas d'une employée voilée qui se dit discriminée
Sensible. À quelques jours de l’ouverture du débat sur la laïcité et l’islam en France, cette nouvelle affaire de voile au travail fait figure de dossier politico-médiatique pour le conseil des prud’hommes clermontois. La juridiction a donc préféré se donner le temps de la réflexion.
Deux conseillers rapporteurs vont vérifier notamment si le règlement intérieur de la société Sodiclerc (exploitant l’enseigne Leclerc du Brézet à Clermont-Ferrand) interdisait ou non le port du voile islamique aux salariés. Et contrôler si le poste proposé à Gulsen Ozturk lors de son retour au travail correspondait à ses anciennes fonctions.
Le 6 mai, les parties se retrouveront et tenteront de trouver un accord. Si tel n’est pas le cas, un jugement devrait être rendu, d’ici fin juin ou début septembre, probablement.
« Je voulais tourner la page et reprendre une vie normale : ça dure depuis un an, cette histoire, a déclaré hier Gulsen Ozturk. Son avocat, Me Patrick Roesch, s’est dit lui « assez optimiste ». « À mon avis, le règlement intérieur ne stipulait pas l’interdiction du foulard. Ma cliente est ensuite passée de la mise en rayon à la réserve ».
Après avoir quitté le centre Leclerc du Brézet neuf ans durant pour congé parental, Gulsen Ozturk, 32 ans, décide en mai dernier de reprendre son poste à la mise en rayon. Sauf que pendant son break, la Clermontoise d’origine turque, qui a acquis il y a plus de dix ans la nationalité française, a lu le Coran et décidé de porter le foulard au quotidien.
Deux versions divergentesSon employeur l’affecte à la réserve. Elle tente de négocier un licenciement. Refus. S’estimant placardisée et discriminée, la salariée demande aux prud’hommes la résiliation de son contrat de travail.
Le 20 décembre dernier, devant la juridiction, Me Giraud, l’avocate de l’employeur, avait réfuté toute discrimination. « L’entreprise a refusé le licenciement parce qu’elle n’avait aucune raison valable de la licencier. C’est ce qui a déclenché toute cette affaire ».
Le port du voile, de ce point de vue, ne serait qu’un prétexte que l’employée aurait trouvé pour attaquer son employeur.Source : www.lamontagne.fr
21 mars 2011
Jupe et string obligatoires
Il fut un temps, pas si lointain, où les jeunes filles de notre douce France fréquentaient des lycées (non mixtes) en jupe, les pantalons leur étant strictement interdits. Les temps ont bien changé. Aucune tenue ne choque plus personne.
Pourtant, la tenue des jeunes filles semble redevenir un enjeu majeur : à partir de quelle longueur de robe celles-ci sont-elles vraiment « libérées » ? Faut-il montrer ses genoux pour faire la preuve que l’on est « libérée » ? Ou bien la mini-jupe serait-elle le seul signe de « libération » ? Ces angoissantes questions hantent l’administration d’un lycée de la région parisienne.
Comme le rapporte un communique du Collectif contre l’islamophobie en France (« Des lycéennes convoquées pour... port de robe longue unie ! ») :
« Après les propos nauséabonds de Marine le Pen sur les prières musulmanes, après l’ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses avec le débat sur l’Islam, après la sortie scandaleuse du ministre de l’Education Nationale sur les mères musulmanes accompagnant les sorties scolaire, c’est au tour du Lycée Auguste Blanqui, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) d’être le théâtre d’un nouveau scandale islamophobe. Depuis quelques jours, plusieurs lycéennes sont convoquées, l’une après l’autre, par la proviseure adjointe et la CPE, parce qu’elles portent…une robe longue unie ! »
Le site Soutien Palestine (« Musulmanes, ôtez cette robe longue qui nous insupporte », 15 mars) rapporte le témoignage de ces jeunes filles :
« Ce mardi matin, une élève de seconde est venue à la rencontre d’une autre jeune fille scolarisée pour sa part en classe de terminale, afin de lui faire part de ce qu’elle avait péniblement vécu vendredi dernier au sein de l’établissement. Celle-ci lui a rapporté avoir été convoquée par la proviseure adjointe du lycée ! L’objet de cette convocation était la ferme condamnation du vêtement portée par cette élève, à savoir une longue robe unie ! La proviseure adjointe lui a signifié qu’au nom du règlement intérieur de l’établissement qui applique le principe de laïcité en vigueur en France, elle ne pouvait pas arriver ainsi vêtue au sein de son établissement scolaire ! Explication de la proviseure : “Cette jupe longue ne peut être considérée que comme un vêtement ostentatoire, un signe religieux manifeste” !!! » (...)
Plus tard, dans la matinée, une jeune fille de terminale a été convoquée alors qu’elle était en cours de philosophie. « Première convocation durant toute sa scolarité au bureau d’un proviseur ! Sont présentes dans le bureau, la proviseure adjointe et la CPE. Motifs avancés ? Les mêmes que ceux présentés la semaine dernière pour la jeune fille de seconde. Le déroulé de cette rencontre : “Si je te convoque, c’est à cause de ton vêtement. Voilà, je te lis le passage du règlement intérieur sur la laïcité.” Mme la proviseure adjointe faisant remarquer que la robe longue de la jeune fille faisait référence à une religion, qu’il permettait de déterminer de quelle religion elle était, et que elle, Mme la proviseure, savait très bien pourquoi elles, toutes ces jeunes filles, portaient ce type de vêtements etc. etc. Et la jeune fille de répondre que non, il ne s’agit pas d’un vêtement religieux. Et la CPE, assez silencieuse pendant tout l’entretien, de reprendre : “Oh que si !” »
« Au cours de cette séance qu’elle a qualifiée de “violente moralement”, la jeune fille a remarqué qu’il y avait devant la proviseure une feuille sur laquelle était écrit une liste de noms de filles, dont le sien, censées subir ce même entretien. La jeune fille a demandé à la proviseure à partir de quels critères cette liste de noms de filles musulmanes avait-elle été constituée ; on lui a répondu que cela ne la regardait pas. La réalité que les jeunes filles nous ont expliquée aujourd’hui est que l’administration surveille de très près les élèves qui portent le voile à l’extérieur de l’établissement et qui sont obligées de l’enlever à l’entrée du lycée ! Similitude frappante et déconcertante avec la surveillance engagée envers les personnes que l’on soupçonnait d’être juives à une certaine époque dans notre pays. » (...)
(...) « Un certain nombre de jeunes filles qui ont eu vent de cette affaire ont refusé d’aller en cours disant que l’urgence était de débattre de ces faits qui ont provoqué chez elles une très grande indignation. Elles se sont rendues en salle de permanence afin de pouvoir en débattre entre elles. Peu de temps après, sont arrivées les trois CPE de l’établissement, la proviseure et la proviseure adjointe. Message envoyé à toutes les rebelles : toutes celles qui étaient en retard à leurs cours ou celles qui avaient décidé de ne pas s’y rendre devaient les suivre ! »
« Les jeunes filles sont donc conduites dans une des salles du lycée ; ce n’est pas un débat qui aura lieu mais bien un “monologue”, selon elles, durant lequel les cheffes auront tout le pouvoir de faire savoir à celles qu’elles qualifient “d’insolentes”, “d’immatures”, ce qu’elles pensent de ces vêtements qualifiés de religieux. “Que signifie donc cette rébellion ?”, “Comment peuvent-elles oser ?” “Ces vêtements sont interdit un point c’est tout ; c’est la laïcité, c’est le règlement… Et être habillées de la sorte est ostentatoire”, a déclaré religieusement Mme la proviseure, nouvelle ambassadrice de la religion laïque au sein de cet établissement. Que “décidément ce n’est pas un style que d’être vêtues de la sorte”. Que “regardez-moi avec ma veste et mon jean”, ça c’est un style !” “Ah bon vous êtes styliste ?”, rétorque, agacée, une des jeunes filles présentes. Silence de la proviseure. Et plus le temps passe, plus les cheffes à cours d’arguments commencent à s’enliser. “Comment ça se passe quand c’est la mode des jupes longues ?” demandent les élèves. “Elles ont droit ou pas le droit, les filles, de les porter ?” “Vous savez bien que ce n’est pas la même chose ! En haut elle porte un petit chemiser, un petit tee-shirt avec des bretelles ; ce n’est pas la même chose !” “C’est ce vêtement tout noir.” “Ah bon ! C’est la couleur maintenant qui vous pose problème ?!”... »
Le lendemain s’est déroulée une autre réunion, avec les parents des élèves, tout aussi hallucinante (« Dis-moi ton prénom, et je te dirai si ta robe longue est ostentatoire ! », 16 mars), d’où il ressort que les jeunes filles concernées seront confinées au CDI, en attendant que la hiérarchie tranche... Exclure, exclure, exclure. Au nom de la laïcité, en plus...
Ce qui indigne l’animatrice du site féministe décapant Les Entrailles de Mademoiselle, qui, dans un billet intitulé « Sois blanche et tais-toi ! » (17 mars), écrit :
« Ne pourrait-on pas demander à ces jeunes femmes de changer de prénom, afin de s’appeler Caroline, “comme tout le monde” ? Ne pourrait-on pas demander à ces jeunes femmes d’arborer un épiderme bien blanc, “comme tout le monde” ? »
« Parce que, comme le dit Môssieur Guéant, “Les Français (...) ne sont pas xénophobes. Ils veulent que la France reste la France.” (Le Monde du 15 mars 2011). »
« Ah, la France éternelle, son pâté, son camembert, ses colonies... »
« Mademoiselle pense donc qu’il faudrait de toute urgence légiférer de manière à rendre obligatoire le port de signes ostensible de francitude. Ainsi, tout(e) lycéen(ne) désireux(se) de montrer son amour de la Patrie et de la Laïcité devrait désormais venir au lycée en arborant :
Un jambon beurre et sa serviette à carreaux »
Dans le climat nauséabond du débat sur l’islam, les mesures de ce type se multiplient et contribuent à créer les conditions d’une progression de Marine Le Pen. N’est-ce pas le ministre de l’éducation Luc Chatel, qui a pris une décision héroïque et a interdit aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires – décision qui sera sans doute contestée devant le Conseil d’Etat (lire Stéphanie Le Bars, « Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires », LeMonde.fr, 3 mars). Cette décision aura au moins un effet positif : renvoyer dans leurs foyers ces femmes qui cherchent à s’intégrer aux activités scolaires, un pas décisif dans la voie de leur émancipation.
Quant à l’égalité hommes-femmes, elle pourra toujours attendre dans un pays où 85% des députés sont des hommes, où l’inégalité des salaires est flagrante, où la violence contre les femmes persiste.
Source : http://blog.mondediplo.net
1 déc. 2010
Licenciée, l'institutrice voilée s'explique
L'agitation médiatique qui a suivi l'annonce de son licenciement à Tournefeuille (31) a eu le donc de l'agacer. Restée volontairement dans l'ombre depuis le début de cette affaire, Véronique O. refuse toujours d'être photographiée.
Mais elle sort de sa réserve.
Comment avez-vous vécu le déferlement médiatique qui a suivi l'annonce de votre licenciement ?
De manière assez étonnée. J'ai apprécié que mon anonymat ait été préservé, mais j'ai lu et entendu des choses incorrectes, auxquelles je me devais de répondre.
Les médias ont affirmé que vous étiez depuis 2001 en congé maternité puis parental. Est-ce exact ?
Non. J'étais ingénieur d'études dans le privé depuis 1998, et j'ai démissionné de mon poste en 2001, année de ma réussite au concours de professeur des écoles. Contrairement à ce qui a été dit, mon premier congé maternité n'a débuté qu'en 2003. S'en sont suivis des congés maternité, parentaux et sans solde pour élever mes enfants. C'est pourquoi je n'était que stagiaire à la rentrée dernière. Autre précision : je ne porte pas de voile intégral. Je n'ai rien contre, mais ma tenue vestimentaire quotidienne laisse apparaître mon visage et mes mains.
Comment s'est déroulée votre première journée de classe à l'école du Château à Tournefeuille ?
Ayant prévenu l'inspection académique par courrier en avril dernier de mes convictions personnelles et de mon port du foulard, chaque partie savait dès le départ à quoi s'en tenir. Le jour de la rentrée scolaire, une inspectrice de l'Éducation nationale présente avec le directeur d'école m'a courtoisement demandé de retirer ce qui recouvrait ma tête. Ceci portant atteinte à mes convictions et à ma dignité, je ne l'ai pas fait. Elle m'a donc enjoint de quitter l'école et je suis partie de suite. Il n'y a pas eu de rencontre avec les enfants de la classe de CM2 qui m'était confiée.
Comprenez-vous la décision du rectorat ?
Je l'accepte, mais ne la comprends pas. Je ne considère pas que le port du foulard est incompatible avec l'exercice de mes fonctions. Un enseignant se doit de transmettre des connaissances et non une quelconque idéologie. Dès lors que son discours est neutre, il se conforme à son devoir de réserve, un principe laïque. Ce n'est pas une simple tenue vestimentaire qui influence ou oriente les gens à la foi. Mais c'est Dieu, Le Très Haut, qui guide vers La Vérité, qui Il veut (sic).
Avez-vous toujours été de confession musulmane ?
Non, j'étais chrétienne. C'est une quête spirituelle, une interrogation sur le but de l'existence de l'homme qui m'a conduit, grâce à Dieu (sic), à embrasser l'Islam en 1995. Le port du foulard, pour lequel j'ai opté en 2004, n'est qu'une étape dans ce cheminement intellectuel et spirituel.
Le regard des autres a-t-il changé depuis que vous vous êtes convertie ?
La différence dérange. La méconnaissance de l'Islam, l'image négative véhiculée par les médias, ou le mauvais comportement de nombre de musulmans, favorisent les appréhensions. La réalité de cette religion est bien différente de l'image négative qu'on lui donne.
Source: www.ladepeche.fr
10 nov. 2010
Crèche Baby Loup : d’une salariée licenciée à une loi d’interdiction du hijab
L’affaire remonte à fin 2008 et n’est pas sans rappeler l’histoire de Gulsen Ozturk poussée à démissionner à cause de son hijab. Alors qu’elle occupait le poste de directrice-adjointe de la crèche Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines (Ile-de-France), Fatima Afif, jeune musulmane reprend son activité professionnelle après une période de congé parental. A son retour à la crèche Baby Loup, elle demande à la directrice, Natalia Baleato la possibilité de travailler avec son voile, qu’elle a porté au cours de son congé. Celle ci refuse au nom de la laïcité et du principe de neutralité et estime que le « règlement intérieur de la crèche interdit le port de signes religieux« .
Quels intérêts défend la Halde ?
En décembre 2008, et après quelques jours de mise à pied, Fatima Afif se retrouve licenciée pour faute grave. Ressenti comme une injustice, elle saisit d’abord le conseil des Prud’hommes et réclame la somme de 80.000 € de dommages et intérêts à l’association en partie subventionnée par l’État. Elle dépose ensuite une plainte auprès de la Halde (Haute autorité de lutte contre les Discriminations), qui lui fait part de son soutien en mars dernier (2010) jugeant ce licenciement comme « discriminatoire » mais voilà qu’en avril dernier, la Halde change de président.
La nouvelle présidente succédant à Louis Schweitzer n’est autre que Jeanette Bougrab, membre de l’UMP et proche de Nicolas Sarkozy. Elle décide en octobre (2010) de réétudier le dossier de Fatima et revient sur le soutien apporté à la salariée. Selon Jeanette Bougrab, ce retour en arrière n’est « pas une question administrative ou de procédure, mais porte sur un principe fondamental de notre République qui est la laïcité ». La nouvelle décision de la Halde semble avoir été prise unilatéralement puisque le service juridique de la haute autorité se désolidarise de Mme Bougrab affirmant que la crèche
« relève du droit privé » et « ne peut être considérée une association transparente, une association créée par une collectivité pour endosser des missions de service public« .
Les juristes « rappellent que la création de Baby Loup résulte d’une initiative privée, qu’aucun moyen matériel ou humain n’est mis à sa disposition par la mairie et que, même si les subventions des collectivités locales et de la CAF représente plus de la moitié de ses ressources, il s’agit là de sommes correspondant au mécanisme habituel de financement des crèches ».
Du coté de la défense, l’avocat de la crèche, M. Richard Malka, affirme que « La Halde n’émet qu’un avis qui, en l’espèce, est un avis indigent », et attend plutôt la réponse des Prud’Hommes qui sont « légitimes pour juger dans cette affaire »
Une affaire instrumentalisée
Lundi, les témoins entendus par le conseil des Prud’hommes ont donné une autre tonalité à l’affaire. Étaient présents, Elisabeth Badinter, Elisabeth Lévy et Manuel Valls qui ont profité de la tribune qui leur était offerte pour brandir l’étendard de la laïcité et dénoncer l’offensive islamiste menaçant la crèche de fermeture administrative. Cette affaire est aussi sur le plan politique une bonne occasion pour Manuel Valls de briller. Le député socialiste va proposer un texte de loi visant à interdire le hijab dans les lieux où il y a des enfants. Il déclare :
« Il semblerait qu’il y ait un vide juridique et je vais réfléchir à l’idée d’une proposition de loi pour qu’on interdise, comme c’est le cas à l’école, le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants »
Nous vous l’indiquions dans un précèdent billet, après l’interdiction du niqab, on passera à l’interdiction du hijab. Les intentions du député socialiste sont claires, interdire le hijab. Ne croyez pas que le parti socialiste défende mieux les intérêts des musulmans, si ils avaient été au pouvoir, il est fort possible qu’ils auraient fait autant voir pire que l’UMP , ce n’est que pure hypocrisie.
Le jugement concernant l’affaire de la crèche Baby Loup a été mis en délibéré au 13 décembreSource: www.ajib.fr
5 nov. 2010
Une retraitée agresse une femme voilée
Une professeure d'anglais à la retraite comparaît ce jeudi pour avoir agressé une femme voilée à Paris. Les faits remontent à février 2010.
"Je savais que j'allais craquer un jour. Cette histoire de burqa commençait à m'agacer." C'est ainsi que s'est justifiée devant la police une prof d'anglais à la retraite qui doit comparaître devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, ce jeudi à Paris. Le motif : l'agression d'une femme voilée dans une boutique de la capitale. En février, Marlène, 63 ans, se promène alors dans un magasin de décoration. C'est alors qu'elle tombe nez à nez avec Shaika, 26 ans, de passage à Paris. Cette femme, originaire des Emirats arabes unis a le visage voilé d'un niqab qui ne laisse apparaître que ses yeux.
Après avoir constaté que la jeune femme ne parlait pas français, la retraitée lui parle en anglais. "Je lui ai dit de baisser le voile qu'elle avait sur le visage, tout en le saisissant et le tirant vers le bas", avait-elle alors de son interrogatoire au commissariat. Avant de poursuivre "ça a été un choc pour moi car dans le XVe, ce n'est pas encore arrivé." La sexagénaire a indiqué s'être "sentie agressée en tant que femme".
S'ensuit une seconde altercation lorsque la retraitée s'aperçoit que la jeune femme a remis son voile: "Cette histoire de niqab, on en parle tellement que j'ai du mal à le supporter. [...] Je me suis dirigée vers elle et je lui ai arraché le niqab. Nous en sommes arrivées aux mains. J'étais énervée." Marlène gifle alors la jeune femme, la griffe et va jusqu'à lui mordre la main. Il faudra l'intervention des vigiles pour séparer les deux femmes. "Choquée psychologiquement", la victime ne veut plus revenir à Paris, selon ses avocats. Son agression lui a valu deux jours d'incapacité totale de travail.
Source: www.lexpress.fr
26 oct. 2010
Elisabeth, la crèche et la voilée Elisabeth, la crèche et la voilée
Par Leila Belkacem,
Dans un article publié par Le Point, Élisabeth Lévy nous livre sa singulière vision d’une affaire récente qui a opposé une employée voilée à son employeuse, la directrice de la crèche associative Babyloup. Une affaire « banale » de foulard non toléré alors qu’à l’évidence, l’employée travaillait voilée sans aucun problème jusqu’à son retour d’un congé parental. Situation assez commune des femmes voilées travaillant dans l’associatif pendant quelques années et qui se voient subitement mises au placard quand leurs employeurs décident qu’avec leur voile et elles ne collent pas à leur image de la France...
Élisabeth ouvre son article sur une description du quartier de Chanteloup qui a ceci de singulier qu’on se demande si elle parle bien d’une ville française :
« Ça se passe à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), à la cité des Poètes, rendue célèbre par Mathieu Kassovitz, qui y avait tourné "La haine". En vérité, la seule présence de la poésie dans cette petite ville dépourvue de bibliothèque et de librairie – à l’exception d’un étal du marché où l’on peut s’approvisionner en littérature islamique – semble être le portrait géant de Rimbaud peint sur une façade lézardée. Pour le reste, rien de très spectaculaire dans cet ensemble d’immeubles à taille, sinon à visage, humaine. Un résumé de cette France d’après le périphérique qu’on aimerait bien oublier – parfois une flambée de violence dont on ne sait pas ce qui l’a déclenchée, le petit commerce de la drogue installé, ça ne s’invente pas, sur la passerelle des Services Publics, de sympathiques barbus qui tentent de ramener à l’islam des gamins privés d’avenir, le chômage qui touche au moins 20% de la population et l’ennui qu’on trompe en s’inventant un glorieux passé qui éclaire l’avenir. Sur le marché, où l’on trouve des tenues islamiques à des prix imbattables, une majorité de femmes a au moins la tête couverte et bon nombre, surtout les jeunes, portent le jildeb [1], vêtement marronnasse ou gris qui évoque celui des bonnes soeurs et ne laisse paraître que l’ovale du visage mais, par ce jour de canicule, quelques intrépides continuent à braver les regards réprobateurs et les réflexions en arborant des bras nus. Dans le train qui rallie la gare Saint-Lazare, elles choisissent les voitures équipées de toilettes, dont elles sortent pomponnées comme des Parisiennes. »
Que dire face à un tel amas de poncifs apocalyptiques ? Pas de bibliothèque ni de librairie, et un marché quine vent que des livres islamiques et des djilbabs ! Un marché avec un seul vendeur et de livres islamiques : ça n’existe qu’à Chanteloup !
Des filles intrépides qui bravent les regard réprobateurs et les réflexions ? Y aurait-il une police des moeurs chargée de réprimander les non voilées ? Serait-on à Kaboul ?
Des gamins sans avenir ? Sans avenir mais pourquoi ? Peut-être bien parce qu’ils habitent dans une cité et qu’ils sont arabes ou noirs...
Ce qui est hallucinant, c’est la suite de l’article où Élisabeth Lévy parle de l’exigence de certains parents d’avoir des repas halal, et même, tenez-vous bien : le réveil des enfants aux horaires de la prière ! La crèche concerne des enfants agés de 0 à 3 ans : à cet âge-là a-t-on vu des enfants faire la prière ? Les parents musulmans seraient-ils extrémistes à ce point ?
On apprend aussi, au fil de la lecture, que la crèche en question est parrainée par Élisabeth Badinter, qui rappelle ses positions éradicatrices dans un bref entretien accompagnant l’article. Avec un tel parrainage, faut-il s’étonner du traitement fait à cette employée voilée ?
On apprend plus loin que la HALDE a défendu l’employée voilée, mais que sa nouvelle directrice, Jeannette Boughrab, se désolidarise de la décision de son prédécesseur Louis Schweitzer :
« D’une façon générale, la Halde a fait prévaloir la liberté religieuse sur la laïcité. Ce n’est pas ma conception »
Il faudrait peut-être informer Jeannette Boughrab qu’historiquement, c’est la laicité elle même qui a été conçue pour faire « préavaloir la liberté religieuse » !
À propos de la même affaire, on a pu voir sur France 2 une autre employée s’inquiéter d’une possible fermeture de la crèche dans le cas où les Prudhommes la condamneraient à dédommager l’employée lésée, avec toutes les conséquences désastreuses que cela aurait pour l’émancipation des mères qui y mettaient leurs enfants afin de travailler. Cela ne s’appelle-t-il pas un chantage ? Est-ce vraiment la victime qu’il faut incriminer, à la place de l’employeur – y compris dans l’hypothèse où la Justice le reconnaît coupable de non-respect du droit du travail ? On a bien compris : l’émancipation de la femme voilée est opposée à celle des autres femmes, et donc renvoyée aux oubliettes : après tout, elle n’a qu’à enlever son voile ! Ou mieux : quitter le monde du travail et rester chez elle, afin de se soustraire au regard de ceux et celles qui ne supportent pas la vue d’un voile !
Bref, un voile dans une cité, c’est courant, et même banal (comme le rappelle Élisabeth Lévy dans son article), mais quand une femme travaille avec, ça dérange !
Que dire d’autre sur cette lamentable affaire, sinon qu’elle ne devrait pas exister – puisque la crèche étant associative, la directrice n’a pas à exiger la neutralité du personnel. Aucune loi n’interdit les signes ostensibles dans ce type d’espace professionnel, et c’est donc le Code du travail qui fait loi, et notamment le principe de non discrimination :
« Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, au sens de l’article L. 3221-3, de mesures d’intéressement ou de distribution d’actions, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses moeurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille ou en raison de son état de santé ou de son handicap. »
Convictions religieuses, apparence physique, moeurs : c’est au chapitre III, article L 1132-1. Mesdames Lévy, Badinter et Boughrab, allez donc réviser votre Code du travailSource: http://lmsi.net
22 oct. 2010
FEMME VOILÉE DANS UNE CRÈCHE : LA HALDE ROUVRE LE DOSSIER
Décembre 2008. Une femme se fait licencier de la crèche associative « Baby Loup », située à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines. Motif ? Elle refusait de travailler sans son « hijab », ce voile islamique qui recouvre les cheveux, alors que le règlement intérieur de la crèche interdit le port de signes religieux. La jeune femme décide alors de saisir les Prud’hommes, qui ne se prononcera que le 8 novembre prochain et la Halde (ndlr : Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Cette dernière a d’ailleurs rendu son jugement en mars dernier et estimé que la jeune femme avait été victime de discriminations. Mais coup de théâtre aujourd’hui. La Halde a décidé de rouvrir le dossier pour une nouvelle étude. « La question se pose : est-ce que "Baby Loup", qui fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept est une activité de service public et donc astreinte à la neutralité ? », s’est demandée Jeannette Bougrab, présidente de la Halde. « La décision formelle de rouvrir ce dossier a été prise le 13 octobre par le collège, au regard de pièces nouvelles. Le dossier est en cours d'instruction », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi ce qu’avait publié Le Monde.
Source: www.elle.fr
14 oct. 2010
Le voile jaune
« À toutes les sœurs portant le voile dont les droits sont piétinés par les dinosaures moyenâgeux d’une post-religion égarée dans la modernité, en signe de solidarité et de profonde admiration. »
Yahya Michot
mi-Sha’bân 1424
Lors du congrès musulman du Bourget d’avril 2003, le ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, évoqua l’obligation d’être tête nue sur les photos d’identité. Depuis, on parle en France d’une nouvelle guerre du foulard. En Belgique comme dans l’Hexagone, année après année, on continue à mettre dehors de jeunes Musulmanes souhaitant garder leur voile aux cours. « Non au prosélytisme et au fondamentalisme ! » « Halte à ce véritable étendard de l’islamisme politique ! » « Pas de signes ostentatoires à l’école ! » « Distinction de la sphère privée et de la sphère publique ! » « Séparation de l’Église et de l’État ! » « Respect inconditionnel de la laïcité ! » « Ce n’est pas la laïcité qui doit s’adapter à l’islam, c’est l’islam français qui doit s’adapter à la laïcité à la française, » écrit Claude Allègre dans l’Express du 8 mai 2003. « Ce n’est pas à la République de s’adapter à la religion, c’est la religion qui doit s’adapter à la République… » répètent sagement certains « musulmans laïcs » en manque de tapis rouge !
Comme s’il n’y avait pas de coiffes de nonnettes et de cols romains sur certains papiers d’identité, de crucifix dans les prétoires, d’églises au milieu des villages, de cathédrales au cœur des cités, de fêtes catholiques chômées dans le calendrier, de croix sur les drapeaux ou sur les armoiries, de noms de saints chrétiens dans la toponymie… Sous diverses formes, la religion reste omniprésente dans la vie de tous les jours, dans la culture, dans la politique, mais l’école publique doit en être décontaminée, aseptisée, et écoliers et écolières, collégiens et lycéennes doivent en être protégés à tout prix ! Tous les signes d’appartenance religieuse devraient donc être interdits dans le cadre scolaire. Idem, par ailleurs, pour la fonction publique !
Les deux voies de l’exclusion
Simple hasard ? C’est bien entendu l’Islam qui est surtout visé. Rien de neuf donc en quelque sorte. Autant dire que nous avons l’habitude, sinon que nous sommes blasés ! Et puis, ce n’est quand même pas la Palestine, l’Afghanistan, l’Iraq, le Cachemire, la Bosnie… (et j’en passe…) L’acharnement avec lequel le voile des Musulmanes est aujourd’hui attaqué dans divers pays européens ne manque cependant pas de surprendre. D’autant plus que l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme rend impossible toute interdiction de principe du port du foulard par des écolières(1). En fait, divers politicards tonitruent aujourd’hui « Pas de foulard à l’école ! » comme les nazis et leurs sbires gueulèrent « Pas d’Untermensch juif ou tzigane dans le Reich ! » Ou encore, comme les inquisiteurs espagnols, au XVIe siècle, répétèrent de concert « Pas de sang impur dans les royaumes de leurs Majestés Très-Catholiques !(2) ».
J’entends déjà l’objection : l’infâme étoile jaune stigmatisait la différence dans un but de discrimination et de ségrégation ; interdire le voile viserait par contre à libérer les femmes, favoriser l’égalité entre les sexes, intégrer dans le milieu scolaire et assimiler dans la société d’accueil…
Quelles que soient la grandeur et la beauté des principes invoqués, force est pourtant de constater qu’en l’occurrence, le déni de la différence aboutit aux mêmes conséquences que sa stigmatisation, à savoir l’exclusion sociale, l’ostracisation de ceux et celles qui souhaitent tout au plus demeurer fidèles à leur idéal de vie, en une certaine altérité peut-être mais sereinement, sans commettre aucune infraction ni constituer aucune menace pour rien ni personne. Ainsi donc, qu’un pouvoir politique ou des autorités civiles, scolaires ou autres interviennent par la contrainte dans la vie de gens ou de communautés pour exacerber ou, au contraire, pour interdire ce qui, en tout bien tout honneur, les distingue quelque peu de la masse parce qu’ils ont la religion qu’ils ont – ou, tout simplement, parce qu’ils ont une religion ? -, c’est la même idéologie, aussi rétrograde et inhumaine qu’intégriste et absolutiste, qui poursuit son chemin criminel.
contraindre des musulmanes à enlever leur voile, à l’entrée de l’école ou ailleurs, équivaut à les affubler d’une étoile jaune.
Nul n’imaginerait réimposer aujourd’hui l’étoile jaune à qui que ce soit. L’horreur sans nom de la Shoah a en effet banni pour l’éternité l’arsenal immonde d’ « idéaux » de la civilisation aryenne, de « valeurs » national-socialistes et d’autres « grands principes » de la Raison hitlérienne naguère mis en avant pour la justifier. Qu’en est-il alors du dévoilement des Musulmanes ?
La SHOAH Andalouse
La situation, en ce qui concerne l’interdiction du voile, devrait en fait être semblable. Le révisionnisme des historiens est cependant si fréquent, l’amnésie européenne tellement générale, l’auto-amnistie de la Chrétienté si automatique, qu’à peu près personne ne se souvient – ou ne veut plus se rappeler – qu’au XVIe siècle, désislamiser l’habillement des Morisques, et notamment dévoiler leurs femmes (3), fut une constante de la politique de christianisation forcée qui aboutit à l’éradication totale des communautés musulmanes d’Espagne en 1609-1610, par leur massacre ou leur expulsion.
Le 29 juillet 1513, un édit de la reine Jeanne la Folle relatif à l’habillement des Morisques interdit aux femmes musulmanes de se « couvrir la face ». Des peines de plus en plus lourdes sont prévues en cas d’infraction et de récidive : « … se visten a la morisca, en especial las mujeres, que todavía traen las dichas almalafas e andan cubiertas la caras, de que se siguen muchos inconvenientes para lo que cumple a nuestro servicio e al bien de los dichos nuevamente convertidos [...] Es mi merced y voluntad e mando que [...] ningunas personas de cualquier edad que sean de la mujeres de los dichos nuevamente convertidos no puedan traer ni traigan almalafas ni cubiertas las caras, pasados dos años primeros siguientes [...] E pasados los dichos dos años, traigan mantos de paño e descubiertas las caras, según que andan las cristianas viejas, so pena que si, pasado el dicho tiempo, alguna persona de las dichas mujeres truxeren las dichas almalafas e anduvieren cubierta la cara, pierda la primera vez las ropas que llevare e pague dos mil maravedís, e por la segunda vez la pena doblada e que le sean dados cien azotes, e por la tercera pierda sus bienes e quede la persona a la nuestra merced (4). » (traduction approximative d’al-har : »… habillé en Maure, en particulier les femmes, qui portent encore la dite « almalafa », ce manteau couvrant les visages, et qui sont un problème pour ceux qui sont à notre service, ainsi que pour ceux nouvellement convertis [...] C’est ma volonté et mon commandement que [...] les femmes de ces nouveaux convertis ne puisse porter ou mettre ce manteau ou couvrir leurs visages, d’ici deux ans [...] Passées ces deux années, elles devront porter des robes en tissu et avoir le visage découvert, selon la vieille tradition chrétienne,. A défaut, passé ce temps, une femme des Truxeren qui marchera avec le dit manteau et couvrira son visage, devra payer la première fois deux mille pièces d’argent, La deuxième fois, elle sera condamnée à la peine de cent coups de fouet, et la troisième elle perdra ses biens et sa personne sera à notre merci.)
En 1526, une junta présidée par Don Alonso Manrique, grand Inquisiteur, étudie à Madrid la meilleure manière de réformer les Morisques de Grenade. Il n’y est pas seulement décidé qu’ils devront « perdre leurs noms de famille, oublier leur langue, posséder l’idiome castillan, déchirer leurs habits pour les refaire sur le modèle espagnol » mais, aussi, « découvrir le visage de leurs femmes (5) ».
En 1566, une loi imposant aux Morisques de Grenade de se vêtir comme les vieux-Chrétiens précise notamment que « les femmes devront désormais laisser leur visage découvert (6). »
En 1600, le secrétaire Pedro Franquesa adresse au roi Philippe III un mémoire recommandant de « statuer sur l’action à entreprendre pour éliminer les enterrements, la langue et les habits morisques, ainsi que leurs bouchers [...] et les derniers vestiges de leurs mosquées et de leurs bains (7). »
Un peu plus tard, le même secrétaire se plaint au Roi que les Morisques « ont résolu de ne participer à rien à moins d’y être forcés par des ordonnances ou des châtiments, et d’interdire à leurs femmes de changer de costume (ainsi qu’il leur était demandé de le faire par les autorités civiles et ecclésiastiques…) (8) »
À Valence, le père franciscain Antonio Sobrino écrit encore en 1600, dans un mémoire qui sera lu par Philippe III : « Ce serait une grande chose que de leur ôter tous les signes extérieurs des Musulmans [...] Ils doivent s’aligner en tout sur les vieux-Chrétiens : dans l’habit et le costume, dans le langage et l’écriture, dans les mets communs, et dans tout ce qui constitue de bonnes habitudes chrétiennes [...] Il faudra que les Seigneurs évêques exhortent leurs chefs [...] à se conformer en tout à ce qui est bon et licite pour les vieux-Chrétiens : habillement, langage, mets et viandes, consommation modérée de vin, etc (9). »
Toutes proportions gardées, les cent vingt ans de viol idéologique concerté, d’acculturation forcée et de répression systématique, de massacres répétés et de politique officielle génocidaire ayant fait un enfer de la vie des Musulmans d’Espagne, de la prise de Grenade en 1492 jusqu’à l’expulsion de quelque trois cent mille (10) des derniers d’entre eux en 1609-1610, furent d’une abomination et d’une monstruosité comparables aux douze ans d’atrocités, de racisme d’État, d’holocauste et d’autres crimes contre l’humanité perpétrés par les nazis de 1933 à 1945 (11). De même que la Shoah fait à jamais un crime de toute idéologie prônant quelque étoile jaune que ce soit, l’anéantissement d’al-Andalus orchestré par l’État et l’Inquisition espagnols durant le XVIe siècle discrédite et invalide a priori toute doctrine encourageant quelque assimilation que ce soit, forcée ou seulement « assistée », d’une communauté musulmane d’Europe, entre autres par l’imposition d’une forme spécifique d’habillement, dont le retrait du voile.
Un avenir sans DinosauresAinsi ne suffit-il pas d’affirmer que la laïcité, l’intégration et les autres « idéaux » supposément cartésiens, libéraux ou républicains, féministes ou modernistes mis en avant pour imposer le dévoilement des Musulmanes en France, en Belgique ou ailleurs, ne sont ni des valeurs objectives, ni des principes universels, contrairement à ce que prétendent quelques esprits dits « éclairés » ou certaines propagandes étatiques. Il ne suffit pas de faire remarquer à cet égard que le port du voile n’est un problème ni en Italie, ni au Royaume-Uni, où les écolières et les caissières des grands magazins, les fonctionnaires, les policières et les parlementaires peuvent être voilées sans que cela dérange ni les autorités ni le bon peuple. Il faut aussi, et impérativement, prendre conscience et dire que ces soi-disant « idéaux » d’uniformisation
sociétale sont les prolongements malsains d’une Croisade médiévale, les vestiges dangereux d’une politique inquisitoriale, les avatars infâmes d’un absolutisme vieux-chrétien que les flammes des bûchers, les flots de sang, les déportations de masse et les autres crimes contre l’humanité auxquels ils soumirent systématiquement les communautés musulmanes d’Espagne de 1492 à 1610 condamnent irrémédiablement. Il faut clamer haut et fort qu’un tel passé, à l’instar de la Shoah pour le nazisme, prive de tels « idéaux », pour l’éternité, de toute forme de légitimité et les vide à jamais de toute valeur éthique.
Lutter pour la liberté des Musulmanes de porter le foulard, ce n’est donc pas seulement être fidèle à l’Islam mais combattre les Jeanne la Folle, Manrique, Philippe III et autres fascistes de notre temps pour libérer l’Europe des anciens démons qui la hantent encore et préparer à nos enfants un avenir vraiment démocratique et pluraliste, sans dinosaures. Et parce que nos sœurs ne devraient pas être laissées seules sur ce front, je suggère que plus de frères portent la barbe ou le turban.
*Yahya Michot est chargé de cours au centre d’études islamiques de l’Université d’Oxford depuis 1998. Auparavent, il fut directeur de recherches à l’Université catholique de Louvain et professeur de Français au Caire. Il parle couramment le français, l’anglais, l’arabe, et l’italien, et maitrise également la langue turque, l’espagnol, le persan, l’allemand, le hollandais, le latin et le grec ancien. Son CV est consultable sur le lien : http://macdonald.hartsem.edu/Michot_CV.pdfNotes : Ce texte est une version augmentée d’un article publié dans al Balagh Magazine, n° 5, Bruxelles, octobre 2003. 1. Voir Mina Bouselmati, Le voile contre l’intégrisme. Le foulard dans les écoles, Bruxelles, Labor – Couleur livres, 2002, p. 90-91. Sur les débats récents concernant le foulard, voir aussi Fawzia Zouari, Le voile islamique. Histoire et actualité, du Coran à l’affaire du foulard, Lausanne, Éditions Favre SA, 2002 ; Jeanne-Hélène Kaltenbach – Michèle Tribalat, La république et l’Islam. Entre crainte et aveuglement, Paris, Gallimard, NRF, 2002, p. 189-233 ; Yolande Geadah, Femmes voilées, intégrismes démasqués, Montréal, Vlb éditeur, 1996. 2. Sur la politique de limpieza de sangre dans l’Espagne du XVIe siècle, voir Gerrit Willem Drost, De Moriscos in de publicaties van Staat en Kerk (1492-1609). Een bijdrage tot het historisch discriminatieonderzoek, Valkenburg, chez l’auteur, 1984, p. 194-213. Je remercie le Professeur P. Harvey de cette référence et de la suivante. 3. Les femmes morisques ne semblent pas avoir porté de foulard ou de voile du type de ceux aujourd’hui portés en Europe par les Musulmanes (hijâb, burqu’, etc.). À en juger par l’iconographie de l’époque, celles de Grenade se couvraient la tête d’une sorte de kouffié leur tombant sur les épaules ou d’un haïk, long voile blanc assez semblable à un tchador, encore fréquemment porté en Algérie par exemple, dont elles s’enveloppaient le corps (almalafa, // ar. milaff). Elles se masquaient le visage en rabattant sur lui un pan de leur haïk. Le Vénitien Andrea Navagiero décrit comme suit l’almalafa des Morisques de Grenade en 1526 : « un manto de tela blanca que cubre [las mujeres] hasta dar en el suela, en el cual se envuelven y tapan de modo que, si no quieren, no son conocidas » (cité in Antonio Gallego y Burín & Alfonso Gámir Sandoval, Los Moriscos del reino de Granada según el Sínodo de Guadix de 1554. Edición preparada por Fr. Darío Cabanelas Rodríguez, Grenade, Universidad de Granada, 1968, p. 60 ; sur les vêtements morisques, voir p. 57-62 et les illustrations IX-XXVIII). 4. Texte cité in A. Gallego y Burín & A. Gámir Sandoval, Moriscos, p. 178. Le même jour, Jeanne la Folle publie un autre édit vestimentaire, relatif celui-là aux vieilles-Chrétiennes de Grenade et d’ailleurs… qui s’habillent aussi à la Morisque et se couvrent le visage de leur almalafa ! « Algunas mujeres cristianas viejas que viven e moran en la dicha çibdad de Granada e en las otras çibdades e villas e lugares de ese reino, no mirando a lo que generalmente tenemos mandado e proveído que los nuevamente convertidos dexen los hábitos e vestidos moriscos y anden al traxe e manera de los cristianos, ellas se visten a la morisca e se cubren con almalafas y, demás del mal exemplo que dan a los nuevamente convertidos, resulta que con pensar que así van encubiertas e no conocidas hacen algunos excesos e malos recaudos de que Nuestro Señor es deservido e sus honras reciben detrimento e suceden muchos daños [...] Mando e defiendo firmemente que de aqui adelante ninguna cristiana vieja no pueda vestir ni vista a la morisca, so pena que, por la primera vez que contra esto fuere, pierda los vestidos que así se pusiere e le sean dados cien azotes, y por la segunda vez la misma pena e más que sea perpetuamente desterrada de todo el reino de Granada » (cité in A. Gallego y Burín & A. Gámir Sandoval, Moriscos, p. 179). 5. Adolphe de Circourt, Histoire des Mores Mudejares et des Morisques ou des Arabes d’Espagne sous la domination des chrétiens, Paris, G.-A. Dentu, 1848 (réimpression anastatique : Farnborough, Hants, Gregg, 1972), 3 t. ; t. II, p. 231 sv. Sur « les interdits successifs concernant l’habillement morisque, surtout en ce qui concerne le voile porté par les femmes pour des raisons religieuses évidentes », voir aussi Rodrigo de Zayas, Les Morisques et le racisme d’État, Paris, La Différence, « Les Voies du Sud. Histoire », 1992, p. 198 ; A. Gallego y Burín & A. Gámir Sandoval, Moriscos, p. 175. 6. « Tenslotte is bepaald dat de vrouwen van nu af aan hun gezicht onbedekt moeten laten » (G. W. Drost, Moriscos, p. 30) ; voir aussi p. 356, n. 36 : « Ordenamos, y mandamos, que agora, y de aqui adelante, ningunos de los dichos nueuamente convertidos del dicho Reino de Granada, ni decendientes dellos, no puedan hazer, ni cortar de nueuo almalafas, ni marlotas, ni otras calças, ni vestidos, de las que vsauan, y traian en tiempo de Moros : y que los vestidos que de nueuo hizieren, sean coforme a los que traen las Christianas viejas, conuiene à saber, mantos, y sayas : y se conformen en todo en el dicho traje, y vestido, con las dichas Christianas viejas. » 7. R. de Zayas, Morisques, p. 426. 8. R. de Zayas, Morisques, p. 437. 9. R. de Zayas, Morisques, p. 536, 542. R. de Zayas attire l’attention sur ce qu’il appelle le caractère « franchement contradictoire » de certaines mesures prises durant la première moitié du XVIe siècle contre les Morisques. « Par exemple, au temps de Jeanne la Folle, les Morisques reçurent l’ordre d’abandonner leurs vêtements traditionnels pour ne pas se différencier des autres sujets de la couronne. Par contre, ces mêmes Morisques furent obligés de porter » des croissants de lune en tissu bleu sur leurs chapeaux, de la taille d’une demi-orange « » (Morisques, p. 682, n. 259). Une telle politique ne me semble au contraire nullement paradoxale. Elle illustre magnifiquement ma thèse que des politiques autoritaires de refus ou de stigmatisation de l’altérité d’une communauté religieuse se rejoignent en réalité. 10. Certains parlent d’un demi-million d’expulsés ; voir Antonio Domínguez Ortiz – Bernard Vincent, Historia de los Moriscos. Vida y tragedia de una minoría, Madrid, Alianza Editorial, 1993, p. 200. Les Morisques formaient 10 % de la population espagnole des années 1600. 11. Sur le long génocide des Musulmans d’Espagne, voir Louis Cardaillac, Morisques et Chrétiens. Un affrontement polémique (1492-1640), Paris, Klincksieck, 1977 ; Les Morisques et l’Inquisition, sous la direction de L. Cardaillac, Paris, Publisud, 1990 ; A. D. Ortiz – B. Vincent, Historia ; Ahmad Thomson – Muhammad Ata ur-Rahim, Historia del Genocidio de los Musulmanes, Cristianos Unitarios y Judíos en Espana, Salobrena (Grenade), Junta Islámica, 1993 ; José Miranda (éd.), La expulsión de los Moriscos (14 de Octubre de 1997 – 9 de Junio de 1998), Madrid, Fundación Bancaja, 1998.
Source: http://www.al-har.fr/blog/2010/02/09/le-voile-jaune