L’affaire remonte à fin 2008 et n’est pas sans rappeler l’histoire de Gulsen Ozturk poussée à démissionner à cause de son hijab. Alors qu’elle occupait le poste de directrice-adjointe de la crèche Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines (Ile-de-France), Fatima Afif, jeune musulmane reprend son activité professionnelle après une période de congé parental. A son retour à la crèche Baby Loup, elle demande à la directrice, Natalia Baleato la possibilité de travailler avec son voile, qu’elle a porté au cours de son congé. Celle ci refuse au nom de la laïcité et du principe de neutralité et estime que le « règlement intérieur de la crèche interdit le port de signes religieux« .
Quels intérêts défend la Halde ?
En décembre 2008, et après quelques jours de mise à pied, Fatima Afif se retrouve licenciée pour faute grave. Ressenti comme une injustice, elle saisit d’abord le conseil des Prud’hommes et réclame la somme de 80.000 € de dommages et intérêts à l’association en partie subventionnée par l’État. Elle dépose ensuite une plainte auprès de la Halde (Haute autorité de lutte contre les Discriminations), qui lui fait part de son soutien en mars dernier (2010) jugeant ce licenciement comme « discriminatoire » mais voilà qu’en avril dernier, la Halde change de président.
La nouvelle présidente succédant à Louis Schweitzer n’est autre que Jeanette Bougrab, membre de l’UMP et proche de Nicolas Sarkozy. Elle décide en octobre (2010) de réétudier le dossier de Fatima et revient sur le soutien apporté à la salariée. Selon Jeanette Bougrab, ce retour en arrière n’est « pas une question administrative ou de procédure, mais porte sur un principe fondamental de notre République qui est la laïcité ». La nouvelle décision de la Halde semble avoir été prise unilatéralement puisque le service juridique de la haute autorité se désolidarise de Mme Bougrab affirmant que la crèche
« relève du droit privé » et « ne peut être considérée une association transparente, une association créée par une collectivité pour endosser des missions de service public« .
Les juristes « rappellent que la création de Baby Loup résulte d’une initiative privée, qu’aucun moyen matériel ou humain n’est mis à sa disposition par la mairie et que, même si les subventions des collectivités locales et de la CAF représente plus de la moitié de ses ressources, il s’agit là de sommes correspondant au mécanisme habituel de financement des crèches ».
Du coté de la défense, l’avocat de la crèche, M. Richard Malka, affirme que « La Halde n’émet qu’un avis qui, en l’espèce, est un avis indigent », et attend plutôt la réponse des Prud’Hommes qui sont « légitimes pour juger dans cette affaire »
Une affaire instrumentalisée
Lundi, les témoins entendus par le conseil des Prud’hommes ont donné une autre tonalité à l’affaire. Étaient présents, Elisabeth Badinter, Elisabeth Lévy et Manuel Valls qui ont profité de la tribune qui leur était offerte pour brandir l’étendard de la laïcité et dénoncer l’offensive islamiste menaçant la crèche de fermeture administrative. Cette affaire est aussi sur le plan politique une bonne occasion pour Manuel Valls de briller. Le député socialiste va proposer un texte de loi visant à interdire le hijab dans les lieux où il y a des enfants. Il déclare :
« Il semblerait qu’il y ait un vide juridique et je vais réfléchir à l’idée d’une proposition de loi pour qu’on interdise, comme c’est le cas à l’école, le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants »
Nous vous l’indiquions dans un précèdent billet, après l’interdiction du niqab, on passera à l’interdiction du hijab. Les intentions du député socialiste sont claires, interdire le hijab. Ne croyez pas que le parti socialiste défende mieux les intérêts des musulmans, si ils avaient été au pouvoir, il est fort possible qu’ils auraient fait autant voir pire que l’UMP , ce n’est que pure hypocrisie.
Le jugement concernant l’affaire de la crèche Baby Loup a été mis en délibéré au 13 décembreSource: www.ajib.fr
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