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3 oct. 2011

La loi « anti-burqa » du 12 octobre 2010 : retour sur cinq contre-vérités

Par Alain Gabon*

 
La promulgation, le 12 octobre dernier, de la loi « anti-burqa » interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, loi appliquée depuis avril 2011, vise à bannir la visibilité de certaines identités musulmanes décrétées indésirables dans notre espace social.

De fait, elle équivaut bel et bien à l’élimination culturelle d’une minorité religieuse française (car il s’agit en grande majorité de Françaises). Et ce, par une utilisation perverse de la loi non pas comme instrument de protection des libertés mais, au contraire, comme machine de guerre servant à éliminer purement et simplement la liberté de conscience, la liberté religieuse et la liberté d’expression de citoyennes françaises, dont personne, pas même ceux qui les ont attaquées, ne contestait qu’elles étaient inoffensives et respectueuses des lois de la République.

On aurait tort de passer trop vite sur cet inquiétant et sinistre développement dans notre République.

Cinq arguments qui signent une ignorance de la réalité

Pour rationaliser ce qui pour beaucoup étaient principalement des réactions viscérales et irréfléchies ‒ peur de l’Autre, choc face à une trop grande différence, etc. (en oubliant d’ailleurs que l’habit ne fait pas le moine) ‒, la classe politique, médiatique et intellectuelle des Copé, Gérin, Amara, Badinter et autres Fourest déploya cinq grandes catégories d’arguments, dans un parfait exemple de « groupthink » orwellien, accompagné d’une élimination ou d’une marginalisation soigneuse des voix dissidentes : le sécuritaire, le théologique, le féministe-humaniste, le vivre-ensemble et le (pseudo) laïciste (1)

Aucun de ces arguments ne tient la route. Tous brillent par leurs sophismes, leur paternalisme condescendant et proprement néocolonial, leur deux poids-deux mesures révélateur de leur hypocrisie et, surtout, leur ignorance totale de la réalité de ces femmes voilées, pour lesquelles nos champions autoproclamés des valeurs républicaines ne montrèrent que mépris, arrogance ethnocentrique et, dans bien des cas, une haine qu’ils ne parvinrent pas à dissimuler.

Soigner une psychose collective, l’argument sécuritaire

L’argument sécuritaire selon lequel ces femmes seraient des Ben Laden en puissance pouvant dissimuler des explosifs sous leurs amples vêtements a révélé à la fois les préjugés islamophobes, l’aveuglement et la bêtise de ceux et celles qui le propagèrent.

En effet, aucune Française en burqa ou niqab n’a jamais commis ni tenté de commettre d’attentat, quel qu’il soit, à la bombe ou autre. Cette peur de la femme intégralement voilée est donc un superbe exemple de psychose collective face à un danger qui n’existe pas : on a créé de l’hystérie collective sur du vide.

Cet argument grotesque, car sans fondement aucun dans la réalité, montra donc aussi que les opposants à la burqa avaient bel et bien cessé de penser : en effet, quel(le) musulman(e) voulant commettre un acte terroriste irait s’habiller en burqa ?

Du reste, comme les enquêtes de terrain le prouvent (2), ces femmes comprenaient fort bien la nécessité occasionnelle de se dévoiler pour prouver leur identité aux agents de police, employé(e)s de banque, personnel enseignant, etc. Elles acceptaient de montrer leur visage chaque fois qu’il en était besoin et, là encore, on a créé de toutes pièces un faux problème. Ce que les syndicats de police eux-mêmes, vocalement opposés à cette loi inutile et liberticide, se chargèrent d’ailleurs de rappeler…

Décréter ce qui est religieux ou pas, l’argument théologique

L’argument théologique, plus insidieux et souvent propagé par des musulmans qui tombèrent dans le panneau, consiste à dire comme Sarkozy lui-même, lors de son fameux discours de Versailles du 22 juin 2009, que la burqa ne fait pas partie de l’islam, qu’elle n’est en fait pas musulmane car elle ne correspond à aucune obligation coranique et ne saurait donc, pour le coup, constituer une pratique religieuse.

Affirmation fort pratique pour qui s’en prend aux libertés religieuses ! « On ne viole aucune liberté religieuse puisque nous décrétons que cette pratique n’est pas religieuse. » Sauf que religieux et islamique, ce voile, il l’est bel et bien pour ces femmes qui développent une interprétation hétérodoxe de la question du voilement et qui ne se soucient nullement des affirmations du grand mufti Sarkozy à propos du Coran.

Ces musulmanes sont, en effet, dans un rapport ultra individualisé et même hyper individualiste à l’islam. Elles ne reconnaissent le droit à personne, que ce soit Sarkozy, tel ou tel « grand théologien » d’Al-Azhar, ou le recteur de la Grande Mosquée de Paris, de leur dire ce qui constitue ou pas une obligation islamique : c’est elles qui décident, point barre.

De plus, dans le domaine de la foi, à partir du moment où une personne pense un vêtement ou une pratique comme étant de nature religieuse, à partir du moment où elle le vit comme religieux, c’est religieux, quoi qu’en dise les Textes sacrés ou les théologiens.

Ce n’est pas parce que l’obligation de la burqa ne figure pas textuellement et littéralement dans le Coran qu’elle n’est pas une pratique religieuse. Du reste, s’il fallait interdire tous les croyants et toutes les pratiques qui ne respectent pas leurs textes sacrés à la lettre, il ne resterait plus grand monde dans les églises, mosquées, temples et synagogues du monde entier !

Définir une laïcité à géométrie variable, l’argument du vivre-ensemble

L’argument du vivre-ensemble est, quant à lui, un monument d’hypocrisie, de paradoxe et de « doublespeak » (Orwell, encore, grand modèle de la langue de bois qui domine ces débats), puisque, au nom de la convivialité républicaine, on exclut purement et simplement une minorité de citoyennes dont la tenue hors normes rendent certains inconfortables.

Le « vivre-ensemble » est en fait pour ceux qui l’invoquent un « entre-soi » (on ne vous accepte que si vous vous conformez aux modèles dominants) ; et le « sectarisme communautaire » n’est pas du côté que l’on croit.

Quant au laïcisme à géométrie variable des Sarkozy, Copé et autres Guéant, il constitue non pas tellement une radicalisation idéologique ni une crispation de la laïcité, mais une véritable trahison et perversion de celle-ci, tant dans son texte que dans son esprit, et ce à plus d’un titre : la laïcité est censée s’appliquer, en effet, uniquement à l’État et à ses agents, et non à la société civile, aux usagers des services publics, et encore moins aux passantes dans la rue. La laïcité se doit avant toute chose de préserver la liberté religieuse de tous, non de la censurer, etc.

L’égalité des sexes sous œillères, l’argument féministe-humaniste

L’argument féministe-humaniste martèle que le voile intégral, voire le simple hijab, sont des « symboles barbares de l’oppression des femmes », des pratiques archaïques et dégradantes d’« asservissement », voire d’« esclavage de la femme », et, en tout cas, une violation inacceptable de la dignité de la personne humaine.

On souligne le fait que seules les femmes portent ce type de voile et qu’il s’agit donc d’une pratique « inégalitaire », qui viole les valeurs égalitaristes de la République et ne saurait pour cette raison être tolérée.

D’abord, cet argument confond allègrement égalité et symétrie, comme si l’égalité hommes-femmes impliquait une absence totale de différences entre les sexes, y compris au niveau de leur habillement.

Que dire alors de la mini-jupe, du maquillage, des bijoux et des hauts talons, portés exclusivement par les femmes et donc, dans cette logique, pratiques « inégalitaires » que l’on devrait interdire ? D’autant plus que, comme les féministes l’ont elles-mêmes montré, ces artifices d’embellissement et de mise en spectacle du corps féminin font partie de l’arsenal coercitif et patriarcal du mythe de la beauté, le piège le plus redoutable tendu par les hommes envers les femmes, de tout temps et en tous lieux.

On s’étonne également du silence assourdissant d’organisations anti-burqa comme Ni putes ni soumises (dans cette affaire, une courroie de transmission UMP) envers le voile et les robes amples des sœurs catholiques, que seules les femmes se doivent de porter et dont la fonction est exactement la même que celle du voile islamique : cacher les cheveux et les formes du corps, désexualiser le corps de la femme.

Les valeurs « égalitaristes » de nos féministes sont donc toutes relatives. Une fois tu les vois (quand il s’agit d’un islam à leur goût trop conservateur), une fois tu ne les vois pas (dans le cas de la religion dominante). Deux poids-deux mesures, donc.

Si l’égalité entre les sexes et la discrimination envers les femmes étaient vraiment le cœur du problème, dans ce cas, pourquoi les pourfendeurs de niqabs ne demandent-ils pas également l’interdiction de l’Église catholique, puisque celle-ci interdit aux femmes de devenir prêtre(sses) et d’accéder à une quelconque position d’autorité, du curé de base au pape, pour la seule et unique raison qu’elles sont femmes ?

Pourtant, de tels cas flagrants de discrimination sexiste et d’« incompatibilité avec les valeurs de la République » ne suscitent aujourd’hui que le silence complice de la part de nos mères fouettardes anti-voiles, les Badinter et autres Fadela Amara.

Finalement, notons l’hypocrisie des élites de la République lorsque celles-ci exigent de l’islam qu’il respecte une stricte égalité hommes-femmes, alors que personne ne respecte ce principe prétendument fondamental : ni la religion et l’Église dominantes, comme nous l’avons souligné, ni le secteur économique où dominent toujours les inégalités des salaires ainsi qu’un machisme et un sexisme ambiants ‒ que les débats autour de l’affaire DSK ont bien démontrés ‒, ni les institutions de la République elle-même.

Rappelons que le Parlement français compte moins de 20 % de femmes, 11 ans après la loi de parité, et qu’il reste donc un suprême exemple non pas de cette égalité républicaine qui sert d’alibi, mais de l’increvable plafond de verre de la République elle-même. L’hypocrisie consiste ici à exiger de l’islam qu’il applique strictement un principe que personne d’autre autour de lui ne respecte, et surtout pas les élites républicaines.

Un imaginaire fantasmatique et néocolonial, socle de la loi du 12 octobre 2010

Comme toutes les études de terrain le montrent, et contrairement aux accusations gratuites, ces Françaises qui décident de porter le voile intégral, souvent converties, jeunes pour la plupart, modernes, éduquées, et hyper volontaristes ne sont ni des pauvres créatures opprimées, ni des « islamistes radicales », ni des « agents politiques » en guerre contre la République.

Les ennemi(e)s des musulmanes voilées ne prirent jamais la peine d’écouter ces femmes qu’elles prétendaient pourtant libérer. Dans leur zèle émancipateur et ethnocentré tout droit sorti de la « mission civilisatrice » du temps des colonies, elles prétendirent savoir mieux que ces jeunes « arriérées » ce qui était bon pour elles. Le vieux cliché colonial « femme voilée = femme arriérée = femme soumise » a fonctionné à plein régime.

Et c’est bel et bien ce genre de clichés, cet imaginaire fantasmatique de type orientaliste, cette mentalité paternaliste et néocoloniale, qui structurent de l’intérieur la loi du 12 octobre 2010 et les débats qui l’ont précédée, comme ils structureront sans aucun doute les prochaines offensives législatives anti-musulmanes à venir.



Notes
(1) Je reprends ici en la modifiant une partie de la catégorisation de Raphaël Liogier dans son article de la Harvard International Review, Islam : A Scapegoat for Europe’s Decadence (janvier 2011).
(2) Voir, par exemple, le documentaire d’Agnès de Féo, Sous la burqa , et l’excellente enquête de l’Open Society Foundation : Un Voile sur les réalités : 32 musulmanes de France expliquent pourquoi elles portent le voile intégral (2011).


* Alain Gabon, professeur des universités aux États-Unis, dirige le programme de français à Virginia Wesleyan College (université affiliée à l’Église méthodiste de John Wesley). Il est l’auteur de nombreuses conférences et articles sur la France contemporaine et la culture française.
 
Source : saphirnews 

20 mai 2011

Rachid Nekkaz signe un chèque de 30 000 euros pour une femme voilée verbalisée

Rachid Nekkaz joint le geste à la parole, et tout en continuant le combat pour faire amender la loi contre le voile intégral, c’est désormais à l’épreuve du chéquier que le bienfaiteur des citoyennes mises hors-la-loi est soumis.

Figure de proue de l’association « Touche pas à ma constitution », Rachid Nekkaz vole au secours des jeunes femmes verbalisées, comme il l’a fait à Nice, cette semaine, dénonçant avec force la pénalisation d’un choix vestimentaire individuel, de surcroît très minoritaire, tout en alignant les zéros pour régler le faramineux PV de Stéphanie, une niçoise de 26 ans, épinglée en plein cœur de la capitale azuréenne, qui se monte à la somme rondelette de… 30 000 euros !

« C’est du terrorisme psychologique ! », clamait avec véhémence Rachid Nekkaz, alors qu’il brandissait à la presse l’arrêt de travail d’une durée de sept jours prescrit à la jeune résidente du quartier des Moulins.

Rappelant la vocation de son association et la mission première qu’il s’est assigné : « J’ai constitué un fonds d’un million d’euros – en vendant un immeuble en région parisienne – qui sert à payer les amendes dressées à l’encontre des femmes portant librement le niqab dans la rue », Rachid Nekkaz entend bien aller jusqu’à la cour européenne de justice pour infléchir ce qu’il considère être une grave atteinte à la constitution.

La jeune femme, quant à elle, aujourd’hui séparée de son conjoint, s’est donc présentée au commissariat d’Auvare, munie de son précieux chèque, libellé à l’ordre de Nicolas Sarkozy et d’un montant de 30 000 euros – une somme correspondant à l’article mentionné sur le procès-verbal : R 225.4.10 – mais s’est heurtée au veto de la police, qui a refusé d’en accuser réception.

C’est dans l’enceinte du tribunal civil que l’affaire va échouer, tandis que la croisette de Cannes a vu se dérouler un événement détonant, loin du glamour de son grand festival, mais qui a néanmoins cheminé jusqu’au pied des marches les plus célèbres du monde : une journée de revendications contre la loi qui a créé de nouvelles parias.


Source : www.oumma.com

19 avr. 2011

Une femme et son enfant de 13 mois violemment agressés dans un zoo de Seine et Marne

Le 16 Avril 2011, une femme portant le niqab et son fils de 13 mois ont été violemment pris à parti par trois individus-deux hommes et une femme- dans un zoo de Seine et Marne. Les agresseurs l’ont insultée, agressée physiquement et lui ont arraché son niqab, estimant que celle-ci n’était pas en droit de se trouver en ce lieu. Ils l’ont également plaqué contre un grillage, alors que celle-ci portait son enfant dans ses bras.

Une femme et son enfant de 13 mois violemment agressés dans un zoo de Seine et Marne

Le 16 Avril 2011, une femme portant le niqab et son fils de 13 mois ont été violemment pris à parti par trois individus-deux hommes et une femme- dans un zoo de Seine et Marne. Les agresseurs l’ont insultée, agressée physiquement et lui ont arraché son niqab, estimant que celle-ci n’était pas en droit de se trouver en ce lieu. Ils l’ont également plaqué contre un grillage, alors que celle-ci portait son enfant dans ses bras.

Des témoins de la violence de cette scène sont alors intervenus pour s’interposer, entrainant la fuite des agresseurs. La victime s’est immédiatement rendue au commissariat afin d’y déposer plainte pour violences aggravées et insultes à caractère racial.

Moins d’une semaine après la mise en application de la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, la violence de cette agression ne doit pas laisser les autorités publiques indifférentes. Il relève de leur responsabilité de retrouver et poursuivre les auteurs de cette agression afin de s’assurer que nul ne se permette de se substituer aux représentants des forces de l’ordre.

Dans l’atmosphère délétère qui règne, provoquée par la succession de lois visant les citoyens et citoyennes de confession musulmane, des agressions de ce type sont de plus en plus fréquentes. Il en va de la responsabilité des autorités publiques qui, par la promulgation de telles lois, ont accru la vulnérabilité des citoyens de confession musulmane en les faisant passer pour des criminel(le)s aux yeux de l’opinion publique.

Source : www.islamophobie.net

16 avr. 2011

Interdiction du niqab en France : les Etats-Unis désapprouvent

Les États-Unis considèrent le port d'un "vêtement religieux" comme un élément de la liberté religieuse et d'expression, a rappelé le département d’État interrogé mardi sur l'interdiction du port du voile intégral en public en France.

"Je vous renvoie vers le gouvernement français pour l'explication de ses lois, mais nous soutenons la liberté religieuse et d'expression, ce qui inclut le droit d'exprimer ses croyances par le port d'un vêtement religieux", a déclaré Mark Toner, le porte-parole de la diplomatie américaine.

Le porte-parole avait pris soin de souligner en préambule que la France, "un allié très proche des Etats-Unis, est engagée depuis longtemps en faveur des valeurs démocratiques". Les Etats-Unis ont signifié régulièrement leur désaccord avec les positions du gouvernement français dans ce dossier.

Des femmes intégralement voilées ont été interpellées, verbalisées ou devaient être traduites en justice pour avoir enfreint la loi controversée sur l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public, ont annoncé mardi les autorités françaises, au lendemain de l'entrée en vigueur du texte.

Source : www.france-amerique.com

14 avr. 2011

Interdire la burqa, un mauvais calcul

Il est désormais interdit de porter la burqa dans les lieux publics en France. Pour The Independent, cette nouvelle loi est une manœuvre électorale de la part d’un Nicolas Sarkozy en difficulté, qui ne va qu’aggraver la situation des musulmans en Europe.

Quand Otto von Bismarck, le Chancelier de Fer, s’attaqua au pouvoir de l’Eglise catholique dans l’Allemagne unifiée depuis peu, dans les années 1870, l’affrontement fut baptisé le Kukturkampf — la lutte pour la culture. Se fondant sur l’idée qu’un bon Allemand ne pouvait être loyal envers une autorité religieuse étrangère puisque basée à Rome, il fut présenté comme la volonté de libérer les croyants plutôt que de les opprimer.

Sans résultat. Les catholiques, flairant le piège, se rallièrent autour de leur Souverain pontife, et quand on les contraignit à choisir entre leur foi et leur fidélité à l’Etat, penchèrent souvent en faveur de la première.

Ce sont des considérations de cet ordre que les gens devraient avoir à l’esprit en France, alors que leur propre Kulturkampf contre le port du voile intégral acquiert force de loi — et alors qu’un certain nombre de Françaises se sont dites, au contraire, plus décidées que jamais à porter la burqa, ou le niqab, en public maintenant qu’elles risquent d’être interpellées.

L’opinion publique britannique est passée à côté de l’importance que revêt ce débat en France, se contentant la plupart du temps de considérer que cette hostilité au voile n’est qu’un slogan des islamophobes de l’extrême droite. C’est un malentendu. La France connaît, bien mieux que la Grande-Bretagne, le sens terrible des guerres de religion.

Dans les années 1570, le sang des protestants massacrés avait littéralement ruisselé dans les rues de Paris, et le conflit qui s’en était suivi avait déchiré le pays pendant des générations. Cette conscience aiguë des souffrances infligées par la religion à la France est à la source du consensus gauche-droite sur la nécessité de défendre la laïcité dans la vie publique.

Il est malheureux que cette philosophie admirable sous bien des aspects se retrouve engluée dans les calculs douteux d’un président aux abois. Ce dernier espère être réélu en 2012 mais accuse une chute catastrophique dans les sondages, quelques-uns le plaçant en deuxième position derrière Marine Le Pen et l’extrême droite. Nicolas Sarkozy ne répugnerait peut-être même pas à quelques passes d’armes publiques avec des musulmans ultraconservateurs au sujet du voile, puisqu’il y verrait un moyen de récolter des voix.

Mais beaucoup de musulmans français désapprouvent ouvertement que leur communauté soit prise pour cible, et l’on court le risque que cette nouvelle interdiction soit contre-productive. Il est heureux qu’aucun des grands partis en Grande-Bretagne ne souhaite nous engager dans cette voie.


Source : www.presseurop.eu

13 avr. 2011

Burqa : une partie qui se joue à deux

Par Houria Bouteldja





Quand j’étais enfant, je me souviens, ma mère avait les cheveux courts et portait des pantalons. Dans l’album de famille, de vieilles photos d’identité : mon père, jeune immigré portait costume et cravate.

Mon père n’est plus. Mais dans l’une de ses dernières photos, il porte sa tenue de Hadj. Ma mère, elle, porte le foulard depuis près de 20 ans.

Comment diable, au lendemain de l’Indépendance, mes parents, Algériens, d’origine rurale (du douar), si traditionnels dans leurs pratiques, pouvaient-ils, dans leur apparence vestimentaire, ressembler tant aux Français ?

En vérité, ils ressemblaient à nombre de Maghrébins et d’Africains qui ont troqué leurs vêtements traditionnels, djellabas, pagnes, boubous et autres hayeks contre pantalons, costards, jupes et chemises.

Et donc ?

Une loi sur un vêtement va probablement être votée. Une loi républicaine pour bannir un vêtement de l’espace public (comme en Arabie Saoudite !). Certes, l’enjeu de cette loi ne porte pas sur la manière de se vêtir. Elle s’inscrit plus particulièrement dans le cadre de la mise au ban de l’islam et de ses diverses expressions. Pour l’heure, c’est une autre dimension du débat qui m’interpelle : celle de l’européocentrisme vestimentaire et de son arrogance.

Personne n’a jamais interdit la cravate et le pantalon dans l’Empire. Quels indigènes pouvaient s’opposer à la pénétration des vêtements coloniaux ? Comment pouvaient-ils résister à l’abandon des vêtements traditionnels ? Comment empêcher la terrible concurrence du vêtement civilisé ? En un mot du vêtement ?

Le burnous, le pagne ? Qui les aura défendus ?

Combien se sont étonnés de l’adoption et de la généralisation des canons vestimentaires occidentaux dans l’ensemble des continents africains, asiatiques et du monde arabo-musulmans ? Combien pour saisir l’ampleur du dommage culturel que cela représente. Combien d’âmes pour s’émouvoir du traumatisme identitaire signifié par l’abandon des traditions vestimentaires, souvent centenaires, parfois millénaires ? Qui en connaît la valeur ?

Nous ?

Pas vraiment. Mais ça viendra peut-être.

Qui alors ?

Toi.

Tu en connais très bien la valeur.

Puisque tu connais la valeur de tes vêtements.

Tu connais l’importance de ton identité nationale.

Tu connais l’importance de ton intégrité culturelle.

Tu la défends et la protèges même au prix de débats ridicules.

Tu as d’abord voté la loi qui a exclu le voile de l’école.

Puis, tu as ardemment soutenu le projet de loi d’interdiction du voile intégral.

Parfois, tu l’as approuvé en silence.

Haro sur le niqab ! Et rien ne te fera reculer, même pas ta Sainte Constitution.

Et pendant que tu construis ta forteresse, tu ne te gênes pas pour piétiner l’altérité des autres.

Tu t’exportes.

(JPG)

Tu exportes ta langue.

Tu exportes ta laïcité.

Tu exportes ton universalisme.

Tu exportes Descartes et Voltaire.

Tu exportes tes couturiers, ton style, ta mode.

Et lorsqu’un indigène se présente à toi avec une cravate, tu trouves ça normal. Sa ressemblance avec toi ne t’étonne pas. Curieusement, elle ne te flatte pas non plus.

Et tu sais pourquoi ? Parce que pour toi, c’est normal. NOR-MAL.

Mais s’il se présente à toi avec sa tenue, tu la toléreras si tu la juges folklorique ou inoffensive. Si elle défie ta norme, tu la marginaliseras, si elle résiste, tu l’écraseras.

Soit.

Mais fais gaffe. Ce jeu, c’est une partie qui se joue à deux. Parfois, tu crois marquer des points mais ce que tu prends pour une victoire n’est que triomphe illusoire.

Souviens-toi...

La multiplication des foulards et l’augmentation des écoles islamiques, lorsque tu as voté la loi contre les signes religieux à l’école.

Le déferlement des drapeaux algériens sur le vieux port à Marseille et place de l’étoile à Paris alors que tu débattais sur l’identité nationale.

L’émergence des mouvements revendiquant la reconnaissance des crimes coloniaux et de la traite négrière lorsque tu as voté la loi sur l’œuvre positive de la France dans ses colonies.

Certes, c’est toi qui frappes le plus fort. Mais reconnais que nos coups à fleurets mouchetés font aussi leur petit effet.

Tu sais quoi ? Rien ne t’oblige à continuer ce jeu.

Houria Bouteldja, Porte-parole du Parti des Indigènes de la République


Source : www.indigenes-republique.fr

Une étude dévoile la vie des femmes qui portent le niqab

RELIGION – Elle met en avant les difficultés de vivre avec le voile intégral, qui relève souvent d’un choix personnel…

La religion a une place essentielle dans leur vie. Dans une étude intitulée «Un voile sur une réalité» parue lundi, jour d'entrée en application de la loi interdisant le port du voile intégral en France, 32 femmes expliquent pourquoi elles ont décidé de revêtir le niqab.

Le propos de cette étude est clairement politique. Elle a été commandée par la fondation du milliardaire américain George Soros, l’Open Society Institute, qui rappelle en préambule qu’elle cherche à avoir «des débats mieux éclairés sur la diversité et l’égalité en Europe». Naïma Bouteldja, la journaliste qui a rédigé l’étude, déclare avoir voulu remettre «au centre du débat sur le voile intégral les principales femmes concernées par la controverse, c'est à dire celles qui portent un voile intégral. Nous considérions qu'il y avait très peu de données brutes existantes sur les femmes portant un niqab en France, leur profil, âge, nationalité, leurs motivations et leurs expériences quotidiennes».

Jeunes et instruites

L’étude parle d’ailleurs de ces femmes comme des «mythes». La diversité et l’originalité des témoignages recueillis au cours de l’enquête aident à comprendre les raisons pour lesquelles ces Françaises (30 femmes sur les 32 interrogées) portent le niqab.

Parmi elles, 20 sont d’origine d’Afrique du Nord, quatre sont originaires d’Afrique de l’Ouest et huit sont converties à l’islam. Elles sont jeunes - 27 d’entre elles ont moins de quarante ans - et instruites - quatorze d’entre elles ont au moins décroché leur bac, dont cinq qui ont fait des études supérieures. Mais elles ne sont que dix à travailler, même si elles souhaitent toutes exercer une activité «tant que cela ne les empêche pas de pratiquer leur religion», à l’exception de deux d’entre elles.

«Manque de solidarité»

D’abord, cette étude tient à rappeler que «l’adoption du voile intégral est dans la grande majorité des cas le résultat d’un choix personnel, sans que la moindre pression ait été exercée par des membres de la famille». Au contraire, le témoignage de ces femmes montre le «manque de solidarité» de l’entourage. Dix d’entre elles ne le portent d’ailleurs pas en permanence à cause des tensions familiales. Le choix de porter le niqab entraîne souvent un conflit ouvert avec la famille, et particulièrement avec les mères.

Ces femmes font part d’un sentiment d’insécurité. A l’instar de Jameelah, une jeune femme de 24 ans: «J’ai senti que je n’étais plus du tout humaine, que j’étais un monstre, alors qu’ils devaient me respecter, parce qu’au final, je suis un être humain comme eux… au final, c’est pour cette raison que je voulais que l’on me respecte.» Trente de ces femmes se sont déjà fait agresser. Des agressions verbales pour l'essentiel «mais vraiment tres répétées et quotidiennes pour celles qui sortaient souvent de chez elles pendant la controverse», justifie Naïma Bouteldja. «Certaines femmes se sont fait cracher dessus et à quelques occasions il y a eu aussi des agressions physiques: des bousculements plus ou moins violent dans le train.»

«Un des chemins à suivre»

«Les femmes de notre échantillon ne sont membres d'aucune organisation musulmane a l'exception d'une - qui est membre du bureau de sa mosquée locale», ajoute la journaliste. La plupart fréquente très peu la mosquée (moins d'une fois par mois en moyenne). La difficulté de leur rapport avec les institutions musulmanes tient plus au fait qu'une majorité de femmes considèrent ne pas avoir été soutenues par les principales instances musulmanes françaises. «Si l’on devait résumer la position de ces dernières, conclut Naïma Bouteldja, elles se sont d'un côte opposées a la loi et de l'autre ont plus ou moins condamné la pratique du voile intégral.»

Alors pourquoi porter le niqab? Du témoignage de ces femmes, il ressort une forte spiritualité, un quasi mysticisme: «J’avais le sentiment que le simple voile ne suffisait pas, raconte Jameelah. J’avais le sentiment que je devais développer ma spiritualité. Pour moi, c’était un des chemins à suivre.»

Quitter la France

Avec la nouvelle loi, elles ne vont d’ailleurs pas retirer leur voile intégral. «Parmi les femmes interrogées, nombreuses sont celles qui affirment de façon intransigeante qu’elles refuseront de retirer leur voile lors de l’entrée en vigueur de la loi le 11 avril», examine l’étude. La solution pour elles est incertaine: Sans doute rester chez elles ou bien quitter la France pour aller dans le pays d’origine de leurs parents, en Arabie saoudite ou au Royaume-Uni. Naima Bouteldja explique qu’elles sont elles-mêmes dans l’indécision. Elle cite l’une de ces femmes: «Vivre en France maintenant, c’est comme être très amoureuse d’un homme violent avec vous.»


Source : www.20minutes.fr

11 avr. 2011

L’interdiction de la Burqa a été peu anticipée

Alors qu’entre en vigueur l’interdiction de se dissimuler le visage, la formation des fonctionnaires et l’information du public paraissent très incomplètes


A Lyon, dans une antenne de la CAF. Les centaines d’affiches éditées par le gouvernement sont parfois restées dans les cartons des administrations. (Philippe Desmazes/AFP)

A partir de lundi 11 avril, la France devient l’un des seuls pays au monde, avec la Belgique, où le port de la burqa dans la rue constitue une infraction. Par souci d’efficacité, le législateur a opté pour une formulation très large. « Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage », dispose le texte voté le 11 octobre 2010.

Simple en théorie, qu’en sera-t-il dans la pratique ? Après une période « pédagogique » de six mois durant laquelle aucun procès-verbal ne devait être signé, c’est dans un climat d’improvisation que paraît s’ouvrir la phase d’application.

À la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en fin de semaine dernière, personne n’avait l’air au courant de la nouvelle loi. Des centaines d’affiches éditées par le gouvernement sont restées enfermées dans les cartons.

« La République se vit à visage découvert », dit le slogan. « On n’a reçu aucune instruction », avouait une employée de l’accueil. Toutes les administrations sont en principe concernées. Mais, comme à l’hôtel de ville de Saint-Denis, le bureau de poste de la rue de la République a oublié les affiches officielles. À l’adresse des usagers, on s’en tient encore au dessin d’un casque de moto barré !

Des affiches à télécharger

D’autres villes ont mieux anticipé l’entrée en application de la loi. Ainsi, la mairie de Vénissieux (Rhône) a pris les devants. « N’ayant pas reçu les affichettes en question, nous les avons téléchargées sur le site ouvert par le gouvernement explique Éric Zuber, chargé du pôle citoyenneté à la direction générale de la ville. Elles seront exposées, dès aujourd’hui, à l’accueil de la mairie. »

Concernant l’application de loi, la mairie de Vénissieux n’exprime aucune inquiétude puisque certains services ont depuis longtemps affaire à des personnes se dissimulant le visage. « La première période sera une période de pédagogie auprès des individus concernés », commente Éric Zuber.

Seule différence « avec l’entrée en vigueur de la loi, rappelle-t-il, aucune prestation de service public ne sera délivrée par les équipes municipales aux personnes en état d’infraction ».

Depuis le vote de la loi, deux circulaires ont été rédigées en mars par Matignon et le ministère de l’intérieur. Ces textes rappellent que dans toutes les administrations, le chef de service est « responsable du respect des dispositions de la loi » en particulier pour adapter les règlements intérieurs.

Pourtant, là aussi, l’effort de sensibilisation semble avoir été limité. Le directeur d’un hôpital du Val-d’Oise qui préfère garder l’anonymat précise qu’il n’a pas l’intention de faire la police. « La priorité reste les soins » estime-t-il.

Pas question de créer des brigades anti-burqa !

Thierry Douine, président de la Fédération générale CFTC des transports, s’étonne aussi qu’aucune mesure n’ait été prévue dans les transports en commun pour prévenir les usagers de l’application de cette loi : « Les modifications qui s’imposent doivent être apportées aux règlements intérieurs affichés dans les trains, les bus ou encore les rames de métro. »

Avant d’ajouter : « J’espère que les choses sont claires pour les autorités : notre rôle est de transporter les usagers en toute sécurité pas de faire la police. »

Lors de la présentation de la circulaire de Matignon, les conseillers du premier ministre précisaient que les forces de police procéderont à d’éventuels contrôles dans le cadre de leurs missions ordinaires sur la voie publique. Pas question de créer des brigades anti-burqa !

« Cela ne va pas être une des priorités de mes collègues, commente Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance. Il ne s’agit que d’une contravention, la catégorie d’infraction la moins grave. » Comme pour n’importe quelle entorse à la loi, la verbalisation d’un individu découle de la libre « appréciation » du fonctionnaire de police.

Et les policiers comptent bien faire preuve d’un « grand discernement » explique le syndicaliste qui insiste sur la « dangerosité » de ce type d’intervention dans des « quartiers sensibles ».

Tous les lieux publics

Enfin, tous les lieux ouverts au public comme les cinémas et les commerces sont concernés. Mais là, plus encore, l’entrée en vigueur de la loi laisse sceptique.

Dans le centre de Saint-Denis, le gérant d’un Franprix n’a pas reçu de note interne de sa direction et exclut totalement de prévenir la police : « Pour me faire casser les dents à la sortie ? Merci bien. Je pense à ma sécurité avant tout », avoue le commerçant.

« Je suis là pour soigner les gens, pas pour les juger », ajoute un pharmacien qui n’interdira pas l’entrée à une femme entièrement voilée.

Source : www.la-croix.com

Une femme en niqab a pris le TGV, défiant la loi au nom de ses "droits européens"

"J'ai été invitée pour participer à une émission de télévision à laquelle je me rends et il se trouve que nous sommes le 11 avril, premier jour de l'application de la loi sur le voile intégral", a déclaré Kenza Drider, 32 ans, bénévole dans une association, à son départ d'Avignon. "Cette loi est une atteinte à mes droits européens, je ne fais que les défendre: c'est-à-dire ma liberté d'aller et venir, ma liberté religieuse", a-t-elle dit, entourée de journalistes. "Cette loi viole le droit", a insisté cette jeune femme installée avec son mari à Avignon et mère de quatre enfants. Arrivée peu avant 09H30 à la gare de Lyon à Paris, sans avoir été verbalisée, Mme Drider, portant un niqab beige et brun, était attendue par de nombreux journalistes. "J'applique mes droits, je ne fais qu'aller et venir. Je ne commets aucun crime, je suis une Française à part entière, et j'applique mes droits européens", a-t-elle réaffirmé. "Ce n'est pas du tout une provocation, j'applique mes droits en tant que citoyenne française", a-t-elle dit, citant "la liberté d'aller et venir, la liberté d'expression et la liberté de religion". Mme Drider a expliqué que si elle était "verbalisée, la loi s'appliquera, je prendrai l'amende". Mais "en tant que citoyenne française, c'est dommage de le dire, mais je serai dans l'obligation de faire un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme, au nom de la liberté". A Avignon, son mari Allal Drider, présent à ses côtés, s'était interrogé: "Selon cette loi, mon épouse devrait rester enfermée chez elle, vous trouvez ça normal ? Je n'arrive pas à comprendre cela dans le pays des droits de l'Homme". "Cela fait 13 ans qu'elle porte le voile, ça n'a jamais choqué. Cette loi, c'est une façon de détourner l'attention, vous pensez que l'important en France ce sont ces 500 à 2.000 femmes qui portent le voile intégral ?", a-t-il demandé. Dissimuler son visage dans l'espace public, que ce soit avec un voile, une cagoule ou un masque, est passible depuis lundi de 150 euros d'amende et/ou d'un stage de citoyenneté.


Source : www.islamophobie.net

8 avr. 2011

Voile intégral: Aya et Oum Isra ne vont pas défier la loi

PARIS — Aya, une Française convertie à l'islam, et Oum Isra, musulmane franco-marocaine, n'ont pas l'intention de défier la loi sur le voile intégral, en vigueur à compter du lundi 11 avril, mais elles prévoient de sortir le moins possible pour ne pas être contraintes d'ôter leur niqab.

"Je sors déjà rarement de chez moi mais ce sera encore beaucoup plus rare", affirme Hélène, 23 ans, qui a adopté le prénom de Aya (verset coranique).

Et puis, confie-t-elle au téléphone à un journaliste de l'AFP, "si l'islam continue d'être stigmatisé" et "si les conditions de vie des musulmans se compliquent ici", elle ira s'installer en Algérie, d'où est originaire son mari.

N'hésitant pas à le présenter comme un "salafiste", elle assure qu'il ne lui a pas imposé le niqab, "puisque", dit-elle, "je le portais avant même de le rencontrer".

C'est en pleine crise d'adolescence, à 14 ans, que la collégienne de Sens, de "parents athées", s'est mise "en quête de spiritualité".

"J'ai d'abord lu Les Evangiles mais c'est dans le Coran que j'ai trouvé la réponse à mes interrogations", se souvient Hélène.

La jeune Bourguignonne qui déjà n'avait jamais bu une "goutte de vin" commençait alors son parcours de convertie en arrêtant de consommer de la viande de porc, interdite par l'islam, puis en observant le mois de jeûne du ramadan.

Trois ans après avoir adopté le régime alimentaire halal, Hélène a commencé à faire la prière, puis à porter le voile "par étapes".

"J'ai commencé par mettre un bandana, puis un foulard avec tunique sur le pantalon et en 2005 je me suis mise en niqab, en apprenant que c'est le voile porté par les épouses du prophète. Mais je le mettais seulement de temps en temps parce que c'est difficile de le porter en province", explique-t-elle.

En région parisienne où elle s'est installée après son mariage en 2006, "c'est moins visible". Depuis 2007, la jeune épouse se drape du niqab "pour toutes les sorties" mais pas lorsqu'elle se rend chez ses parents: "Je le retire avant de rentrer chez eux, je veux ménager ma mère", se justifie-t-elle.

Depuis qu'elle porte le niqab, cette babby-sitter n'arrive pas à trouver de travail comme garde bébé. "Même dans les familles musulmanes", souligne-t-elle.

Un témoignage confirmé par celui d'Oum Isra, étudiante franco-marocaine dont les parents, "musulmans pratiquants" pourtant, "ne sont pas contents" de la voir se couvrir du niqab qu'elle a adopté "juste depuis l'irruption de ce sujet dans le débat public".

Oum Isra (prénom évoquant le voyage céleste du prophète) portait jusque-là un "voile fashion" qui cachait ses formes mais pas son visage" et "conjuguant la religion avec la mode".

Quand l'Assemblée nationale s'est emparée de la question du voile intégral, elle a cherché à "comprendre".

"J'ai découvert que le niqab était porté par les épouses du prophète et j'ai voulu ressembler à ces femmes les plus pieuses", explique-t-elle en soulignant que "les non-voilées ne sont pas forcément moins croyantes".

Comme nombre de musulmans nés en France et imitant leurs parents, cette jeune fille de 20 ans observait le jeûne du ramadan depuis son "très jeune âge".

Elle a commencé à faire la prière, mue par une question obsessionnelle. "Et si mes parents et mes proches disparaissaient?", se demandait-elle. Et de répondre à elle-même: "Il me restera Allah".

Depuis, sa pratique de la religion est de plus en plus rigoureuse. Pas de discussion avec les garçons, des sorties limitées à des pique-niques, à l'université, et à des échanges de visites avec les "soeurs".

A l'approche de l'échéance du 11 avril, Oum Isra se dit "réaliste". "J'essaierai de me retrouver le moins possible en situation de me découvrir".


Source : AFP

25 déc. 2010

L'interdiction de la burqa jugée «discriminatoire» en Suède

L'actuel ministre suédois de l'éducation en avait fait un argument électoral, mais les hautes juridictions suédoises viennent d'y mettre un coup d'arrêt. Janvier 2009 : une étudiante de Stockholm s'est vue menacée d'exclusion de son école d'assistante maternelle si elle n'ôtait pas son niqab.

Cette étudiante décide de porter cette affaire devant l'Ombudsman des discriminations (DO), haut-fonctionnaire chargé de l'application de la grande loi sur les discriminations. Cette loi, qui est rentrée en vigueur en janvier 2009, synthétise la législation précédente et étend la protection des citoyens, notamment dans les domaines de la fonction publique et de l'enseignement.

Katri Linna a estimé qu'une exclusion serait contraire à cette loi, en se fondant sur le fait que cette dernière visait à supprimer les obstacles posés par l'appartenance religieuse des citoyens suédois. De plus, délais de l'institution judiciaire suédoises aidant, l'élève en question a depuis longtemps quitté les bancs de l'école et a obtenu son diplôme avec succès, ce qui a pesé lors du jugement.

Peu probable cependant que cette décision fasse jurisprudence et acte l'illégalité définitive de l'interdiction de la burqa en Suède. La DO a en effet décidé de ne pas poursuivre en justice la municipalité de Stockholm, responsable de l'établissement, arguant du fait que dans les plupart du temps, les affaires similaires se réglaient par un compromis, fidèle « à l'esprit de la loi sur la discrimination ».

Dans une tribune publiée dans le Dagens Nyheter pour expliquer sa décision et repris dans un communiqué de presse, la DO a déclaré, lapidaire :

« Beaucoup voulaient bannir la burqa des bancs de l'école parce qu'elle était un des stigmates de l'oppression des femmes qu'il fallait combattre. La protection des droits fondamentaux de chacun est fondamentale à notre démocratie. Mais exclure de l'éducation les femmes qui portent le niqab ne sert pas l'égalité : ni la leur, ni celle des autres femmes. »


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Source : Sveriges Radio

Tu es une femme libre, je t’interdis de porter la burqa

Par Leila Ghandi


On aura tout entendu. D’abord la chienne de garde : c’est une insulte à la dignité des femmes. Puis les autres. Le conservateur : la burqa n’a jamais fait partie des traditions françaises. Le républicain : le port de la burqa est en contradiction avec nos valeurs laïques. Le xénophobe : ici on est en France, que ceux qui veulent suivre la mode afghane aillent vivre en afghanistan. L’islamophobe : l’islam est une religion dangereuse, ne laissons pas ces musulmans imposer leur loi dans notre pays. Le technicien : interdire le port de la burqa dans les lieux publics risque de poser des problèmes de logistique. Le pragmatique : la burqa est un trouble à la sécurité publique, tout individu doit être identifiable. Le faux-cul: au nom de leur liberté interdisons-leur la burqa. Le soixante huitard: il est interdit d’interdire. L’indolent : n’en faisons pas toute une histoire, cela ne concerne qu’une poignée de femmes. Le policier : une contravention de 22 euros et on n’en parle plus.

Passé le spectacle de la joute oratoire, je me dis que tout cela bien troublant. Comment peut-on réellement, avec un seul et même argument, déboucher sur deux conclusions si antagonistes : au nom des droits de la femme _et avec le même degré de certitude_ les uns disent OUI et les autres disent NON à la burqa. Qui a raison ? Je suis perplexe.

Il me paraît en tout cas évident que l’argument qui consiste à dire que la burqa est une violation de la dignité et une atteinte à la liberté de la femme n’est pas intellectuellement honnête. D’abord parce que les femmes elles-mêmes _ les victimes présumées donc_ prétendent porter la burqa par choix personnel. Ensuite parce que la notion de dignité est largement subjective, et par ailleurs elle-même soumise à la controverse. C’est un choc des cultures.

De la même manière qu’il serait impensable pour une femme burqa de cautionner le top less, il est impensable pour une femme top less de cautionner la burqa. Ce sont deux visions différentes du monde. Chacun défend son droit chemin, que ce soit le libéralisme tout azimut, ou le conservatisme tout azimut. Nous sommes dans deux extrêmes. Serait-il juste d’en interdire seulement un des deux ? Peut-être au nom d’une décision d’Etat, mais sûrement pas au nom du respect de la femme. Cette manœuvre rhétorique est démagogique. Personne n’est dupe. Il me parait compliqué de dire : « c’est parce que je te respecte que je t’interdis de porter la burqa». De quoi s’agit-il ? D’arrogance ?... « Tu ne comprends pas maintenant mais tu comprendras plus tard que c’est mieux pour toi ». De démagogie ?... « C’est le meilleur argument que je puisse utiliser parce qu’évidemment personne ne peut être contre le droit des femmes ».

Le problème, me semble-t-il, est que nous avons du mal à appeler un chat un chat. La réalité est que la burqa dérange et inquiète. C’est un symbole anxiogène qui nous renvoie aux pratiques obscures d’une religion qu’on ne comprend pas vraiment. Une religion mal représentée, mal interprétée, méconnue et loin de nous. La burqa fait peur. Et puis c’est moche. Mais ça c’est pas politiquement correct. Au pays de la démocratie il ne fait pas bon tenir ce genre de propos. Alors on se cache derrière des beaux concepts bien pensants et bien vendeurs. Je comprends qu’on ne veuille pas que la burqa investisse les rues de nos villes. Je comprends que la burqa dérange. D’ailleurs elle me dérange moi aussi. Parce qu’au bout du compte, j’y vois là un indicateur de mauvaise augure : un malaise social qui pousse au repli sur soi, à l’isolement communautaire, à l’identitarisme exacerbé, à la déviance religieuse. Alors je me pose la question : pourquoi ? Et surtout, comment y remédier ?

En ce sens je trouve assez honnête la conclusion que pose naturellement Jean-François Copé en plein talk show: « La question est : que voulons-nous pour la France ? ». Mais c’est vrai, ça, pour le savoir, encore aurait-il fallu que le débat sur l’identité nationale ait abouti quelque part.

Source: www.emarrakech.info

3 déc. 2010

L'interdiction de la burqa jugée «discriminatoire» en Suède

L'actuel ministre suédois de l'éducation en avait fait un argument électoral, mais les hautes juridictions suédoises viennent d'y mettre un coup d'arrêt. Janvier 2009 : une étudiante de Stockholm s'est vue menacée d'exclusion de son école d'assistante maternelle si elle n'ôtait pas son niqab.

Cette étudiante décide de porter cette affaire devant l'Ombudsman des discriminations (DO), haut-fonctionnaire chargé de l'application de la grande loi sur les discriminations. Cette loi, qui est rentrée en vigueur en janvier 2009, synthétise la législation précédente et étend la protection des citoyens, notamment dans les domaines de la fonction publique et de l'enseignement.

Katri Linna a estimé qu'une exclusion serait contraire à cette loi, en se fondant sur le fait que cette dernière visait à supprimer les obstacles posés par l'appartenance religieuse des citoyens suédois. De plus, délais de l'institution judiciaire suédoises aidant, l'élève en question a depuis longtemps quitté les bancs de l'école et a obtenu son diplôme avec succès, ce qui a pesé lors du jugement.

Peu probable cependant que cette décision fasse jurisprudence et acte l'illégalité définitive de l'interdiction de la burqa en Suède. La DO a en effet décidé de ne pas poursuivre en justice la municipalité de Stockholm, responsable de l'établissement, arguant du fait que dans les plupart du temps, les affaires similaires se réglaient par un compromis, fidèle « à l'esprit de la loi sur la discrimination ».

Dans une tribune publiée dans le Dagens Nyheter pour expliquer sa décision et repris dans un communiqué de presse, la DO a déclaré, lapidaire :

« Beaucoup voulaient bannir la burqa des bancs de l'école parce qu'elle était un des stigmates de l'oppression des femmes qu'il fallait combattre. La protection des droits fondamentaux de chacun est fondamentale à notre démocratie. Mais exclure de l'éducation les femmes qui portent le niqab ne sert pas l'égalité : ni la leur, ni celle des autres femmes. »


Source: www.mediapart.fr

27 nov. 2010

Benoît XVI ne comprend pas l’interdiction du voile intégral

Le Pape Benoît XVI a exprimé son incompréhension face à l’interdiction du voile intégral (burqa), dans son livre d’entretiens "Lumière du monde", qui sort mardi.

A la question : "En France, le parlement a interdit le port de la burqa. Les chrétiens peuvent-ils s’en réjouir ?", le souverain pontife répond : "en ce qui concerne la burqa, je ne vois pas de raison à une interdiction générale".

Et d’expliquer : "on dit que certaines femmes ne portent pas du tout volontairement la burqa et c’est à proprement parler un viol de la femme. On peut bien sûr ne pas être d´accord avec cela". "Mais si elles veulent la porter volontairement, je ne sais pas pourquoi on doit le leur interdire", ajoute-t-il, selon le texte original allemand dont dispose l’AFP.

Début octobre, le Conseil constitutionnel français a validé une loi interdisant le port du voile intégral (burqa, niqab) dans l’espace public, jugeant toutefois qu’elle ne pouvait s’appliquer dans les lieux de culte ouverts au public.

Le 14 septembre, le Parlement français avait définitivement adopté, lors d’un ultime vote du Sénat, un projet de loi prohibant "la dissimulation du visage dans l’espace public" (voile intégral, mais aussi cagoules dans les manifestations...), sous peine d’une amende de 150 euros et/ou d’un stage de citoyenneté. Selon la loi, toute personne obligeant une femme à se voiler est passible d’un an de prison et 30.000 euros d’amende. Des peines doublées quand la personne contrainte est mineure.

Après avoir occupé le devant de la scène politico-médiatique, les passions au sujet du projet de loi étaient retombées, l’opposition de gauche, tout comme les représentants de la communauté musulmane, choisissant de ne pas envenimer les débats.

Source: AFP

24 nov. 2010

Un mois de prison avec sursis pour avoir arraché un niqab


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, jeudi 4 novembre, à une peine d'un mois de prison avec sursis une enseignante à la retraite jugée pour avoir agressé dans une boutique une jeune femme, originaire des Emirats arabes unis, voilée d'un niqab.

La prévenue, absente lors du prononcé du jugement comme elle l'avait été à l'audience du 14 octobre, écope aussi de 200 euros d'amende avec sursis pour s'en être prise, plus légèrement, à une amie de la victime qui se trouvait avec elle au moment des faits.

Deux mois de prison avec sursis et 750 euros d'amende avaient été requis par le ministère public à l'encontre de la retraitée poursuivie pour violences volontaires aggravées, en raison de l'appartenance à une religion déterminée.

LA PRÉVENUE EXPRIME SES "REGRETS"

Les faits s'étaient déroulés en février : l'ex-enseignante, qui a longtemps travaillé dans des pays arabes, notamment au Maroc et en Arabie saoudite, avait tenté de retirer son voile à une jeune femme de 26 ans, originaire des Emirats arabes unis, qui faisait des courses dans un magasin du 15e arrondissement de Paris, le visage dissimulé par un niqab ne laissant apparaître que ses yeux.

Après l'avoir interpellée en anglais et tiré sur son voile une première fois, la prévenue avait perdu toute maîtrise vis-à-vis de la jeune femme, qu'elle avait, selon l'accusation, giflée, griffée et mordue à la main. Deux jours d'incapacité totale de travail avaient été prononcés.

Elle avait expliqué son geste aux policiers par ces mots : "Je savais que j'allais craquer un jour. Cette histoire de burqa commençait à m'agacer." Tout en regrettant son geste, elle avait également déclaré qu'elle se "battait pour le droit des femmes".

UN COMPORTEMENT "INTOLÉRANT" POUR LE TRIBUNAL

Le tribunal considère dans son jugement que "le comportement violent" de la prévenue "révèle une intolérance à autrui contraire à toute possibilité d'explication, de cohabitation ou de dialogue entre des personnes aux modes de vie différents ou aux convictions opposées".

"Il n'appartient pas aux juridictions de la République de dire ou décider si le port de vêtements qui masquent complètement ou quasi-intégralement le visage de la femme est ou non dicté par telle ou telle religion, prise dans son ensemble. Il suffit de constater que le port du voile intégral est revendiqué par ceux qui s'y plient ou qui l'imposent comme une pratique de nature religieuse", écrivent encore les juges pour expliquer que la circonstance aggravante liant l'agression à l'appartenance religieuse doit être retenue.

Cette affaire avait été jugée une semaine après la validation par le Conseil Constitutionnel de la loi interdisant le port du voile intégral (burqa, niqab) dans l'espace public.


Source: Lemonde

La loi sur la burqa risque l'invalidation par l'Europe

Le Conseil constitutionnel a en effet décidé que l'interdiction générale de la burqa ne s'appliquait pas dans les lieux de culte ouverts au public. D'abord, cela signifie que des porteuses de burqa, interdites de promenade dans les rues de Paris, pourront, par exemple, aller déambuler sous les voûtes de Notre-Dame. Tant que l'Eglise catholique n'en a pas décidé autrement, les policiers et les gendarmes devront respecter leur habit.

Les mosquées, les temples, les synagogues, mais surtout les églises, plus nombreuses et plus spacieuses sur notre territoire, pourront devenir pour des porteuses de burqa des refuges, des lieux de détente, voire de rassemblement.

Surtout, cette exception à la règle générale d'interdiction ouvre la voie à des actions contentieuses. Si, sur le chemin de son domicile à Notre-Dame de Paris, une porteuse de burqa est interpellée, que se passera-t-il ? La pénalité maximale de 150 euros prévue par la loi pourra-t-elle s'appliquer si simplement ? Sommée d'obtempérer, cette femme pourra invoquer le droit à la liberté religieuse que le législateur a volontairement refusé d'associer à cette loi, ce que le Conseil constitutionnel a, au contraire, choisi de faire.

Le rapporteur de la loi à l'Assemblée nationale avait tenu à préciser que le fondement de l'interdiction de la dissimulation du visage "réside dans l'ordre public sociétal ou immatériel et non dans le principe de laïcité", que la loi ne vise aucune croyance en particulier ; il savait en effet que la Cour européenne, pour juger de la conformité d'une loi à la Convention européenne des droits de l'homme, prenait en considération le fait que la loi en question soit "une loi prima facie neutre à l'égard de l'exercice de la liberté de culte".

Mais qu'est-ce qu'un vêtement que l'on interdit sur la voie publique mais que l'on autorise dans des lieux de culte sinon un vêtement auquel on reconnaît une dimension religieuse ?

Imaginons un instant qu'une organisation ait appelé les Français à se vêtir d'une cagoule rouge, noire ou blanche et que, face à la popularité du phénomène, le Parlement ait décidé d'interdire la dissimulation du visage. Le Conseil constitutionnel aurait-il alors imposé une exception à cette interdiction dans des lieux de culte ouverts au public ? Bien sûr que non. Les interdictions de se promener nu ou de pratiquer l'inceste, autres codes sociaux auxquels on aura comparé l'interdiction de dissimuler son visage, ne souffrent là encore d'aucune exception.

La réserve émise par le Conseil constitutionnel agit donc comme un révélateur. Elle dévoile l'objet réel - religieux - de la loi. Du coup, sa laborieuse construction se trouve ébranlée. Pour procéder à cette interdiction générale, le législateur a en effet défini l'espace public comme "constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public". Il a ainsi confondu les hôpitaux, écoles, mairies ou ministères avec la rue, espaces différents, auxquels jusqu'alors notre laïcité et la Cour européenne des droits de l'homme appliquaient des règles distinctes.

Ainsi dans un arrêt de février - Arslan et autres contre Turquie -, la Cour a eu à connaître de l'arrestation et de la mise en détention provisoire d'un groupe de personnes qui portaient dans la rue une tenue "composée d'un turban, d'un "salvar" (saroual) et d'une tunique, tous de couleur noire, et étaient munis d'un bâton, cette tenue rappelant selon eux celle des principaux prophètes, notamment le prophète Mohammed".

Pour déclarer cette arrestation injustifiée, la Cour a constaté que ces tenues étaient portées "par de simples citoyens et non par des représentants de l'Etat dans l'exercice d'une fonction publique", dans "des lieux publics ouverts à tous comme les voies ou places publiques", et non "dans des établissements publics, dans lesquels le respect de la neutralité à l'égard de croyances peut primer sur le libre exercice du droit de manifester sa religion". Ainsi, les restrictions que la Cour admet en ce qui concerne les établissements publics ou les fonctionnaires ne trouvent donc pas à s'appliquer dans la rue.

Composé majoritairement d'anciens responsables politiques, le Conseil constitutionnel n'a pas osé affronter l'opinion publique et raisonner en droit. Il a donc rendu une décision confuse et contradictoire, qui sonne comme une ouverture à une contestation au plan européen.

Entendons-nous bien, la burqa constitue à mes yeux une prison mobile dont il faut réduire et limiter au maximum le port. Mais cette limitation pour être inattaquable devait respecter certains principes. Ainsi, je ne crois pas que le combat contre le port de ce vêtement puisse justifier qu'une femme, qui croit que son Dieu lui commande de s'en vêtir, soit empêchée de sortir dans la rue pour s'acheter de quoi se nourrir ou aller voir un médecin. Cette liberté d'aller et venir pour des raisons vitales n'a d'ailleurs pas été prise en compte par le Conseil constitutionnel et pourra l'être par la CEDH.

En 2004, le Parlement avait voté une loi d'interdiction des signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires. Soutenue par les responsables d'établissements et les enseignants, cette loi validée à plusieurs reprises par la CEDH, visait à protéger des jeunes filles, le plus souvent mineures, de toute pression visant à porter le voile quand elles ne le portaient pas. Elle était limitée aux écoles publiques, offrant ainsi aux jeunes filles désireuses de porter le voile une alternative, le plus souvent dans l'enseignement privé sous contrat.

L'interdiction opérée est de différente nature. La loi sur la burqa vise des adultes, qui ne font pression sur personne, dans l'espace le plus libre celui de la rue. Sa radicalité n'offre aux croyantes aucune alternative. Inapplicable par des policiers qui ne veulent pas l'appliquer, elle risque maintenant l'invalidation par la Cour européenne des droits de l'homme.



Source: Lemonde

3 nov. 2010

Témoignage de Touria, agressée parce qu’elle portait le niqab

Une loi pour libérer ces femmes disent ils, pour l’instant les femmes musulmanes portant le niqab font face aux insultes et à l’insécurité. Malheureusement, cette agression n’est pas la première, il y a quelques mois Élodie nous a fait part de son témoignage. Aujourd’hui, c’est Touria Oum ‘Obeyd-Allah de la région Rhône-Alpes qui nous raconte ce qu’elle a vécu. Il y a environ un mois, juste avant l’adoption finale du texte de loi, elle a été agressée par une femme alors qu’elle faisait tranquillement ses courses.

AJIB.Fr – Depuis quand portez vous le niqab et qu’est ce qui vous a amené à prendre cette décision ?

Je porte le sitar/niqab depuis deux ans et quatre mois. Ce qui m’a amenée à porter le sitar est mon cheminement vers Allah, à mon sens, je ne pouvais atteindre une foi complète que si je le portais ! C’est également l’accomplissement de ma foi et de mon amour pour mon Seigneur ! En d’autres termes le sitar représente pour moi à la fois un moyen pour atteindre la foi parfaite et à la foi un but (l’accomplissement de ma foi au quotidien). Par contre je ne dis pas que toutes les personnes qui portent cet habit sont parfaites et que les autres ne le sont pas, je dis seulement que c’est une vraie preuve d’amour envers notre Seigneur!

AJIB.fr – Comment a réagit votre famille, vos proches ainsi que votre mari ?

En ce qui concerne la réaction de ma famille, cela a été difficile pour eux malgré qu’ils soient eux aussi musulmans et pratiquants. La crainte du rejet de la société que je pouvais subir et mon éloignement de celle-ci les obnubilaient. Lorsque les débats sur le port du voile intégral ont été lancés cela a empiré, la pression de ma famille pour que je l’enlève a augmenté ! Quant à la réaction de mon mari, il n’était pas surpris car je lui en avais beaucoup parlé et avant qu’on se marie je le mettais de temps en temps. J’ai tenu à lui en faire la surprise le jour où il a obtenu son permis de conduire. Il ne savait pas que j’avais décidé de le porter à cette date ! Même si aujourd’hui je suis en instance de divorce, il n’est pas du tout pour moi question de l’enlever. Cet habit fait partie de moi , il est comme un seconde peau pour moi , il est ma raison de vivre ! que l’on vienne me verbaliser je ne l’enlèverai sous aucun prétexte !!

AJIB.fr – Pouvez vous nous dire ce qu’il s’est passé au magasin ?

Je me trouvai dans un rayon de carrefour, lorsqu’une dame d’une cinquantaine d’année se mit à me crier dessus en me disant que la loi était passée, que j’étais hors la loi et que je devais enlever mon sitar. Je lui répondis qu’il fallait qu’elle apprenne mieux le droit et que la loi n’avait pas encore était promulguée ! Choquée que je sache parler et même mieux qu’elle, elle perdit tous ses moyens et me cria qu’elle ne me permettait pas de lui adresser la parole ! Elle me cracha alors dessus, me poussa et lorsque j’ai essayé de la retenir, elle me mordit jusqu’au sang au niveau du poignet. C’est alors que je l’immobilisai contre un rayon en lui tenant la tête par les cheveux en lui disant qu’elle avait dépassé toutes les limites et que je ne la laisserai pas s’en sortir comme cela ! Des personnes se sont précipitées pour me convaincre de la lâcher en me disant qu’il ne fallait pas que je réponde à la violence par la violence ! Une des femmes qui essayait de calmer la situation se fit également mordre à la main ! Je la lâchai donc mais elle continua en me jetant des affaires dessus dont mon portefeuille qu’elle m’avait pris pendant l’altercation.

Outrée je l’immobilisai encore une fois contre le rayon afin qu’elle ne puisse plus rien faire avant l’arrivée de la sécurité ! Les femmes qui ont tenté de calmer le conflit étaient choquées et toutes les personnes qu’il y avait autour avaient honte du comportement de cette dame. Tout le monde lui donnait tort. Chaque personne présente m’a encouragée à porter plainte, ce que je fis en commençant par déposer une main courante à la sécurité du magasin.

L’enquête, aucunes nouvelles je sais que la dame a été interceptée par la sécurité et qu’ils ont donc pris son identité. Normalement cela devrait faciliter l’enquête mais bon… Je tiens a souligner quelque chose de très important lorsque je suis arrivée à la gendarmerie les brigadiers se sont montrés très froids et même hautains au point qu’ils ont refusé de prendre ma plainte prétextant qu’il fallait que je détienne obligatoirement un certificat médical. Je leurs expliquai alors que j’étais juriste et que la loi les obligeait a prendre ma plainte avec ou sans certificat. J’ai dû quand même revenir le lendemain pour qu’ils acceptent ma plainte (je n’avais pas la force d’aller voir un avocat pour qu’il transmette l’affaire au procureur, c’est la procédure en cas de refus de prendre une plainte)

AJIB.fr – Au quotidien vous sentez vous en sécurité ?

Au quotidien je ne me sens plus du tout en sécurité ! Quand je sors je le fait la tête haute mais avec une boule au ventre. Je ne sais jamais si je vais rentrer blessée ou pas ou même si je vais finir à l’hôpital. Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ! D’ailleurs la première fois les personnes avaient même cassé ma voiture mais je n’avais pas porté plainte car je n’avais pas leurs identités et les plaintes contre X en pratique n’aboutissent pas. Le quotidien est synonyme d’angoisse pour nous. Le minimum que l’on subit ce sont des insultes à longueur de journée. Sortir devient insupportable !

AJIB.fr – Que pensez vous du projet de loi d’interdiction du port du voile intégral ?

Sérieusement, les personnes qui ont lancé ce projet de loi voulaient-elles nous libérer ou nous opprimer d’avantage !! Voulaient-elles vraiment défendre nos droits de femmes ou plutôt nous rabaisser et nous pousser à nous retrancher dans nos maisons!!!

Ces personnes pensaient-elles vraiment que nous allions les remercier de nous avoir sauvé et que nous allions sortir en nous déshabillant comme elles le souhaitent ?? Bien sur que non ! leur but est clair mais seuls les aveugles croient en leurs mensonges et en leurs manipulations ! leur but est d’attiser l’islamophobie en France et de rabaisser les musulmans ! Les politiciens pensent que tout le monde est dupe et que l’on ne voit pas qu’ils tentent de cacher les vrais problèmes de l’État (dette de l’État grandissante, scandales politique..), en créant d’autres minimes mais qui réveillent l’opinion publique et qui occupent tous les esprits !! Voila ce que je pense de cette loi mais plus encore je veux préciser qu’en terme juridique le vote de cette loi est une grave violation de nombreux textes supérieurs, que ce soit le préambule de la Constitution qui garantie la liberté de culte la liberté d’aller et venir comme bon nous semble ou encore d’autres lois européennes.

Je conseille à toutes mes sœurs de ne pas tomber dans le piège qu’ ils nous posent en voulant nous faire peur avec cette loi ! Il ne faut pas foncer vers la facilité et enlever notre voile, il faut que l’on supporte pour l’islam! Ne leur donnons pas raison en l’enlevant ! Il y a des solutions, par exemple ce fond qui a été ouvert par ce politicien visant à payer les amendes. Rappelons nous que cette loi permet aux gendarmes de nous verbaliser mais ne leurs permet aucunement de nous enlever notre sitar. En d’autres termes nous pouvons prendre la contravention et ressortir devant les gendarmes avec notre sitar sans qu’ils puissent nous forcer à l’enlever!

J’aimerais rappeler à tous, que nous sommes des êtres humains et que nous sommes tous égaux. Personne n’est supérieur ou inférieur parce qu’il sort la tête couverte ou la tête nue. Ayons le respect et la dignité humaine ! Arrêtons de nous comporter comme des animaux. Nous toutes qui sortons le visage couvert ne pensez-vous pas que nous avons une vie comme la vôtre vous qui sortez la tête découverte, que nous avons un cœur comme le vôtre, que nous avons une famille comme la votre ! Si chaque religion attaque une autre religion car elle n’est pas d’accord avec ce qu’elle pratique alors où allons nous ??? Si nous n’appliquons pas le principe de tolérance alors chacun aura à redire à l’autre !!!


Source: www.ajib.fr

Toujours plus soumises !

Par Sylvie Tissot

On pourrait n’y voir qu’une basse manœuvre politique, une manière pour l’actuelle présidente de Ni Putes Ni Soumises de se désigner comme remplaçante éventuelle de Fadela Amara dans un gouvernement remanié. Il y a malheureusement plus grave dans la convention signée entre l’association dite féministe et le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale pour promouvoir la « laïcité » et les « valeurs de la République ». 15 « ambassadrices » doivent en effet être dépêchées à grands frais (80000 euros) dans les « quartiers » pour faire avancer l’égalité hommes / femmes, notamment en convainquant les femmes portant le niqab de l’enlever. Loin de mettre le gouvernement au service d’une cause féministe qui n’aurait pas de couleur politique comme elle le clame, Sihem Habchi continue en réalité à livrer sur un plateau l’alibi féministe dont le racisme d’Etat est si friand.

Entre le style grande gueule pseudo popu de Fadela Amara, la posture belle-ingénue de Rama Yade et le registre séducteur mi odalisque, mi grande bourgeoise d’une Rachida Dati, Sihem Habchi est sans doute en train d’inventer une nouvelle figure de la femme racisée cooptée par l’homme blanc : la gentille fille simple, émotive, prête à laisser parler son coeur.

Comme ses aînées, elle sait jouer la beurette reconnaissante, mais prête à pousser un « coup de gueule » pour rappeler à la République que l’émancipation des filles des banlieues passe avant tout par la répression des « garçons arabes ». Elle manie très bien la langue de bois, celle des « valeurs qui nous rassemblent » et de la « lutte contre le communautarisme ». Chez Sihem Habchi, le joker de NPNS – évacuer toute discussion argumentée au nom d’un « terrain » que ses interlocuteurs/trices connaissent forcément moins bien qu’elle – n’est jamais loin. Elle connaît en outre la tactique éprouvée de ceux et celles qui sont passés du côté du pouvoir mais continuent à jouer la carte des outisders : se présenter comme une victime prête à tout subir – même les postes lucratifs et les subventions publiques ! – pour faire avancer la cause à laquelle elle s’est dévouée corps et âme. « Oui, je suis un peu tête brûlée », déclare-t-elle pour commenter son nouveau job chez Besson [1].

Surtout, personne avant elle n’avait su, avec une ferveur totalement dénuée de scrupules et un bluff hallucinant, jouer autant la femme soumise et fragile qui va chercher refuge dans les bras de la grande République virile. Bien avant d’être nommée « ambassadrice » de Besson (un mot qui en dit long sur la position subordonnée qu’accepte d’endosser l’association), Sihem Habchi avait offert, lors d’une audition devant la commission Raoult-Gerin consacrée au « problème de la burqa », une prestation étonnante. Pour tout dire, une performance, dans tous les sens du terme. Entre la séquence surprise (Sihem Habchi enlève sa veste, lors d’un striptease très, très peu féministe, pour dénoncer, épaules nues, la revendication de « pudeur » des femmes musulmanes) et la séquence émotion (Mademoiselle éclate en sanglots à l’évocation des « grands frères » que « la République » a laissé régner dans les « quartiers »).

Et pour que les places de chacun-e soient clairs, l’auditionnée affirme, éperdue de gratitude envers les députés résolus à sévir face aux femmes portant le niqab, que seule la France pourra résoudre le « problème ».

Une fois passées la sidération et une franche envie de rigoler devant tant de culot et un spectacle il faut le dire grand-guignolesque, la consternation l’emporte – mais aussi l’écœurement à voir le sourire de contentement d’un André Gérin conforté dans son rôle d’émancipateur des pauvres femmes aliénées.

Il faut pourtant absolument voir cette vidéo. Car elle en dit long sur ce à quoi est prête Sihem Habchi – pour le dire clairement : aux formes de servilité les plus antiféministes. Elle éclaire ainsi le tournant que marque cette convention passée avec le ministère de Besson, rappelons-le : « ministère de l’identité nationale ». Elle s’inscrit dans la continuité du « féminisme d’Etat », dont le gouvernement se sert pour justifier la répression dans les banlieues et les rafles et expulsions de sans-papiers. Un féminisme qui a su tracer la frontière entre deux zones géographiques :

d’une part les quartiers dit « sensibles » (fameux terme repris dans la convention signée par NPNS), minés par le sexisme et la violence faite aux femmes ;

d’autre part la République française où, pour reprendre l’expression de Sarkozy commentant l’agression de Scheherazade par un « individu pakistanais » en 2005, « les femmes sont libres ».

Depuis presque dix ans maintenant, l’opération idéologique fonctionne, et contribue à rendre invisibles les meurtres que les hommes bien de chez nous commettent contre les femmes bien de chez nous (près de 150 en 2009). Elle fait oublier aussi à quel point le démantèlement des droits sociaux auquel procède aujourd’hui le gouvernement s’adosse à une posture guerrière et viriliste. Mais aujourd’hui, NPNS a franchi un cran : après la nomination de Fadela Amara par Sarkozy, tout se passe comme si la République se constituait un bataillon de femmes racisées, prêtes à se faire, sur le terrain, les auxiliaires des services de police et du ministère de l’identité nationale.

On rétorquera que les futures ambassadrices seront là pour « éduquer » et « dialoguer », pour « convaincre » les femmes portant le niqab de l’enlever. Mais qu’est-ce donc que cette « éducation » quand la convention, dans la continuité du sinistre débat sur l’identité nationale, charge NPNS de faire la promotion des « valeurs de la République », supposées inclure l’égalité entre les hommes et les femmes ? Il y a peu de chance qu’elles parlent du sexisme qui sévit en toute impunité sur les trottoirs des centres-villes, à l’Assemblée nationale ou encore dans les médias. Loin de tout ça, on peut parier qu’elles iront docilement, conformément à la commande bessonienne, pointer du doigt « le communautarisme », « l’islamisme », et tous les « talibans des quartiers », pour reprendre l’expression d’André Gérin, qui servent de repoussoir pour tracer les contours d’une identité nationale nauséabonde.

Mais surtout, c’est bien l’arrivée de la police que les NPNS préparent en réalité, en jouant les « ambassadrices ». Ou plutôt devrait-on dire les missionnaires envoyées dans les banlieues que d’autres, par la force, se chargent de civiliser. Car enfin, que restera-t-il à faire pour transformer ces femmes en vraies « citoyennes » si elles ne l’enlèvent pas, leur burqa ? Tout bonnement leur envoyer la police pour leur coller une amende et les renvoyer à la maison. Et de fait, l’adhésion de Sihem Habchi à la répression des femmes au nom de leur émancipation (ou encore à leur exclusion pour lutter contre – dixit dit la convention – « les pratiques qui conduisent à leur exclusion » !) est très claire. Dans une comparaison plus qu’étrange mais assez éclairante sur les personnes qui sont, à ses yeux, les délinquantes à punir, elle déclare :

« Dans toutes les lois il y a des amendes. Quand vous grillez un feu rouge, vous avez une amende ».

Que les choses soient claires : dans cette affaire, c’est le racisme d’Etat, le racisme le plus odieux, le plus guerrier qui soit, celui de Nicolas Sarkozy et d’Eric Besson, qui doit être dénoncé en priorité. Mais parce qu’il prend les voies détournées de la rhétorique féministe, parce qu’il joue de la division des femmes et des féministes en achetant les unes pour mieux faire taire les autres, il importe de dénoncer Ni Putes Ni Soumises pour ce qu’elles sont : un appareil idéologique d’Etat. Et il devient urgent que toutes les féministes se rejoignent dans une claire dénonciation de cette sinistre collaboration.


Source: http://oumma.com

1 nov. 2010

80 000 euros destinés à Ni Putes Ni Soumises pour démasquer les « burqadées »

Il était question de faire de la pé-da-go-gie avant l’application de la loi contre le port du voile intégral dans l'espace public, qui interviendra le 11 avril 2011, la voici.

Quinze jours après la promulgation de ladite loi, Éric Besson, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, a donc choisi quinze « ambassadrices » issues du mouvement Ni Putes Ni Soumises (NPNS) pour aller prêcher la bonne parole.

À partir du 25 novembre prochain, elles iront « dans les quartiers les plus sensibles, afin de promouvoir la laïcité et l’égalité entre les hommes et les femmes, partout où elle est menacée », a déclaré le ministre mercredi 27 octobre.

Celles-ci « animeront des réunions et des débats locaux, dans les maisons de quartier » dans 13 communes d’Île-de-France et 9 grandes villes de province, mais aussi « dans les établissements scolaires » (qui a vu un voile intégral au sein de l’école ?) et « à la porte des appartements où la violence contre les femmes est la moins visible » (mais quelle femme porte un voile intégral à l’intérieur de sa maison ?).

Éric Besson entend ainsi lutter contre « l’expansion » du port du voile intégral, aujourd’hui estimé à 2 000, car, selon le ministre, il ne fallait pas attendre qu’« il y en ait 20 000, 200 000 » avant que la loi soit votée. Pour remplir leur mission salvatrice, les missi dominici républicaines de NPNS, issues pour la plupart de l’immigration (alors que nombre de femmes portant le voile intégral sont des françaises converties à l’islam), recevront le subside de 80 000 euros, par une convention annuelle signée avec le ministère.

Compte tenu de l’échec annoncé de cette campagne civilisatrice, observateurs et acteurs de terrain dénoncent déjà cette subvention déguisée offerte au mouvement fondé par Fadela Amara.

Source: www.saphirnews.com

14 oct. 2010

"Je me suis libérée sous ce niqab"

La compagne de Liès Hebbadj parle pour la 1ère fois depuis "l'affaire du niqab".

Elle est "la femme au niqab" de Nantes, l'épouse de Liès Hebbadj. Six mois après l'affaire, Sandrine Moulères sort de son silence dans une interview diffusée jeudi matin sur Europe 1. Elle s'est confiée à Marc-Olivier Fogiel à l'occasion de la sortie de son livre : Les boucs émissaires de la République, aux éditions Michalon.

Tout démarre d'un contrôle de la circulation

Entièrement voilée, elle était restée anonyme jusqu'à ce qu'elle convoque la presse à Nantes le 23 avril dernier. Aux côtés de son conjoint, Liès Hebbadj, elle dénonce devant les médias un contrôle de la circulation qu'elle juge abusif. Trois semaines avant, elle s'était fait verbaliser par les gendarmes qui estimaient que son voile intégral l'empêchait de voir et de manœuvrer correctement. Une polémique sur le port du niqab s'en était suivie.

"On a vécu un acharnement médiatique (...) c'est pour cela que j'ai écrit mon livre", témoigne-t-elle, avant d'ajouter : "c'est aussi une thérapie pour moi contre toute cette pression, puisque depuis 6 mois ce fut assez difficile".

Le niqab, "un choix personnel"

Sandrine Moulères réaffirme aujourd'hui que pour elle, porter le niqab est "vraiment un choix personnel". "Je ne me suis pas enfermée sous ce niqab, je me suis libérée sous ce niqab et j’ai eu un sentiment de joie immense", confie la jeune femme à Marc-Olivier Fogiel. Sandrine assure ne pas se sentir obligée de porter ce voile qui la cache : "le niqab, il faut le porter pour Dieu et pour personne d’autre."

Ecoutez un extrait de l'interview :

A l'époque où Sandrine se fait verbaliser, la classe politique est en plein débat sur "l'identité nationale" et le port du voile intégral. Depuis, la loi qui en interdit le port a été adoptée et validée par le Conseil Constitutionnel. Sandrine Moulères se dit "choquée" par cette loi. "Autant il est grave de forcer une femme à porter le niqab, autant il est grave de forcer une femme à lui enlever à partir du moment où il s’agit d’un choix personnel", explique-t-elle.

Pour la jeune femme, cette loi est "un pas en arrière". "On renforce la peur, on renforce la haine au lieu de rapprocher les peuples", estime-t-elle.

"Une polygamie choisie et sincère" plutôt que "subie et hypocrite"

Interrogée sur le fait que son compagnon, Lies Hebbadj, vive avec deux autres femmes, Sandrine Moulères assume entièrement la situation. "Je préfère une polygamie choisie et sincère plutôt qu'une polygamie subie et hypocrite, puisque dans notre société malheureusement on voit beaucoup d'hommes tromper leur femme", répond elle.

Un homme peut avoir plusieurs compagnes, mais l'inverse est-il aussi valable ? "Non", estime-t-elle, une femme ne peut avoir qu'un seul compagne, alors que la polygamie "est dans la nature de l'homme". "C'est ce qu'on voit dans dans notre société", poursuit-elle, avant d'ajouter "c'est quand même rare de voir un homme fidèle à sa femme toute une vie, cela relève quand même du miracle".


Source: www.europe1.fr