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21 avr. 2011

Islam/Immigration : Guéant poursuivi par SOS Racisme

Retour de bâton judiciaire pour Claude Guéant. SOS Racisme a annoncé mercredi avoir saisi la Cour de justice, pour la série de propos polémiques du ministre de l'Intérieur sur l'Islam et l'immigration. La Cour, seule institution habilitée à juger un ministre pour des infractions commises dans l'exercice de ses fonctions, devra dire si les sorties de Guéant relèvent bien de l'incitation à la discrimination raciale.

Pour SOS Racisme, la messe est dite. Les sorties du locataire de la place Beauvau s'inscrivent dans un discours récurrent « fondé pour l'essentiel sur la xénophobie et la discrimination », estime t-elle sur son site internet. L'association n'a pas digéré les propos du ministre tenus à Nantes le 4 avril : « En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 6 millions. L'accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème ».

Guéant, « ministre du FN »

Les reproches portent également sur le terme de « croisade », utilisé par Claude Guéant pour évoquer l'intervention occidentale en Libye, et sur une déclaration faite au Monde le 15 mars, selon laquelle les Français « veulent que la France reste la France ». Outre SOS Racisme, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, l'association « SOS Soutien ô sans papiers » et un élu local ont annoncé leur intention de porter plainte contre l'ex-secrétaire général de l'Elysée.

L'opposition de gauche, elle, estime que Claude Guéant est le maître d'oeuvre d'une droitisation de la majorité. Il avait été qualifié de « ministre du FN » le 9 avril par Jean-Marc Ayrault, le chef de file des socialistes à l'Assemblée nationale.


Source : /www.francesoir.fr/

9 avr. 2011

La diabolisation de l'islam est une impasse

Nicolas Sarkozy avait voulu faire de l'Union pour la Méditerranée (UPM) un élément essentiel de la crédibilité internationale de la France, notamment dans son "dialogue" avec les pays du Sud. Après deux ans d'errements et d'improvisations, cette institution a montré ses limites. Ce fiasco était prévisible. Dès sa conception, l'UPM souffrait de trois grands paradoxes.


La première contradiction réside dans la méthode : à vouloir faire cavalier seul et s'attribuer la réussite du projet, le président s'est disqualifié en ne jugeant pas nécessaire de convaincre ses partenaires européens, et en particulier l'Allemagne, de la pertinence de l'enjeu méditerranéen. Cette obsession à tout s'approprier, à faire des coups médiatiques au détriment d'une véritable politique, est contraire à l'intérêt général.

Deuxième paradoxe : la politique intérieure du gouvernement s'oppose à un projet méditerranéen. N'est-il pas en effet contradictoire de parler d'"union de projets", de "dialogue des civilisations", de "ponts à construire", tout en s'érigeant en citadelle ? La énième loi sur l'immigration contribue, une fois encore, à faire de l'étranger un délinquant.

Au-delà de la question migratoire, comment nouer une alliance fondée sur la confiance avec ces pays tout en stigmatisant, jour après jour, les Français de tradition arabo-musulmane qui vivent sur votre sol ? Ceux-là mêmes qui possèdent toujours des liens très forts avec l'autre rive. La refondation de l'UPM va percuter, avec fracas, le débat voulu par le parti du président sur - ou plutôt contre - l'islam.

Car, en France, le musulman est devenu la nouvelle figure de l'Autre. Les petits fils d'immigrés, nés français, sont désignés comme "musulmans" pour mieux les enfermer dans une identité allogène et forcément pathogène. Pour Nicolas Sarkozy, le musulman devient, face à la surenchère électoraliste imposée par le Front national, un enjeu qu'il suffirait de triturer habilement pour en faire une martingale en vue des prochaines élections.

Défiance grandissante

Sa croisade a commencé dès 2007, elle s'est poursuivie avec la création du ministère de l'identité nationale et du funeste débat du même nom, avant de se décliner dans des polémiques autour de la burqa, des minarets et de la nourriture halal. C'était faire injure à ces millions de citoyens qui vivent leur foi en toute discrétion et tranquillité, en parfaite cohérence avec la laïcité.

Cette diabolisation de l'islam, ces éructations répétées contre une foi et une spiritualité sont contraires à notre conception de la laïcité et constituent autant d'humiliations aux conséquences corrosives pour le vivre-ensemble et l'image de la France. Faut-il rappeler que les jeunes de la rive sud vivent la démocratie par procuration en suivant avec avidité la vie politique française ? Les propos, agissements et décisions de nos responsables sont commentés en temps réel sur les réseaux sociaux, dont on connaît le rôle déterminant dans le déclenchement du "printemps arabe".

Le troisième paradoxe repose sur une erreur majeure dans l'analyse de l'évolution politique des pays de la rive sud. Obsédé par l'intégrisme, le gouvernement français a cautionné la privation des libertés dans les pays du Sud en soutenant des régimes autoritaires et déconnectés des peuples. D'ailleurs, la France, et elle n'est pas la seule en Europe, s'est faite la complice de la théorie selon laquelle la foi musulmane serait incompatible avec la démocratie. Aujourd'hui, cette vision fantasmée et anxiogène de l'islam et des musulmans justifie, dans les pays du Sud, une défiance grandissante à l'égard de la France.

En définitive, l'Union pour la Méditerranée est une belle idée gâchée qu'il faudra nécessairement repenser. La vision française sur le sujet, en plus d'être paradoxale, est schizophrène : elle est lyrique et grandiloquente dans ses discours, et paranoïaque dans ses actes. La dichotomie entre politique intérieure et politique étrangère n'est plus acceptable.

Dans l'immédiat, il est indispensable de soutenir les sociétés civiles de la rive sud qui expriment avec une vitalité et une conviction insoupçonnées leurs aspirations démocratiques. Il convient de leur proposer les outils de cette émancipation afin qu'elles s'approprient les processus démocratiques en renforçant les mécanismes de financement européens dédiés.

Enfin, il est urgent et salutaire d'ouvrir une séquence positive avec nos citoyens de tradition arabo-musulmane car ils seront les meilleurs passeurs vers la rive sud.

Bariza Khiari, sénatrice de Paris, vice-présidente de l'Assemblée des parlementaires de la Méditerranée

Article paru dans Le Monde l'édition du 09.04.11

7 avr. 2011

"Lepénisation des esprits" : ceux qui soufflent sur les braises

Ils sont intellectuels, avocats, politiques. Leurs obsessions identitaires ou leurs arrière-pensées électorales contribuent à une "marinelepénisation" des esprits. Portraits

Philippe Bilger : Avocat général près la cour d'appel de Paris, tient un blog où il réagit à l'actualité notamment concernant les débats sur la laïcité et l'islam.

Il y écrit par exemple que les propos de Claude Guéant sur les musulmans sont "d'une banalité qui n'aurait pas dû soulever la moindre polémique". Car "qui dans tel ou tel quartier de Paris […]n'a jamais eu cette impression d'être confronté à des existences notamment d'origine maghrébine et africaine qui, par leur nombre et leur densité, en un espace donné, constituaient la France comme un pays étrange, presque étranger, à tort ou à raison, et les Français comme des visiteurs dans leur propre pays". Il appelle à la création de l'UMP-FN. "Pourquoi ne pas constituer le FN comme un courant extrême de l'UMP?".

Eric Zemmour : A 52 ans, il cumule les postes entre la presse écrite (Le Figaro), la radio (RTL) et la télévision (France 2 et i-Télé), excellant dans les numéros de duettiste où il tient volontiers le rôle du méchant.

Ce qu'il a déclaré :

- "Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois? Pourquoi? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait". (Canal +)

Sur France Ô, le même jour, il avait estimé, en réponse à une question qui lui était posée, que les employeurs "ont le droit" de refuser des Arabes ou des Noirs. Il sera condamné pour pour provocation à la discrimination raciale en raison de cette dernière phrase.

Gilbert Collard : Avocat au barreau de Marseille, qui fût l'avocat de Marine Le Pen, écrit dans un texte intitulé "Le mal du pays" : "Trop de crachats impunis ont depuis des années souillés d'humiliations notre histoire […] l'hymne sifflé, le drapeau transformé en torche-cul, notre langue estropiée, abandonnée, notre passé toujours en procès, notre diplomatie démonétisée, notre culture judéo-chrétienne tournée en dérision".

Marine Le Pen est "la seule qui ose exprimer heut et fort le non-dit d'une France exaspérée".

Denis Tillinac : Ecrivain corrézien et chiraquien, chroniqueur à Valeurs Actuelles. Le 5 mars, il écrit "Nul n'ignore les risques de guerre civile, larvée ou déclarée, quand les minorités visibles –où moins visibles- auront pour elles la force du nombre".

Politiques

Claude Guéant : Le nouveau ministre de l'Intérieur a suscité ces derniers jours de multiples polémiques. Moins d'un mois après son arrivée place Beauvau, Claude Guéant essuie jour après jour des attaques redoublées, avec des déclarations sur "l'immigration incontrôlée", puis sa présentation des résultats des cantonales et l'emploi du mot "croisade" dans le dossier libyen.

A la veille du débat sur la laïcité et l'islam que "l'accroissement du nombre de fidèles [musulmans] et d'un certain nombre de comportements posent problème". Il a aussi déclaré que les usagers de certains services publics "ne doivent pas porter de signes religieux", ni "manifester une quelconque préférence religieuse", en particulier à l'hôpital ou à l'école.

Patrick Buisson : Directeur général de la chaîne histoire, Patrick Buisson est aussi le conseiller de Nicolas Sarkozy depuis 2005. Ancien directeur de la rédaction de Minute puis Valeurs actuelles, il avait aidé en 2007 le candidat UMP à siphonner les voix du FN et à attirer les classes populaires.

Paul-Marie Couteaux : Souverainiste, proche de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers, plume de Philippe Séguin et soutien de Jean-Pierre Chevènement en 2002, il appelle à une union de tous les "patriotes" (FN et une partie de la droite) avant les législatives de 2012.

Luc Ferry : Ancien ministre de l'Education, ami de Carla Bruni et nommé par Nicolas Sarkozy au Comité national d'Ethique, le philosophe avait expliqué lors d'un passage sur LCI le 17 décembre dernier qu'il préférait Marine Le Pen à Olivier Besancenot : "Elle est plus raisonnable et moins dangereuse…au moins elle est républicaine, démocrate…"



Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

28 mars 2011

Un ex-conseiller de Sarkozy appelle les musulmans à porter une "étoile verte"

PARIS — L'ex-conseiller à l'Elysée chargé de la Diversité Abderahmane Dahmane a appelé lundi les musulmans à porter une "étoile verte" pour protester contre le débat sur la laïcité et l'islam voulu par l'UMP.

"L?étoile verte est le signe vestimentaire que les musulmans de France ont décidé de porter pour demander l'annulation du débat sur l'islam et la fin de l?islamophobie de l?UMP de M. Copé (Jean-François)", selon un communiqué reçu à l'AFP. Le 10 mars M. Dahmane avait qualifié de "néo-nazis" les promoteurs du débat.

Le texte est signé de M. Dahmane, en tant que président du Conseil des démocrates musulmans de France, et Hassan Ben M'Barek, porte-parole de Banlieues Respect qui se présente comme un collectif d'associations mais dont l'influence semble limitée.

"Face à une idéologie qui consiste à expatrier par bateau des contingents entiers de citoyens français vers l'expatriation, contre une islamophobie galopante et le règne de l?un contre l'autre, pour une république une et indivisible" et "parce que subir suffit, parce qu'il n'est plus question de continuer à ne plus être, parce que le vivre-ensemble dans nos choix est un avenir choisi", les signataires pévoient de lancer l'opération lors d'une conférence de presse mardi à 11H00 sur le parvis de la Grande mosquée de Paris.

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé lundi, lors d'une réunion avec les dirigeants de l'UMP, qu'il fallait que le débat sur la laïcité "ait lieu" alors que le porte-parole du gouvernement François Baroin avait assuré plus tôt dans la matinée qu'il fallait "certainement mettre un terme à tous ces débats".

Abderahmane Dahmane, ancien secrétaire national à l'UMP, a été limogé de son poste à l'Elysée le 11 mars après avoir sévèrement critiqué la veille le débat, le qualifiant de "peste pour les musulmans" et traité M. Copé de "néo-nazi".

Le port de l'étoile jaune a été imposé aux juifs français et étrangers vivant en France par les occupants allemands à partir de juin 1942.


Source : AFP

26 mars 2011

Un médecin refuse d'ausculter un patient car... musulman !

La sortie du Ministre de l'Intérieur sur une éventuelle interdiction des signes religieux portés par les usagers du service public, y compris à l'hopital, risque de conforter certains médecins dans leurs pratiques illégales de ne pas ausculter les patients musulmans.

Un nouveau signalement relatif aux pratiques discriminantes au sein du corps médical est parvenu cette semaine au Collectif Contre l’Islamophobie en France. Un médecin exerçant dans le Val de Marne a refusé d’ausculter un homme du fait de son appartenance religieuse qui se voyait trop à son goût.

Arrivé à l’heure et bien reçu par la secrétaire, le jeune homme remplit le dossier en attendant d’être reçu par le médecin. Dès qu’il entre dans le cabinet de ce dernier, plusieurs remarques humiliantes se succèdent sur sa tenue (qamis) et sa barbe. Le jeune homme de confession musulmane, ne souhaite pas envenimer une situation qu’il ne comprend pas et demande si la tenue dérange au point de ne pas être ausculté. Un cinglant « oui » du praticien, le poussera à partir sans délai.

Le C.C.I.F, contacté par cette victime de la surenchère islamophobe, qui pousse même les personnes qui ont fait serment de soigner tous les êtres humains, sans distinction aucune, à enfreindre la loi, va saisir le Conseil de l’Ordre des Médecins afin que des sanctions exemplaires soient prises.

Une plainte a d’ores et déjà été déposée par la victime à laquelle ne manquera pas de se joindre le CCIF.

Pasteur disait : "Je ne te demande ni ta race, ni ta religion, ni tes origines, mais quelle est ta souffrance".

Nous constatons depuis le débat qui a donné lieu à la loi liberticide sur le port du voile intégral, une explosion de l’islamophobie dans toutes les sphères de la société. Le corps médical est loin d’être épargné car plusieurs plaintes nous sont parvenues, dénonçant des pratiques inadmissibles qui peuvent mettre en danger la vie humaine. Tout cela du fait de la religion des patients.

Les sorties irresponsables de M. Guéant ne vont pas manquer d’accentuer cette spirale de l’hostilité et de la haine envers les musulmans.

Une nouvelle fois, les multiples débats autour de l’Islam, amènent les conséquences dramatiques sur lesquelles nous alertons depuis trop longtemps.

Le président de la République, le gouvernement ignorent superbement ces victimes depuis des années. Pire, ils attisent le climat islamophobe ambiant, et certains membres de ce gouvernement n’hésitent pas, sciemment ou insidieusement, à les désigner à la vindicte populaire.

Ils auront tôt ou tard, eux qui piétinent des principes et des droits acquis au prix du sang, à répondre de leurs actes. Si la justice n’en est pas le maître d’œuvre, ce sera l’histoire.

Quant à vous musulmans, debout ! Il est temps d’exister, de relever la tête, de recouvrer votre dignité, d’extirper de vous ce complexe qui vous interdit de dénoncer tous les méfaits dont vous êtes victimes.

Pour cela, outre vos ressources spirituelles, deux voies s’offrent à vous : la saisine de la justice et la sanction de l’urne. Saisissez-vous-en ! Tous vos adversaires, en vous voyant devenir une force électorale, réfléchiront par deux fois avant de vous fustiger comme c’est pour l’heure le cas.

Collectif Contre l'Islamophobie en France

21 mars 2011

Jupe et string obligatoires

Par Alain Gresh

Il fut un temps, pas si lointain, où les jeunes filles de notre douce France fréquentaient des lycées (non mixtes) en jupe, les pantalons leur étant strictement interdits. Les temps ont bien changé. Aucune tenue ne choque plus personne.

Pourtant, la tenue des jeunes filles semble redevenir un enjeu majeur : à partir de quelle longueur de robe celles-ci sont-elles vraiment « libérées » ? Faut-il montrer ses genoux pour faire la preuve que l’on est « libérée » ? Ou bien la mini-jupe serait-elle le seul signe de « libération » ? Ces angoissantes questions hantent l’administration d’un lycée de la région parisienne.

Comme le rapporte un communique du Collectif contre l’islamophobie en France (« Des lycéennes convoquées pour... port de robe longue unie ! ») :

« Après les propos nauséabonds de Marine le Pen sur les prières musulmanes, après l’ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses avec le débat sur l’Islam, après la sortie scandaleuse du ministre de l’Education Nationale sur les mères musulmanes accompagnant les sorties scolaire, c’est au tour du Lycée Auguste Blanqui, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) d’être le théâtre d’un nouveau scandale islamophobe. Depuis quelques jours, plusieurs lycéennes sont convoquées, l’une après l’autre, par la proviseure adjointe et la CPE, parce qu’elles portent…une robe longue unie ! »

Le site Soutien Palestine (« Musulmanes, ôtez cette robe longue qui nous insupporte », 15 mars) rapporte le témoignage de ces jeunes filles :

« Ce mardi matin, une élève de seconde est venue à la rencontre d’une autre jeune fille scolarisée pour sa part en classe de terminale, afin de lui faire part de ce qu’elle avait péniblement vécu vendredi dernier au sein de l’établissement. Celle-ci lui a rapporté avoir été convoquée par la proviseure adjointe du lycée ! L’objet de cette convocation était la ferme condamnation du vêtement portée par cette élève, à savoir une longue robe unie ! La proviseure adjointe lui a signifié qu’au nom du règlement intérieur de l’établissement qui applique le principe de laïcité en vigueur en France, elle ne pouvait pas arriver ainsi vêtue au sein de son établissement scolaire ! Explication de la proviseure : “Cette jupe longue ne peut être considérée que comme un vêtement ostentatoire, un signe religieux manifeste” !!! » (...)

Plus tard, dans la matinée, une jeune fille de terminale a été convoquée alors qu’elle était en cours de philosophie. « Première convocation durant toute sa scolarité au bureau d’un proviseur ! Sont présentes dans le bureau, la proviseure adjointe et la CPE. Motifs avancés ? Les mêmes que ceux présentés la semaine dernière pour la jeune fille de seconde. Le déroulé de cette rencontre : “Si je te convoque, c’est à cause de ton vêtement. Voilà, je te lis le passage du règlement intérieur sur la laïcité.” Mme la proviseure adjointe faisant remarquer que la robe longue de la jeune fille faisait référence à une religion, qu’il permettait de déterminer de quelle religion elle était, et que elle, Mme la proviseure, savait très bien pourquoi elles, toutes ces jeunes filles, portaient ce type de vêtements etc. etc. Et la jeune fille de répondre que non, il ne s’agit pas d’un vêtement religieux. Et la CPE, assez silencieuse pendant tout l’entretien, de reprendre : “Oh que si !” »

« Au cours de cette séance qu’elle a qualifiée de “violente moralement”, la jeune fille a remarqué qu’il y avait devant la proviseure une feuille sur laquelle était écrit une liste de noms de filles, dont le sien, censées subir ce même entretien. La jeune fille a demandé à la proviseure à partir de quels critères cette liste de noms de filles musulmanes avait-elle été constituée ; on lui a répondu que cela ne la regardait pas. La réalité que les jeunes filles nous ont expliquée aujourd’hui est que l’administration surveille de très près les élèves qui portent le voile à l’extérieur de l’établissement et qui sont obligées de l’enlever à l’entrée du lycée ! Similitude frappante et déconcertante avec la surveillance engagée envers les personnes que l’on soupçonnait d’être juives à une certaine époque dans notre pays. » (...)

(...) « Un certain nombre de jeunes filles qui ont eu vent de cette affaire ont refusé d’aller en cours disant que l’urgence était de débattre de ces faits qui ont provoqué chez elles une très grande indignation. Elles se sont rendues en salle de permanence afin de pouvoir en débattre entre elles. Peu de temps après, sont arrivées les trois CPE de l’établissement, la proviseure et la proviseure adjointe. Message envoyé à toutes les rebelles : toutes celles qui étaient en retard à leurs cours ou celles qui avaient décidé de ne pas s’y rendre devaient les suivre ! »

« Les jeunes filles sont donc conduites dans une des salles du lycée ; ce n’est pas un débat qui aura lieu mais bien un “monologue”, selon elles, durant lequel les cheffes auront tout le pouvoir de faire savoir à celles qu’elles qualifient “d’insolentes”, “d’immatures”, ce qu’elles pensent de ces vêtements qualifiés de religieux. “Que signifie donc cette rébellion ?”, “Comment peuvent-elles oser ?” “Ces vêtements sont interdit un point c’est tout ; c’est la laïcité, c’est le règlement… Et être habillées de la sorte est ostentatoire”, a déclaré religieusement Mme la proviseure, nouvelle ambassadrice de la religion laïque au sein de cet établissement. Que “décidément ce n’est pas un style que d’être vêtues de la sorte”. Que “regardez-moi avec ma veste et mon jean”, ça c’est un style !” “Ah bon vous êtes styliste ?”, rétorque, agacée, une des jeunes filles présentes. Silence de la proviseure. Et plus le temps passe, plus les cheffes à cours d’arguments commencent à s’enliser. “Comment ça se passe quand c’est la mode des jupes longues ?” demandent les élèves. “Elles ont droit ou pas le droit, les filles, de les porter ?” “Vous savez bien que ce n’est pas la même chose ! En haut elle porte un petit chemiser, un petit tee-shirt avec des bretelles ; ce n’est pas la même chose !” “C’est ce vêtement tout noir.” “Ah bon ! C’est la couleur maintenant qui vous pose problème ?!”... »

Le lendemain s’est déroulée une autre réunion, avec les parents des élèves, tout aussi hallucinante (« Dis-moi ton prénom, et je te dirai si ta robe longue est ostentatoire ! », 16 mars), d’où il ressort que les jeunes filles concernées seront confinées au CDI, en attendant que la hiérarchie tranche... Exclure, exclure, exclure. Au nom de la laïcité, en plus...

Ce qui indigne l’animatrice du site féministe décapant Les Entrailles de Mademoiselle, qui, dans un billet intitulé « Sois blanche et tais-toi ! » (17 mars), écrit :

« Ne pourrait-on pas demander à ces jeunes femmes de changer de prénom, afin de s’appeler Caroline, “comme tout le monde” ? Ne pourrait-on pas demander à ces jeunes femmes d’arborer un épiderme bien blanc, “comme tout le monde” ? »

« Parce que, comme le dit Môssieur Guéant, “Les Français (...) ne sont pas xénophobes. Ils veulent que la France reste la France.” (Le Monde du 15 mars 2011). »

« Ah, la France éternelle, son pâté, son camembert, ses colonies... »

« Mademoiselle pense donc qu’il faudrait de toute urgence légiférer de manière à rendre obligatoire le port de signes ostensible de francitude. Ainsi, tout(e) lycéen(ne) désireux(se) de montrer son amour de la Patrie et de la Laïcité devrait désormais venir au lycée en arborant :

Un jambon beurre et sa serviette à carreaux »

Dans le climat nauséabond du débat sur l’islam, les mesures de ce type se multiplient et contribuent à créer les conditions d’une progression de Marine Le Pen. N’est-ce pas le ministre de l’éducation Luc Chatel, qui a pris une décision héroïque et a interdit aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires – décision qui sera sans doute contestée devant le Conseil d’Etat (lire Stéphanie Le Bars, « Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires », LeMonde.fr, 3 mars). Cette décision aura au moins un effet positif : renvoyer dans leurs foyers ces femmes qui cherchent à s’intégrer aux activités scolaires, un pas décisif dans la voie de leur émancipation.

Quant à l’égalité hommes-femmes, elle pourra toujours attendre dans un pays où 85% des députés sont des hommes, où l’inégalité des salaires est flagrante, où la violence contre les femmes persiste.


Source : http://blog.mondediplo.net

28 nov. 2010

La Suisse approuve l'expulsion des criminels étrangers

Les Suisses ont approuvé dimanche l'initiative de la droite populiste sur l'expulsion automatique de criminels étrangers, un vote qui suscite déja de vives réactions d'indignation, un an après l'interdiction de construction des minarets.

Selon un décompte des voix définitif dans les 26 cantons de la Confédération, le oui en faveur du durcissement de la politique de renvoi pour les criminels étrangers l'emporte avec 52,9% des voix contre 47,1% de non.

Le contre-projet présenté par le gouvernement a quant à lui été repoussé à 54,2%.

Seuls les électeurs de cantons essentiellement francophones dont Genève, le Jura, Bâle-Ville, Fribourg, Vaud et Neuchâtel, ont dit non au tour de vis réclamé par le parti de droite dure, l'UDC.

Le renvoi des criminels étrangers est déjà possible en Suisse sous certaines conditions mais le texte proposé par l'UDC va plus loin en proposant un retrait automatique du droit de séjour des étrangers inculpés sans prendre en compte la gravité des délits, le renvoi fonctionnant autant pour des crimes graves que pour les cas d'«abus de l'aide sociale».

«Journée noire pour les droits humains», dit Amnesty International

Le vote a été immédiatement qualifié de «journée noire pour les droits humains en Suisse» par Amnesty International.

La Section suisse de l'organisation s'est déclaré profondément choquée par le résultat du scrutin. «Des dispositions violant les droits humains n'ont rien à faire dans notre Constitution. Les initiants ont une nouvelle fois abusé du droit d'initiative dans le but d'augmenter leur capital politique par des propos xénophobes», indique l'ONG dans un communiqué.

Les Verts se sont quant à eux déclarés «consternés de devoir constater une nouvelle violation du principe d'égalité devant la loi inscrit dans la Constitution fédérale».

«C'est un jour très noir pour la Suisse car on a heurté une grande partie de la population étrangère de notre pays à qui on a manqué de respect», a commenté pour sa part le secrétaire général de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), Beat Meiner interrogé par l'AFP.

«Si on l'applique, on aura de gros problèmes avec l'Union européenne qui n'acceptera jamais» qu'on renvoie ses ressortissants. «On va être condamné par le Conseil de l'Europe à chaque fois que l'on voudra renvoyer un étranger pour une bagatelle», a-t-il dit.

Pratiquement un an jour pour jour après l'interdiction de la construction des minarets dans la Confédération, l'UDC s'est pour sa part félicité des résultats du vote.

«C'est un premier pas sur la voie de la sécurité qui démontre la préoccupation de la population à l'égard de la politique d'émigration de la Suisse», indique le parti dans un communiqué.

Campagne publicitaire xénophobe

La campagne de l'UDC a été de fait soutenue par une débauche d'affiches ouvertement xénophobes dans un pays qui compte 21,7% d'étrangers. «Ivan S., violeur et bientôt Suisse?», proclamait l'une d'entre elle sur un profil de moustachu musclé à mine patibulaire.

Le Conseil Fédéral (gouvernement) a indiqué pour sa part à Berne que la «majorité des votants ont clairement exprimé que la criminalité des étrangers est pour eux un problème sérieux» et «exécutera le mandat qui lui a été confié».

Néanmoins la ministre de la justice Simonetta Sommaruga a tenu à rappeler que les étrangers «fournissent une contribution essentielle à la vie économique, sociale et culturelle du pays».

Le deuxième sujet de la votation de dimanche, une initiative du PS «Pour des impôts équitables» dans un pays considéré comme un havre fiscal a été pour sa part plus largement rejetée avec 58.5% des voix.

Cette initiative était réclamée par le parti socialiste pour mettre un terme à la concurrence fiscale entre cantons cherchant à attirer les grosses fortunes.


Source: www.cyberpresse.ca

26 nov. 2010

Amine "l'auvergnat" accuse Brice Hortefeux de racisme


Le jeune militant UMP confirme dans un livre choc avoir bel et bien été victime d'une blague raciste de la part du ministre de l'Intérieur.

A la surprise générale, Amine Bénalia-Brouch sort de son silence. Dans ses Confessions d'un Sarkozyste repenti - à paraître jeudi - l'ancien militant confesse un secret jusqu'à présent parfaitement dissimulé.

Lui qui avait été victime d'une blague, jugée raciste, de Brice Hortefeux, lors de l'Université d'été de l'UMP, le 5 septembre 2009, revient sur sa position d'alors - où il soutenait le ministre. Un revirement inattendu, dans la mesure où il l'avait jusqu'à présent toujours défendu.

"Des pressions et manipulations de l'UMP"

Ce mercredi, Amine Bénalia-Brouch dévoile en avant-première dans le Parisien l'envers du décors. Il dit avoir fait l'objet d'une "manipulation", de "pressions" de la part de dirigeants de l'UMP. Il relate que l'une des responsables de la fédération des Landes lui a "dicté" sa manière de faire front au scandale. "Tu vas leur expliquer que les propos sont sortis de leur contexte. Qu'on parlait des Auvergnats", lui aurait-elle soufflé.

Le jeune homme prétend regretter son attitude, en avoir honte. "Une fois la polémique retombée, je me suis senti sale. J'ai toujours pensé que cette phrase était raciste", confie-t-il.

D'après Amine, Edouard Courtial, le secrétaire national aux fédérations et aux adhésions de l'UMP, l'aurait incité à réaliser la vidéo dans laquelle il réaffirmait son soutien - dans le but de le "dédouaner" - à Brice Hortefeux.

Une passion intacte pour la politique

A l'origine du propos polémique, le ministre de l'Intérieur aurait également donné ses consignes, en lui demandant de ne pas faire trop de bruit autour de cette affaire. "Moins il y aura de déclarations, mieux ce sera", aurait-il glissé à Amine.

Ces révélations, si elles sont avérées, pourraient à nouveau mettre à mal la réputation du ministre. D'autant plus que ce dernier, bien qu'il n'ait pas été poursuivi par l'ancien militant UMP, a été condamné en première instance, en juin dernier, à la suite d'une plainte déposée par le Mrap, par le Tribunal correctionnel de Paris pour "propos outrageants".

Amine avait déjà amorcé au mois d'août son divorce avec l'entourage de Brice Hortefeux, en quittant le parti présidentiel, mécontent du tournant sécuritaire opéré par le gouvernement Sarkozy. Mais ce dernier n'est pas pour autant dégoûté de la politique. Il envisage même de rejoindre le mouvement de Dominique de Villepin.

Pour l'heure, Amine réclame un geste de la part du ministre de l'Intérieur. "J'aimerais que [Brice Hortefeux] me présente des excuses. Pour moi et pour ceux qui se sont sentis blessés".


Source: www.lexpress.fr

23 nov. 2010

La religion musulmane, facteur discriminant à l'embauche en France


En France, pour les candidats à l’embauche, un patronyme à consonance musulmane sur le CV est un obstacle pour obtenir un entretien, démontre un test réalisé par trois chercheurs.


Marie Diouf et Khadija Diouf sont toutes deux à la recherche d’un emploi. Même âge, mêmes compétences, parcours similaire, et pourtant : la première a 2,5 fois plus de chances de décrocher un entretien après l’envoi de son CV, montre une étude menée en France publiée par la revue de la Société américaine des sciences.

La méthode dite du testing utilise l’envoi de CV fictifs pour vérifier dans le monde réel les facteurs de discrimination à l’embauche. Quelques études réalisées en France ont par exemple testé les effets du lieu de résidence, de la nationalité ou du nom de famille sur l’accès à l’emploi. Les noms maghrébins réduisaient les chances par rapport à un nom typiquement hexagonal.

Claire Adida (Université de Californie, USA), David Laitin (Université de Stanford, USA) et Marie-Anne Valfort (Université Panthéon-La Sorbonne) ont voulu testé uniquement le facteur religieux.

Distinguer religion et origine géographique

Cependant, il est difficile de différencier la religion du pays d’origine dans le cas de l’immigration magrébine, soulignent ces trois chercheurs. Ils se sont donc intéressés à certains immigrés sénégalais, issus des peuples Joola et Sérère, qui comptent dans leurs rangs à la fois des musulmans et des chrétiens.

Laitin et ses collègues ont bâti deux CV fictifs, avec des compétences et des expériences équivalentes, pour deux jeunes filles de 24 ans, Marie Diouf et Khadija Diouf, toutes deux de nationalité française. En plus des prénoms, les chercheurs ont ajouté une connotation religieuse dans leurs activités ; la première a fait du bénévolat auprès du Secours catholique, la seconde avec le Secours islamique. Un troisième CV sert de référence : il est établi au nom d’Aurélie Ménard, toujours à compétences égales, sans référence à aucune religion dans ses activités.

21% contre 8%

Les CV ont été envoyés par paire (Aurélie/Marie ou Aurélie/Khadija) en réponse à des offres de Pôle emploi au printemps 2009. Les chercheurs ont ensuite comparé le pourcentage de demande d’entretien pour l’envoi de chaque CV. Résultats : quelle que soit la paire reçue par l’employeur, le retour est le même pour Aurélie Ménard (25 et 27%). En revanche Marie et Khadija n’ont pas les mêmes chances de décrocher un entretien : le taux de retour positif est de 21% pour Marie Diouf et de 8% pour Khadija. Autrement dit pour 100 réponses positives reçues par Marie, Khadija en reçoit 38, soit 2,5 fois moins. Qu’il y ait une photo ou non sur les CV (la même) ne change rien, alors qu’elle pourrait montrer au recruteur que Khadija n’affiche aucune signe religieux dans ses vêtements.

Effet sous-estimé?

Ces résultats montrent donc bien un effet discriminatoire de l’appartenance religieuse pour les enfants (français) issus de parents immigrés musulmans, analysent les auteurs de l’étude, publiée cette semaine dans les PNAS. Ils sont sans doute en-dessous de l’ampleur réelle de la discrimination, estiment les auteurs, sachant que dans la mentalité française les Sénégalais sont moins fortement liés à l’islam que les Nord-Africains. L’effet serait sans doute plus fort avec des patronymes à consonance magrébine.

Source: www.sciencesetavenir.fr

La discrimination pénalise de 15% le revenu des musulmans, selon une étude


La discrimination religieuse en France a pour résultat que le revenu moyen des immigrés musulmans est de 15% inférieur à celui de ceux de religion chrétienne, selon une étude américano-française publiée lundi et menée auprès d'immigrés sénégalais de seconde génération.

Ces chercheurs ont conduit une enquête auprès de 511 enfants d'immigrés sénégalais chrétiens et musulmans qui vivaient en France en 2009. Ils ont montré qu'au sein de ce groupe, les musulmans gagnaient en moyenne 400 euros de moins par mois (15%) que ceux appartenant à la communauté chrétienne.

Les auteurs de cette étude relèvent en outre que leurs travaux pourraient avoir sous-estimé le degré de discrimination visant les musulmans en France car une partie de la population française n'associe pas les Sénégalais à l'islam.

Ils ont également testé les réponses des entreprises françaises à des candidats fictifs soumettant un CV virtuellement identique qui se différenciait seulement par l'appartenance religieuse.

Ces chercheurs ont ainsi envoyé plusieurs centaines de CV identiques à l'exception du nom et de deux autres indices de l'appartenance religieuse.

Pour différencier l'influence de la religion d'autres facteurs comme le pays d'origine, les auteurs de l'étude s'en sont tenus à des familles, chrétiennes et musulmanes, venant toutes du Sénégal.

Ils ont constaté que pour 100 réponses positives pour un entretien obtenues par une demandeuse d'emploi fictive, chrétienne et d'origine sénégalaise appelée Marie Diouf, celle de confession musulmane, appelée Khadija Diouf n'en a reçu que 38, soit deux fois et demie moins.

L'expérience des CV "nous a permis d'identifier statistiquement et de façon substantielle une discrimination religieuse dans au moins un secteur du marché du travail, à savoir le secrétariat et la comptabilité", écrivent les chercheurs dont la communication paraît dans les Annales de l'Académie nationale américaine des Sciences (PNAS) datée du 20-26 novembre.

"Ceci montre une des causes potentielles expliquant pourquoi les descendants de la première génération d'immigrants sénégalais musulmans en France dans les années 70 ont moins réussi économiquement que ceux de confession chrétienne", ajoutent-ils.

Les chercheurs ont également avancé plusieurs hypothèses pour expliquer cette différence, comme la sympathie naturelle ressentie par les Français de souche --dont les quatre grands-parents sont nés en France-- envers des immigrants ou des descendants d'immigrants partageant la même tradition religieuse.

Les Sénégalais chrétiens pourraient, du fait de leur appartenance religieuse, susciter une plus grande confiance et mieux communiquer leur désir d'intégration et de réussite que les immigrants sénégalais musulmans, supputent aussi les chercheurs.

Enfin, les pratiques culturelles des musulmans pourraient être perçues par les employeurs français comme conduisant à être moins engagés dans leur travail, relèvent-ils également.

L'étude intitulée "L'intégration en Europe: identification d'un effet musulman" ("Integration into Europe: Indentifying a Muslin effect") a été menée par Claire Adida et David Laitin, de l'Université Stanford (Californie) ainsi que par Marie-Anne Valfort, de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.


Source: AFP

20 nov. 2010

Le FN réutilise ses affiches interdites

Jean-Marie Le Pen est apparu aujourd'hui sur son blog vidéo devant une affiche controversée dénonçant l'islamisme, mais barrée cette fois par la mention "censuré par le gouvernement Sarkozy", pour protester contre les poursuites judiciaires dont fait l'objet le parti.

Carte de France recouverte d'un drapeau algérien, missiles en forme de minarets, femme intégralement voilée: l'affiche "non à l'islamisme" est identique à celle que le tribunal de Marseille avait interdite lors de la campagne des régionales de mars 2010. Mais cette fois, elle est barrée d'un large bandeau rouge sur lequel on peut lire "censuré par le gouvernement Sarkozy".

"Elle n'est pas dans sa version interdite. Elle apparaît dans sa version censurée", a indiqué le coordinateur national du Front national de la Jeunesse (FNJ), David Rachline, à l'origine de l'affiche initiale. "On voulait marquer le coup pour dénoncer les poursuites tyranniques dont nous faisons l'objet", a-t-il ajouté.

Outre la condamnation au civil par le tribunal de Marseille, Jean-Marie Le Pen a également comparu au pénal, au tribunal de Paris fin octobre, après des poursuites de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et de SOS Racisme. Le parquet a requis deux mois de prison avec sursis, un an d'inéligibilité et 20.000 euros d'amende à l'encontre du président du FN pour incitation à la haine envers la population musulmane et les personnes d'origine algérienne.

A l'audience, la procureure avait stigmatisé "la violence" de l'affiche et le but de "susciter un sentiment de peur et de rejet dans l'électorat français", tout en dénonçant "l'assimilation trompeuse entre islamisme et islam". "Il est interdit en France par le gouvernement de lutter contre l'islamisme", en a conclu Jean-Marie Le Pen sur son blog, "le parquet (étant) aux ordres du gouvernement". Le jugement sera rendu le 2 décembre.


Source: www.lefigaro.fr

Le FN méprise la loi en réutilisant des affiches interdites

Bravant la force de la chose jugée, Jean-Marie Le Pen le président du Front national (FN) est apparu hier 19 novembre sur son blog vidéo en se tenant devant une affiche utilisée pendant la campagne des élections régionales de mars 2010 et qui a depuis été interdite.

Affiche FN interdite.jpgCette affiche qui fait un amalgame choquant entre "islam" et "islamisme" avait été interdite par le tribunal de grande instance (TGI) de Marseille.

Le juge des référés du TGI de Marseille a pourtant ordonné le retrait des affiches intitulées "Non à l'islamisme" de "tous supports", estimant qu'elles étaient constitutives "d'un trouble manifestement illicite".

L’objectif de cette affiche n’a échappé à personne. Par un coupable amalgame, il s’agit pour le parti des Le Pen, de faire croire que l’islam conduit forcément à la violence.
Dans son ordonnance le juge a estimé que cette affiche est "de nature à provoquer un sentiment de rejet et d'animosité à l'encontre d'un groupe de personnes dont sont visées les pratiques religieuses, les femmes et la nationalité".

Le Front national donne ainsi une nouvelle illustration du peu de cas qu’il fait des institutions de notre pays, notamment de l’institution judiciaire.

Source: http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com

11 nov. 2010

Un racisme chic et tendance

par SALHI Abdel-Illah

Il est bizarre, voire honteux, que les critiques et les chroniqueurs les plus crédibles du milieu littéraire aient salué le dernier roman de Michel Houellebecq, Plate-forme, en le couvrant d'éloges, en s'arrêtant longuement sur les thèmes du tourisme sexuel, de l'Occident décadent, de la déprime des cadres, mais en se gardant bien de s'attarder sur la haine raciale et les tonnes d'injures contre les Arabes et les musulmans dont regorge le roman. Les musulmans et leur civilisation y sont la cible d'insultes répétées et font l'objet des amalgames racistes les plus mensongers et les plus dégradants.

Mais commençons d'abord par l'intrigue hyperréaliste de cette fiction sans limites où Jospin se nomme Jospin, Chirac se nomme Chirac et Jacques Maillot idem, mais où il ne faut surtout pas confondre Michel, le héros-narrateur, avec Michel Houellebecq, le poète confidentiel devenu romancier à succès et coqueluche des médias. Une telle confusion, semble-t-il, serait une grave atteinte aux lois de la fiction et aux exigences de la critique littéraire bien française, comme le rappelle avec une bonne dose d'humour forcé Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur daté du 23 août: «Le héros et narrateur se prénomme Michel et il a la quarantaine. (C'est donc l'auteur, s'écrieront ses contempteurs avec la stupide jubilation des gagnants de "Qui veut gagner des millions?").»

Michel, le narrateur donc, un fonctionnaire quadragénaire, apprend l'assassinat de son père dont il va hériter un bon paquet d'argent. Michel se fiche du destin de son père mais souligne que l'assassin est le frère de la bonniche du père, Aïcha. Le frère assassin, un Arabe musulman de France, a tout à fait «l'allure d'une petite brute ordinaire». Michel, ce qui est normal dans ce cas-là, est envahi d'un sentiment de vengeance: «Tuer cette petite ordure ne m'apparaissait pas seulement comme un acte indifférent mais comme une démarche bienfaisante, positive.» Le narrateur tire ses premières balles et nous met l'eau à la bouche: «Le soir tombait: quelques moutons terminaient leur journée. Eux aussi étaient stupides, peut-être encore plus que le frère d'Aïcha; mais aucune réaction violente n'était programmée dans leurs gènes» (page 28).

Le narrateur décide d'aller se vider les couilles et jouir de chair fraîche et bon marché en Thaïlande. Là-bas, il rencontre Valérie. Un amour naît. Ils se revoient à Paris, baisent comme des fous, partent en vacances à Cuba avec le collègue de Valérie. Le narrateur propose une formule pour améliorer le rendement du tourisme: les Occidentaux frustrés et bourrés de fric iront baiser dans les pays du tiers-monde dans des clubs de vacances où le sexe est inclus dans le forfait. Une dizaine de pages avant la fin du roman, Valérie meurt dans un attentat perpétré par des terroristes islamistes. Et là, ça ne rigole plus. Finie la soft analogie entre musulmans et moutons, c'est carrément la tornade raciale qui nous attend page 357: «L'islam avait brisé ma vie, et l'islam était certainement une chose que je pouvais haïr; les jours suivants, je m'appliquais à éprouver de la haine pour les musulmans. J'y réussissais assez bien, et je recommençais à suivre les informations internationales. Chaque fois que j'apprenais qu'un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien, ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j'éprouvais un tressaillement d'enthousiasme à la pensée qu'il y avait un musulman de moins.»

Mais, dans sa manie pathologique de voir coûte que coûte l'islam comme une religion de barbares et les Arabes comme une race de meurtriers, le narrateur ne cesse de rencontrer des gens partageant ses idées et celles de l'auteur lui-même. Et là, il n'y a pas plus crédible qu'un Egyptien «très basané et impeccablement vêtu», qui considère que l'islam est la cause de la décadence de l'Egypte, page 260: «Depuis l'apparition de l'islam, plus rien. Le néant intellectuel absolu, le vide total. Nous sommes devenus un pays de mendiants pouilleux. Des mendiants pleins de poux, voilà ce que nous sommes. Racaille, racaille [...], il faut vous souvenir cher monsieur que l'islam est né en plein désert, au milieu de scorpions, de chameaux et d'animaux féroces de toutes espèces. Savez-vous comment j'appelle les musulmans? Les minables du Sahara. Voilà le seul nom qu'ils méritent [...]. L'islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n'avaient rien d'autre à faire ­ pardonnez-moi ­ que d'enculer leurs chameaux.» Très fort le Houellebecq, rien à dire. Question: si le désert est si stérile, si cette religion est si improductive et si les musulmans ne sont que des enculeurs de chameaux, pourquoi cet acharnement à les détruire?

Qui dit mieux, qui dit pire que Michel le narrateur de Plate-forme? Eh bien, il y a l'autre Michel, le Michel Houellebecq en chair et en os qui déclare au Figaro Magazine daté du 25 août ­ textuellement: «La lecture du Coran est une chose dégoûtante. Dès que l'islam naît, il se signale par sa volonté de soumettre le monde. Dans sa période hégémonique, il a pu apparaître comme raffiné et tolérant. Mais sa nature, c'est de soumettre. C'est une religion belliqueuse, intolérante, qui rend les gens malheureux.» Le Pen peut aller se rhabiller. François Nourissier, de l'académie Goncourt, dans ce même numéro, titre sa chronique: «Michel Houellebecq tête de série numéro un». Après une sympathique analyse de fond, le monsieur de l'académie Goncourt conclut sobrement: «Houellebecq réintroduit l'amour au coeur d'une démarche réputée scandaleuse: c'est lui donner une force peu commune. Il y fallait de l'audace, du naturel: l'écrivain n'en manque pas.» Pas un mot, donc, sur le mépris des bougnoules qui suinte tout le long du récit. Etrange silence. L'islam serait-il une sous-marque de chaussures signée Tati? En tout cas, le prix Goncourt est en marche. Et monsieur Nourissier a raison sur un point: il faut effectivement de l'audace pour aligner autant d'inepties et de clichés. De l'audace ou même de la connerie pour déclarer, au magazine Lire (septembre 2001), ceci: «Et la religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré! La Bible, au moins, c'est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire... ce qui peut excuser beaucoup de choses.» Il s'agit bien ici d'un entretien que ne nous confondons nullement avec de la fiction...

Parce qu'une telle stigmatisation de l'islam met pêle-mêle dans la même poubelle: un terroriste qui se proclame de l'islam, un jeune banlieusard de confession musulmane, un vieux travailleur immigré titubant dans la rue, n'importe quel salarié informaticien ou garagiste s'appelant Mohamed, tout ça, c'est kif kif aux yeux de la vedette number one de Flammarion. Ce sont tous des Arabes, des musulmans envahisseurs, porteurs de tous les maux et de tous les dangers. A quoi rime donc cette minicroisade digne d'un pamphlétaire de bas étage? La reconnaissance littéraire ne lui suffit-elle pas? Aspire-t-il à un statut de star mondiale à la Salman Rushdie, provoqué par une fatwa gratuite émise par un imam du Pakistan ou du fin fond de l'Egypte? Serait-il ravi de voir dans tous les JT du monde sa photo brûlée et son nom scandé par des foules manipulées? Ou bien tout ce cirque ne serait-il qu'un règlement de comptes familial: l'enfant blessé qui se venge de l'islam, «religion à laquelle s'est convertie sa mère, qui l'a peu aimé», selon une parenthèse précieuse dans un article écrit par Pierre Jourde dans la revue Hesperis datée de l'automne 1998 (page 98). Si tel était le cas, c'est-à-dire un triste et banal complexe oedipien, je ne pourrais pas m'empêcher de citer Gilles Deleuze, un nom que Houellebecq ne déteste pas sans raison, quand il parle de la manie qui traverse la littérature française, la manie du sale petit secret: «D.H. Lawrence reprochait à la littérature française d'être incurablement intellectuelle, idéologique et idéaliste, essentiellement critique de la vie plutôt que créatrice de vie. Le nationalisme français dans les lettres: une terrible manie de juger et d'être jugé traverse cette littérature: il y a trop d'hystériques parmi ces écrivains et leurs personnages. Haïr, vouloir être aimé, mais une grande impuissance à aimer et à admirer.»

Ce n'est pas parce que Houellebecq est un grand écrivain aux yeux de la terre entière que je dois fermer l'oeil sur son racisme affiché. Ce même racisme ambiant qui, par sa bêtise, me fait pleurer parfois de rage et d'impuissance, et me fait payer cash le simple fait de m'appeler Abdel-Illah. Que le reste de la société soit raciste est une autre affaire. Mais que, grâce à des écrivains comme Houellebecq, la haine raciale, «ce petit caillot de venin lové en chacun de nous, Blancs et Noirs, gays et Juifs», selon l'émouvante expression de Lester Bang, devienne carrément tendance, chic et tolérable au lieu d'être tout simplement ce qu'elle est: une attitude honteuse et dégradante, ça, c'est tout simplement abject.


source: www.liberation.fr


10 nov. 2010

Crèche Baby Loup : d’une salariée licenciée à une loi d’interdiction du hijab

L’affaire remonte à fin 2008 et n’est pas sans rappeler l’histoire de Gulsen Ozturk poussée à démissionner à cause de son hijab. Alors qu’elle occupait le poste de directrice-adjointe de la crèche Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines (Ile-de-France), Fatima Afif, jeune musulmane reprend son activité professionnelle après une période de congé parental. A son retour à la crèche Baby Loup, elle demande à la directrice, Natalia Baleato la possibilité de travailler avec son voile, qu’elle a porté au cours de son congé. Celle ci refuse au nom de la laïcité et du principe de neutralité et estime que le « règlement intérieur de la crèche interdit le port de signes religieux« .

Quels intérêts défend la Halde ?

En décembre 2008, et après quelques jours de mise à pied, Fatima Afif se retrouve licenciée pour faute grave. Ressenti comme une injustice, elle saisit d’abord le conseil des Prud’hommes et réclame la somme de 80.000 € de dommages et intérêts à l’association en partie subventionnée par l’État. Elle dépose ensuite une plainte auprès de la Halde (Haute autorité de lutte contre les Discriminations), qui lui fait part de son soutien en mars dernier (2010) jugeant ce licenciement comme « discriminatoire » mais voilà qu’en avril dernier, la Halde change de président.

La nouvelle présidente succédant à Louis Schweitzer n’est autre que Jeanette Bougrab, membre de l’UMP et proche de Nicolas Sarkozy. Elle décide en octobre (2010) de réétudier le dossier de Fatima et revient sur le soutien apporté à la salariée. Selon Jeanette Bougrab, ce retour en arrière n’est « pas une question administrative ou de procédure, mais porte sur un principe fondamental de notre République qui est la laïcité ». La nouvelle décision de la Halde semble avoir été prise unilatéralement puisque le service juridique de la haute autorité se désolidarise de Mme Bougrab affirmant que la crèche

« relève du droit privé » et « ne peut être considérée une association transparente, une association créée par une collectivité pour endosser des missions de service public« .

Les juristes « rappellent que la création de Baby Loup résulte d’une initiative privée, qu’aucun moyen matériel ou humain n’est mis à sa disposition par la mairie et que, même si les subventions des collectivités locales et de la CAF représente plus de la moitié de ses ressources, il s’agit là de sommes correspondant au mécanisme habituel de financement des crèches ».

Du coté de la défense, l’avocat de la crèche, M. Richard Malka, affirme que « La Halde n’émet qu’un avis qui, en l’espèce, est un avis indigent », et attend plutôt la réponse des Prud’Hommes qui sont « légitimes pour juger dans cette affaire »

Une affaire instrumentalisée

Lundi, les témoins entendus par le conseil des Prud’hommes ont donné une autre tonalité à l’affaire. Étaient présents, Elisabeth Badinter, Elisabeth Lévy et Manuel Valls qui ont profité de la tribune qui leur était offerte pour brandir l’étendard de la laïcité et dénoncer l’offensive islamiste menaçant la crèche de fermeture administrative. Cette affaire est aussi sur le plan politique une bonne occasion pour Manuel Valls de briller. Le député socialiste va proposer un texte de loi visant à interdire le hijab dans les lieux où il y a des enfants. Il déclare :

« Il semblerait qu’il y ait un vide juridique et je vais réfléchir à l’idée d’une proposition de loi pour qu’on interdise, comme c’est le cas à l’école, le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants »

Nous vous l’indiquions dans un précèdent billet, après l’interdiction du niqab, on passera à l’interdiction du hijab. Les intentions du député socialiste sont claires, interdire le hijab. Ne croyez pas que le parti socialiste défende mieux les intérêts des musulmans, si ils avaient été au pouvoir, il est fort possible qu’ils auraient fait autant voir pire que l’UMP , ce n’est que pure hypocrisie.

Le jugement concernant l’affaire de la crèche Baby Loup a été mis en délibéré au 13 décembre

Source: www.ajib.fr

22 oct. 2010

FEMME VOILÉE DANS UNE CRÈCHE : LA HALDE ROUVRE LE DOSSIER


Décembre 2008. Une femme se fait licencier de la crèche associative « Baby Loup », située à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines. Motif ? Elle refusait de travailler sans son « hijab », ce voile islamique qui recouvre les cheveux, alors que le règlement intérieur de la crèche interdit le port de signes religieux. La jeune femme décide alors de saisir les Prud’hommes, qui ne se prononcera que le 8 novembre prochain et la Halde (ndlr : Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Cette dernière a d’ailleurs rendu son jugement en mars dernier et estimé que la jeune femme avait été victime de discriminations. Mais coup de théâtre aujourd’hui. La Halde a décidé de rouvrir le dossier pour une nouvelle étude. « La question se pose : est-ce que "Baby Loup", qui fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept est une activité de service public et donc astreinte à la neutralité ? », s’est demandée Jeannette Bougrab, présidente de la Halde. « La décision formelle de rouvrir ce dossier a été prise le 13 octobre par le collège, au regard de pièces nouvelles. Le dossier est en cours d'instruction », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi ce qu’avait publié Le Monde.

Source: www.elle.fr

18 oct. 2010

Trop de musulmans en France, selon Robert Ménard

On notera le gloubi-oulga, toujours plus digeste que la complexe réalité, que nous sert Robert Ménard, lequel aborde la question de l’immigration sous l’angle douteux de la déliquance pour glisser immédiatement sur l’islam. Ce dernier commence l’interview bille en tête et pousse son invité à abonder en son sens. Immigration, nationalité française, délinquance, déchéance et hop une citation du maire de Rotterdam qui dit que les musulmans doivent respecter les lois du pays où le quitter. Et là, l’invité est presque sommer d’approuver le propos du maire.

Un musulman qui ne respecte pas les lois de son pays doit partir ? Et un catholique pédophile, un juif assassin ou un protestant violeur ? Ménard a-t-il prévu de poser la question à un prochain invité ou est-il dans le registre putride de l’extrême droite : on part du postulat qu’un musulman est toujours un étranger, un allogène, voire un élément séditieux, et que s’il commet une infraction il ne suffit pas de le punir, il faut s’en débarrasser. La question de l’immigration et de la délinquance n’est jamais rien d’autres, chez ces gens-là, que la question de l’islam. Ménard, un journaliste dans l’air du temps. Ben oui, Robert, quand tu fais cet amalgame infâme, tu parles comme un facho. C’est Marine qui va être contente.







Source: www.al-kanz.org

12 oct. 2010

Un musulman agressé à Lyon

Voici un extrait du documentaire de Patrick Jean intitulé "La raison du plus fort".
Dans ce film, Patrick Jean démontre que la dualisation de notre société entre les populations riches et pauvres est de plus en plus violente, et que le maintien d’une société de marché, où ceux qui n’ont rien à perdre ni à acheter se tiendront tranquilles par rapport aux riches, a entraîné la création d’un état policier.
Dans ce bref passage, on voit d’abord comment une partie des français sont mis au ban de la société. Puis on voit par l’exemple, les tensions inter-religieuses qui malheureusement existent bel et bien en France.

Source: www.agoravox.tv

11 oct. 2010

Les dérives des extrêmes

Par Mustapha Cherif

Un hebdomadaire titre à la Une « L’Occident face à l’islam », de nombreux citoyens sont choqués, lassés par cet alarmisme et la dichotomie inappropriée qui exacerbent les crispations. Ils sont en colère contre les extrêmes de tous bords. La colère est saine, mais parfois elle est mauvaise conseillère. Il faut savoir garder raison, rester serein et tenir au droit à la différence et au respect d’autrui. D’autant que la base, les citoyens, de toutes croyances ou non croyances, malgré des inquiétudes et des interrogations légitimes, ne sont pas dupes et ne tombent pas dans le piège de la confrontation et des polémiques.

Alors que la société a besoin d’apaisement, ce sont surtout des « élites » médiatiques qui s’agitent et donnent la parole aux extrémistes. Quand on prétend informer et contribuer à résoudre les problèmes, il est contradictoire de les poser de manière sciemment tronquée. L’air du temps délirant perturbe, mais au fond la vie suit son cours et nul ne peut empêcher les êtres humains de se rencontrer, de partager et de s’estimer.

Des médias donnent la parole aux extrémistes du dénigrement qui redoublent de férocité. Qu’ils cherchent, à partir de l’islam, comme de toute autre source, de se concocter une religion hybride, pour eux seuls, un « self islam », conforme à la logique faustienne ou à leurs fantasmes, c’est leur affaire, libre à eux. Ce n’est ni les premiers, ni les derniers individus qui folklorisent et infantilisent la pratique de la foi. Certes, ils se prévalent de l’islam, se présentent comme « intellectuels musulmans » et en même temps ils le dénigrent de manière schizophrénique. C’est un signe de dérèglement, ne leur donnons pas d’importance.

Ces « nouveaux intellectuels », dits de culture musulmane, qui affirment que « l’islam est foncièrement violent », que « Dieu » s’est définitivement retiré, que l’au-delà est une fiction et le Coran un texte sacralisé archaïquement, semblent souffrir. Les plus virulents adversaires de l’islam ne parlent pas comme eux, avec une telle désinvolture et surtout un tel masochisme. C’est une faille incommensurable. En outre, ils ne cessent de répéter qu’ils sont « illuminés », qu’il faut les laisser travailler et qu’ils vont révolutionner le monde spirituel. On se demande s’il faut en rire ou pleurer, ou s’il faut en porter un quelconque regard ? Il faut les ignorer et que les croyants prient pour eux.

De par leur position de dénigrement, ils sont sollicités par des médias qui, n’en croyant pas leur chance, s’accrochent à eux, les définissent comme « courageux », en vue périodiquement de sortir l’antienne de l’occident (« civilisé ») face à l’islam (« barbare »). Ces médias cultivent la religiophobie, excluent toute autre interlocuteur que les « révoltés » contre leur communauté et n’ont plus d’arguments que la répétition de mensonges insidieux, adeptes de l’idée qu’en les répétant il en restera toujours quelque chose. Surfant sur l’exaspération face à des comportements fondamentalistes marginaux mis sur le devant de la scène, ils gomment la frontière abyssale entre islam et extrémisme, amplifient la culture de la peur et sponsorisent ceux qui renient leur « origine », sous prétexte de « moderniser » l’islam.

Pour ces « intellectuels musulmans » extrêmes, mi-consciemment, mi-inconsciemment, c’est la spirale de la surenchère : qui dira le plus du mal de l’islam et des musulmans ? Par eux, les musulmans sont sommés de se nier, sinon ils sont diabolisés. De par leur aveuglement ces « intellectuels » décrédibilisent la logique, pourtant incontournable, de la critique, de l’interprétation et de la réforme. De plus, il ne s’agit pas pour nous de remettre en cause le droit de critiquer la religion y compris avec virulence et de manière infondée. Nul de sensé ne peut soustraire la religion à l’examen critique, mais vouloir stigmatiser, heurter, injurier gratuitement, de manière obsessionnelle et ouvertement discriminatoire, n’est pas digne d’une société démocratique.

L’immense majorité des croyants accepte la critique sans limite, prouve le mouvement en marchant, vit avec son temps, sait ce qu’elle croit et ce qu’elle veut et refuse le dénigrement outrancièrement offensant, la stigmatisation et l’amalgame. Elle refuse tous les extrêmes. Elle sait que les extrémistes qui rejettent la critique, instrumentalisent la religion et s’enferment dans le repli sont une infime minorité, qui donnent de l’eau au moulin à d’autres extrêmes : ceux qui dénigrent de manière pathologique et contribuent à l’invention d’un nouvel ennemi. Les dérives ne sont pas d’un seul bord, les extrêmes se nourrissent. L’immense majorité des croyants sait que les extrémistes, de tous bords, ne peuvent pas tromper tout le monde tout le temps. De plus, ce qui est si grand et si haut, en l’occurrence pour les croyants leurs références fondatrices, parlent d’eux mêmes et ne peuvent être atteint. Par la hauteur de vue et le bel-agir, le besoin de partage et le vivre ensemble l’emporteront.


Source: www.oumma.com

10 oct. 2010

Les extrémistes s'emparent des Pays-Bas?

Par Gwynne Dyer

Si Gert Wilders était un petit employé de bureau raciste vomissant des insultes dans un pub, vous resteriez loin de lui. Il a qualifié le voile islamique de «chiffon porté sur la tête» qui devrait faire l'objet d'une taxe, car il «pollue» le paysage néerlandais. Il condamne l'islam, le réduisant à «l'idéologie malsaine d'Allah et de Mahomet» et le Coran, qu'il assimile au «Mein Kampf d'une religion qui cherche à éliminer les autres». Ce n'est qu'un pauvre cinglé qui a du temps à perdre.
Mais ce n'est pas un cinglé ordinaire. Gert Wilders siège au Parlement néerlandais, et c'est le chef du Parti pour la liberté, qui est arrivé en troisième position aux dernières élections (juin). Une troisième place assez impressionnante, car ce parti d'extrême droite a raflé 24 des 150 sièges! De sorte que les autres partis ne peuvent pas simplement ignorer l'existence de cet homme. Ils devront faire avec lui, même s'il fait de la prison, ce qui est fort possible: son procès pour cinq chefs d'inculpation liés à l'incitation à la haine et la discrimination a débuté le 4 octobre, à Amsterdam.
Au fond, il espère peut-être purger une courte peine de prison. Cela contribuerait à miner un peu plus l'ordre politique néerlandais et ferait de lui un martyr aux yeux de beaucoup de ses citoyens. (Les peines encourues pour incitation à la haine vont jusqu'à un an d'emprisonnement ou 7600 euros d'amende.) Pour autant, il ne perdrait pas son siège au Parlement ou la direction de son parti. Les autres chefs de parti auraient simplement à aller lui rendre visite en prison pour parlementer avec lui.
Gert Wilders s'est d'abord fait connaître au niveau international en 2008 grâce à son film Fitna, qui juxtaposait des images d'attentats-suicides et des versets du Coran. Un outil de propagande qui présentait l'islam comme une force cherchant à tout prix à détruire l'Occident. À la suite de la diffusion du film, son parti a décollé, jusqu'à recueillir 15 % des voix néerlandaises en juin dernier. Dans le système politique néerlandais, cela lui procure des arguments de poids pour négocier.
Là-bas, la scène politique nationale est en effet si fragmentée qu'aucun parti n'a obtenu de majorité absolue dans une élection nationale depuis la Première Guerre mondiale. Tout seul, aucun parti n'est parvenu à recueillir plus de 30 % des suffrages depuis plus de deux décennies. Ce système permet souvent aux petits partis, qui ne défendent souvent qu'une grande idée, d'exercer une grande influence bien au-delà de leur électorat. Cette fois, c'est le Parti pour la liberté de Wilders qui en a profité.
Les deux partis conservateurs traditionnels n'ont totalisé que 52 sièges. Ils ont donc eu besoin des 24 sièges du Parti pour la liberté ne serait-ce que pour atteindre une très courte majorité au Parlement néerlandais. Mais comment ont-ils pu s'asseoir aux côtés d'un homme qui a craché des insultes aussi cruelles et injustifiables à l'égard de ses compatriotes musulmans?
Leur petit différend a été résolu ainsi: les conservateurs ont accepté que le Parti de la liberté vote avec le nouveau gouvernement de coalition, mais n'en fasse pas officiellement partie. Naturellement, il y avait un prix à payer. Le nouveau gouvernement aurait à adopter des lois qui raboteraient les droits des citoyens néerlandais de religion musulmane.
Comme la plupart des extrémistes - religieux ou autres - Wilders est obsédé par la tenue. Si cet accord tient, il faudra purement et simplement interdire la burqa au sein des Pays-Bas. Les policières et autres femmes fonctionnaires ne seront même pas autorisées à porter un simple voile islamique (non intégral). L'immigration en provenance des pays non occidentaux devra être diminuée de moitié, et les lois concernant l'accord de l'asile politique aux réfugiés seront durcies.
Les nouveaux immigrés devront payer de leur propre poche les «cours de citoyenneté» obligatoires prévus par l'État. Et même s'ils obtiennent la nationalité néerlandaise, ils peuvent s'en voir déchus s'ils commettent un quelconque délit dans les cinq ans. Il serait bien plus difficile pour ces nouveaux Néerlandais de faire venir leur conjoint et leurs enfants aux Pays-Bas en vue d'un regroupement familial.
Ces conditions ne donneront pas entière satisfaction à Wilders, qui a déclaré récemment: «J'en ai assez de voir l'islam aux Pays-Bas. Ne laissons pas un seul musulman de plus s'installer ici. J'en ai assez de voir le Coran aux Pays-Bas: interdisons ce livre fasciste.» Mais il s'en contentera, dans un premier temps.
Comment les Pays-Bas, nation autrefois considérée comme un bastion de liberté et de tolérance, en sont-ils arrivés là. Les Néerlandais sont-ils tous devenus fous? Pas du tout.
C'est le fruit d'un accident qui se produit parfois dans certains systèmes politiques qui encouragent la prolifération des petits partis. Le Parti pour la liberté a vu son soutien électoral doubler au scrutin de cette année, en partie parce que plus de gens sont susceptibles d'opter pour un parti protectionniste et xénophobe en temps de crise. Rassurez-vous, le Parti pour la liberté ne représente toujours qu'un sixième du Parlement.
C'est le niveau maximal qu'ont atteint les autres partis anti-immigration et anti-islam des autres pays européens comme la France, la Belgique et le Danemark. En fait, c'est moins que ce que le parti qui précédait celui de Wilders, la Liste Pim Fortuyn, avait obtenu en 2002. Partout, il existe des xénophobes qui tentent de faire croire qu'une minorité de musulmans (6 % de la population néerlandaise) constitue une menace à l'identité et à la sécurité de la nation. Mais, finalement, les xénophobes aussi sont en minorité.
Comme ça, on pourrait avoir l'impression que des cinglés ont pris le contrôle des Pays-Bas. Mais au fond, ce n'est qu'un hasard, une situation qui a peu de chance de se reproduire, rendue possible par un système de représentation proportionnelle. Si Wilders arrive à redéfinir cette problématique en question de liberté d'expression (il tente déjà de le faire) et, surtout, s'il fait de la prison, alors son soutien politique s'étendra peut-être au-delà des limites de l'extrême droite. Mais les Néerlandais ne sont pas un peuple plus malveillant que les autres.

Source: www.capacadie.com

8 oct. 2010

L’ophtalmo accusé de racisme dément

Le médecin opthalmologiste accusé d’avoir traité de « sales arabes » un ingénieur maghrébin et sa fille de six ans conteste les fait qui lui sont reprochés et l’enquête semble lui donner raison. Le parquet d’Aix-en-Provence affirme qu’aucun témoin n’a confirmé les propos du père. « Pour moi, c’est une non-affaire », dit le procureur adjoint.

Mohamed Mazoir, un ingénieur de 35 ans et sa fille de 6 ans disent avoir été traités de « sales arabes » par un médecin du centre médical l’Avancée, situé dans le centre ville d’Aix. « Dégage d’ici, sale arabe, tu es en train de salir mon cabinet », aurait déclaré un ophtalmologiste d’Aix-en-Provence selon le père.

Le médecin incriminé nie formellement et catégoriquement les accusations de racisme et d’islamophobie portées à son encontre. Il reconnait qu’une violente altercation a éclaté lorsque Mohammed a fait irruption dans son cabinet. Le praticien conteste avoir proféré quelque insulte raciste que ce soit.

Les premiers éléments de l’enquête semblent donner raison au médecin aixois. Aucun témoin direct de la scène n’aurait confirmé la tenue de propos à caractère islamophobe. Pour l’heure, l’enquête abonde donc très clairement dans le sens du praticien. « Au regard des témoignages recueillis, les faits rapportés paraissent infondés », a déclaré le procureur d’Aix-en-Provence, joint par LePost.fr.

L’affaire du médecin français qui « ne reçoit pas les sales arabes » est une « non-affaire », estime le Procureur adjoint du parquet d’Aix-en-Provence, puisque les témoignages recueillis ont formellement démenti tout propos raciste.

Après avoir alerté les médias, Mohamed Mazoir a déposé une plainte au commissariat et l’ordre des médecins. Il aurait également écrit au Premier ministre François Fillon et au Président de la République, Nicolas Sarkozy.


Source: http://afriqueactu.net