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28 juin 2012

Appel islamophobe d'un membre du parti populiste suisse


Un membre local du parti populiste suisse UDC de Zurich, qui avait appelé sur Twitter à une "Nuit de cristal" contre les mosquées en référence au progrom contre les juifs allemands en 1938, a présenté ses excuses mercredi après s'être retiré du parti.
Face aux médias, Alexander Müller a admis avoir été l'auteur de plusieurs commentaires douteux sur la plateforme Twitter, a rapporté l'agence helvétique ATS. "Je le regrette beaucoup et en tire les conséquences en me retirant du parti et de tous mes mandats", a-t-il dit.
Le twitteur, qui avait lancé le week-end dernier sur le site de microblogging "peut-être avons-nous à nouveau besoin d'une Nuit de cristal (...) cette fois-ci contre les mosquées", s'est excusé "face à tous ceux dont les sentiments ont été blessés".
Membre du comité de la section UDC des 7e et 8e arrondissements de Zurich, l'homme de 37 ans siégeait aussi au sein de la commission scolaire d'un quartier huppé de la ville. M. Müller, qui a perdu son emploi, s'est dit "surpris" de la tempête qui s'est abattue sur lui suite à son tweet du week-end dernier.
Le procureur zurichois a par ailleurs ouvert mardi une enquête contre le twitteur pour infraction contre la norme pénale antiraciste.

Source : Europe1

30 nov. 2010

Il veut lancer une initiative pour autoriser à nouveau les minarets

Cela faisait plusieurs mois qu’on n’en avait plus entendu parler. Hier, le controversé Conseil central islamique suisse (CCIS) est sorti du bois pour présenter à Zurich son dernier cheval de bataille: abolir l’interdiction des minarets. Un an jour pour jour après la votation qui a recueilli 57,5% des voix, l’organisation veut faire revoter le peuple. Elle lancera une initiative populaire en janvier.

Le texte prévoit de rayer l’alinéa 3 de l’article 72 de la Constitution fédérale, qui stipule que la construction de minarets est interdite. «Il est discriminatoire et donne une image négative de la Suisse, explique Abdel Azziz Quaasim Illi, membre du conseil. Nous voulons l’abolir sans attendre qu’une institution étrangère, comme la Cour européenne de Strasbourg, casse la décision populaire. Il faut donner aux Suisses la possibilité de corriger leur vote réalisé sous le coup de l’émotion.»

Il se donne jusqu’à fin décembre pour créer un comité composé de plusieurs acteurs politiques, religieux ou culturels. «Le texte devra être déposé à la Chancellerie pour les vérifications d’usage en janvier 2011», précise le porte-parole.

Le CCIS promet de se retirer ensuite du devant de la scène pour faire place au débat. «Je suis conscient de notre image, analyse Nicolas Blancho. Or, cette initiative doit être portée par le plus grand nombre.» Mais le président de l’organisation qui compte 1700 membres – sur 400 000 musulmans en Suisse – n’a pas pour autant collaboré avec d’autres organisations musulmanes. «Nous ne voulions pas qu’il y ait des fuites dans la presse, c’est pourquoi nous avons préparé l’initiative en secret. Mais des contacts ont été pris avec des partis qui ont condamné l’interdiction l’an passé.» Lesquels? Mystère. Il refuse de donner des noms.

«C’est de la provocation!»

Et pour cause. Après vérification, personne n’est au courant du projet! Ni les musulmans, ni les juifs, ni les chrétiens et encore moins les principaux partis politiques. Mieux: tous se montrent sceptiques face à une démarche «inopportune».

«On dirait qu’ils lancent une initiative sans réflexion préalable, déplore Hisham Maizar, président de la plus grande fédération d’organisations islamiques de Suisse. Un an après la votation sur les minarets et au lendemain d’un autre scrutin sur les étrangers, le moment est mal choisi. L’idée est peut-être légitime, mais elle ressemble à du populisme.»

Un avis partagé par Ueli Leuenberger, président des Verts, qui estime, en plus, que la proposition vient de «gens excentriques qui n’hésitent pas à soutenir la lapidation».

Christophe Darbellay, président du PDC, préfère «respecter la décision prise par la population il y a un an». «Attendons de voir si les recours aboutissent à Strasbourg», abonde Kurt Fluri, conseiller national (PLR/SO).

Les membres du CCIS ne sont pas crédibles, poursuit Christian Levrat, président du Parti socialiste. Cela ressemble à un coup marketing.» Spécialiste des questions musulmanes, le sociologue Stéphane Lathion résume: «C’est de la provocation. D’un côté, il y a le Conseil central islamique, de l’autre l’UDC!»

Dans ce parti justement, on se frotte déjà les mains de recevoir un si joli cadeau pour Noël et à quelques mois des élections fédérales. «C’est bien que ces gens-là prennent la voie démocratique, conclut le Valaisan Oskar Freysinger. On va pouvoir débattre!»


Source: www.24heures.ch

28 nov. 2010

La Suisse approuve l'expulsion des criminels étrangers

Les Suisses ont approuvé dimanche l'initiative de la droite populiste sur l'expulsion automatique de criminels étrangers, un vote qui suscite déja de vives réactions d'indignation, un an après l'interdiction de construction des minarets.

Selon un décompte des voix définitif dans les 26 cantons de la Confédération, le oui en faveur du durcissement de la politique de renvoi pour les criminels étrangers l'emporte avec 52,9% des voix contre 47,1% de non.

Le contre-projet présenté par le gouvernement a quant à lui été repoussé à 54,2%.

Seuls les électeurs de cantons essentiellement francophones dont Genève, le Jura, Bâle-Ville, Fribourg, Vaud et Neuchâtel, ont dit non au tour de vis réclamé par le parti de droite dure, l'UDC.

Le renvoi des criminels étrangers est déjà possible en Suisse sous certaines conditions mais le texte proposé par l'UDC va plus loin en proposant un retrait automatique du droit de séjour des étrangers inculpés sans prendre en compte la gravité des délits, le renvoi fonctionnant autant pour des crimes graves que pour les cas d'«abus de l'aide sociale».

«Journée noire pour les droits humains», dit Amnesty International

Le vote a été immédiatement qualifié de «journée noire pour les droits humains en Suisse» par Amnesty International.

La Section suisse de l'organisation s'est déclaré profondément choquée par le résultat du scrutin. «Des dispositions violant les droits humains n'ont rien à faire dans notre Constitution. Les initiants ont une nouvelle fois abusé du droit d'initiative dans le but d'augmenter leur capital politique par des propos xénophobes», indique l'ONG dans un communiqué.

Les Verts se sont quant à eux déclarés «consternés de devoir constater une nouvelle violation du principe d'égalité devant la loi inscrit dans la Constitution fédérale».

«C'est un jour très noir pour la Suisse car on a heurté une grande partie de la population étrangère de notre pays à qui on a manqué de respect», a commenté pour sa part le secrétaire général de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), Beat Meiner interrogé par l'AFP.

«Si on l'applique, on aura de gros problèmes avec l'Union européenne qui n'acceptera jamais» qu'on renvoie ses ressortissants. «On va être condamné par le Conseil de l'Europe à chaque fois que l'on voudra renvoyer un étranger pour une bagatelle», a-t-il dit.

Pratiquement un an jour pour jour après l'interdiction de la construction des minarets dans la Confédération, l'UDC s'est pour sa part félicité des résultats du vote.

«C'est un premier pas sur la voie de la sécurité qui démontre la préoccupation de la population à l'égard de la politique d'émigration de la Suisse», indique le parti dans un communiqué.

Campagne publicitaire xénophobe

La campagne de l'UDC a été de fait soutenue par une débauche d'affiches ouvertement xénophobes dans un pays qui compte 21,7% d'étrangers. «Ivan S., violeur et bientôt Suisse?», proclamait l'une d'entre elle sur un profil de moustachu musclé à mine patibulaire.

Le Conseil Fédéral (gouvernement) a indiqué pour sa part à Berne que la «majorité des votants ont clairement exprimé que la criminalité des étrangers est pour eux un problème sérieux» et «exécutera le mandat qui lui a été confié».

Néanmoins la ministre de la justice Simonetta Sommaruga a tenu à rappeler que les étrangers «fournissent une contribution essentielle à la vie économique, sociale et culturelle du pays».

Le deuxième sujet de la votation de dimanche, une initiative du PS «Pour des impôts équitables» dans un pays considéré comme un havre fiscal a été pour sa part plus largement rejetée avec 58.5% des voix.

Cette initiative était réclamée par le parti socialiste pour mettre un terme à la concurrence fiscale entre cantons cherchant à attirer les grosses fortunes.


Source: www.cyberpresse.ca

21 nov. 2010

Querelle de minaret à Langenthal

Il y a un an, le verdict du peuple suisse pour l’interdiction des minarets faisait les gros titres du monde entier. Et voilà que la petite ville bernoise de Langenthal réveille l'intérêt des médias étrangers avec une polémique autour d’un minaret.


Langenthal, avec son design et sa porcelaine, fait régulièrement la une des médias depuis 2006 à cause d'un minaret qui n'existe pas (encore). Non seulement cette petite ville industrielle d’environ 15’000 habitants se trouve au centre géographique de la Suisse, mais aussi dans l’exacte moyenne des sondages de consommateurs alémaniques.

Ainsi, de nombreuses entreprises testaient volontiers ses habitants lorsqu’elles voulaient introduire un nouveau produit: ce qui pouvait y être vendu avait de bonnes chances de pouvoir l’être ailleurs en Suisse alémanique.

Par contre, le projet de construction d’un minaret passe moins facilement la rampe à Langenthal: en 2007 la communauté musulmane a déposé une demande de permis de construire pour agrandir son centre religieux.

Depuis la votation fédérale contre la construction des minarets, la petite ville ne cesse d’occuper la scène médiatique à cause de cette demande de permis, même si ce n’est pas cette affaire qui est à l’origine de l’initiative populaire. Mais les autorités cantonales s’en sont mêlées.


Publicité problématique

Le maire Thomas Rufener n'est pas content du tout de cette publicité, mais rappelle que, lors de la votation populaire de 2009, «les citoyen de Langenthal ont voté exactement comme la moyenne des Suisses».

Il n’y a pas eu dans sa ville plus de oui ou de non qu'ailleurs! Et voilà que différents partis politiques voudraient faire croire que la publicité faite à sa ville est à l’origine du plébiscite pour l’interdiction des minarets.

Dans les médias aussi, l’image de Langenthal est désormais associée à la droite conservatrice et hostile à l'islam. Thomas Rufener s’en défend, lui qui est pourtant membre de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) à l’origine de l’initiative populaire. «De nombreux médias internationaux s'intéressent tout à coup à Langenthal, qui est montrée comme le centre de la querelle sur les minarets, alors qu’elle n’a rien à voir avec tout ça», dit-il.



Projet de mémorial

La mosquée de la discorde se situe dans la zone industrielle de la périphérie de Langenthal. De l’extérieur, la grande salle de prière du centre religieux n’a rien d’une mosquée orientale, mais ressemble plutôt à une halle de gym.

A moins de cent mètres de là, dans une des salles ultramodernes du nouvel Hôtel du Parc, le comité d'action «Halte au minaret» s’est réuni pour présenter la maquette d’un mémorial qu’il projette de réaliser.

Le monument qui devrait être installé à un carrefour du centre-ville représente la forme d’un tire-bouchon à l’envers de la taille d’un homme, et est censé rappeler les persécutions dont sont victimes les non-musulmans des pays islamiques. Le comité mentionnait l’attentat terroriste qui a récemment touché une église à Bagdad.

Le conseiller national (député) UDC Walter Wobmann s’est aussi exprimé, évoquant l’«arrogance incroyable» des autorités du canton de Berne, qui autorisent la construction du minaret de Langenthal malgré le résultat de la votation de 2009. Entre temps, le conseil municipal de Langenthal a refusé la requête du comité de mettre un emplacement à sa disposition, selon son communiqué.


«Paradoxe politique»

Si le comité table sur les peurs de la population suisse chrétienne, de leur côté, les membres de la communauté musulmane de Langenthal ont tout aussi peur. Ils sont majoritairement albanais de Macédoine, explique leur porte-parole Mutalip Karaademi, lui-même originaire de cette région.
Il déplore ce triste paradoxe qui veut que des musulmans européens, qui ont eux-mêmes vécu sous la terreur, soient mis dans le même panier que des terroristes arabes.

«En ex-Yougoslavie, il n'y avait aucune liberté de religion. L'imam devait obligatoirement être membre du Parti communiste. La guerre des Balkans des années 1990 a été spécialement dure pour les musulmans», explique-t-il.

«Et quand nous nous sommes venus nous réfugier en Suisse, pays démocratique qui garantit la liberté de culte, voilà que nous sommes de nouveau pris pour cible par la propagande politique.»

En outre, un Albanais n’est pas automatiquement musulman, ajoute-t-il. «Mais nous avons le sentiment de former une même communauté culturelle, même si les Albanais se répartissent entre trois religions, car c’est normal pour nous de vivre ensemble». Et cela vaut aussi pour les Suisses.


«Jusqu’au Tribunal fédéral»

Cependant Langenthal est encore très loin d'une solution, relève Daniel Kettiger, conseiller juridique de la communauté religieuse. Il estime qu’il était évident dès le départ que les adversaires du minaret poursuivraient la lutte jusqu'au Tribunal fédéral, soit jusqu'à la dernière instance judiciaire.

Mais le juriste est convaincu que l’interdiction des minarets n’a aucune chance à long terme, car «ce sera la Cour européenne des droits de l'homme qui aura le dernier mot».

Tout autre son de cloche du côté des partisans du mémorial: Walter Wobmann lui aussi invoque la cour de Strasbourg, qui seraient bien inspirée «de ne pas condamner la décision claire d’un Etat souverain».

Si une interdiction des minarets était considérée comme une violation des droits humains, on pourrait se demander si le Coran dans son ensemble n’en est pas une: «il faudrait aussi juger sur lapidations, mariages forcés, châtiments corporels sur des femmes et des enfants», a lancé le député au public.


Source: swissinfo.ch

24 sept. 2010

Une nouvelle affaire de minarets en Suisse


Par Haykem Ezzeddine

Bref retour en arrière. Le 29 novembre 2009 le peuple suisse a voté à une majorité de 57.5% pour l’interdiction de construction de nouveaux minarets. Une initiative portée par l’extrême droite populiste incarnée par l’Union démocratique du centre (Udc) qui surfe sur la vague de l’islamophobie. L’affaire des deux otages suisses détenus par la Libye a lourdement pesé sur cette votation (voir notre article du 2 mai 2010). Faut-il rappeler que seules quatre villes en Suisse possèdent un minaret (Genève, Zurich, Winterthour et Wanger)? Cinq mois avant le vote du 29 novembre 2009, un centre musulman dans la ville de Langenthal rattachée au canton de Berne a reçu un permis de construction pour un minaret et une coupole.

Une procédure de recours rejetée
La procédure de recours de plusieurs habitants de Langenthal regroupés au sein du comité “Stopp Minarett” vient d’être une fois de plus rejetée cette semaine par les autorités se basant sur une décision prise bien avant que le peuple suisse ne se prononce sur l’interdiction par les urnes de toute édification de nouveaux minarets.
Incompréhension et nouvelle polémique de la même extrême droite qui étale son mécontentement dans les médias. Nous avons interrogé à ce sujet l’ex-porte- parole de la mosquée de Genève, l’actuel directeur de la Fondation de l’Entre Connaissance, Hafid Ouardiri, très actif dans les milieux intellectuels genevois et qui est derrière le recours devant la cour de Strasbourg contre l’initiative anti-minaret. Et voici ce qu’il nous a déclaré: «Cette réponse positive est bienvenue... Ce qui est malheureux c’est que les opposants vont de nouveau rallumer la polémique et les hostilités alors que la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg n’a pas encore statué sur les requêtes qu’elle a déclaré recevable. En Suisse, il y a de la place pour toutes les expressions culturelles et religieuses. J’espère que les musulmans de Langenthal traduiront cette autorisation en un minaret d’une esthétique et d’une discrétion artistique qui ferait changer d’avis les opposants tant elle se fondrait dans l’environnement.»
Un souhait que tous les musulmans suisses aimeraient voir concrétiser. Mais les opposants n’ont pas dit leur dernier mot. Affaire à suivre.

Source: http://kapitalis.com/

4 sept. 2010

L’érection d’un nouveau minaret en Suisse

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L’artiste JR, adepte des placardages muraux plus ou moins clandestins (un peu dans la lignée d’Ernest Pignon-Ernest) est connu pour son projet Face2Face sur le Mur de séparation construit par Israël en Palestine occupée (ci-dessous) et, récemment, pour ses portraits de femmes sur les quais de Paris (”Women are Heroes”). Il annonçait cet été à Arles son projet, en collaboration avec le Musée de l’Elysée à Lausanne, de placarder dans la ville voisine de Vevey des images de la collection du Musée : sortir les photos des archives, les montrer aux passants. Ça posait quelques problèmes de droit d’auteur, mais c’est fait, à l’occasion du Festival des Arts Visuels de Vevey (jusqu’au 26 septembre, mais les affiches resteront en place, je présume).

img_8593.1283587947.jpgJe n’y suis pas allé, mais l’image est frappante : comme chacun sait, la Suisse vient, par référendum, d’interdire la construction de nouveaux minarets, et JR, par un des pieds de nez dont il est coutumier, en a érigé un de 40 mètres de haut au centre de Vevey. C’est une photographie de Lehnert & Landrock, deux photographes suisses actifs en Tunisie et Egypte au début du XXème siècle.

Chapeau !


Source: http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr

20 juil. 2010

Construire une « identité suisse » avec le concours de l’islam est possible

La construction d’une nouvelle identité suisse unie et juste est une belle entreprise qui a besoin de toutes les forces vives. A l’ère d’une mondialisation globalisante et envahissante qui caractérise notre époque, nous devons confirmer des repères qui donnent à l’Homme l’espoir et lui garantissent la paix et la solidarité. Nous avons besoin certes de partir des acquis de l’Histoire, mais surtout d’insister sur le présent tout en en se projetant dans l’avenir.
Les religions ont certainement un rôle à jouer dans cette belle aventure de la construction d’une nouvelle identité suisse, au moins pour deux raisons essentielles :


1) Toutes les valeurs qui peuvent être à la base d’une nouvelle identité suisse sont des valeurs prônées dans leur ensemble par les religions ; certes exprimées selon des approches différentes, mais qui peuvent être enrichissantes et complémentaires.
2) La capacité spirituelle des religions représente un facteur important qui peut donner un élan positif à ces valeurs fondatrices de l’identité.

Comme l’islam peut-il y participer ?


L’islam peut avoir sa contribution dans la fondation d’une nouvelle identité suisse grâce à deux facteurs importants :

- Une présence des musulmans dans la majorité des cantons.

- La dimension historique d'une expérience musulmane qui a pu conjuguer à la fois l’unité et la diversité, y compris en Europe dans la période andalouse, et dans les pays de l’Europe de l’Est. Une expérience qui a eu ses difficultés mais aussi ses apports positifs.

Les musulmans de Suisse ont une responsabilité dans la construction d’une nouvelle identité suisse. Une responsabilité qui ne peut apporter ses fruits qu’avec une volonté de la société suisse, cherchant à mettre en harmonie toutes les compétences et les énergies diverses, au service d’un destin commun.

La responsabilité des musulmans contribuant à la nouvelle identité suisse prend ses fondements essentiellement dans trois engagements qui sont déjà entrepris :
- Un engagement visant à intégrer progressivement leur tradition et leur expression religieuses dans le contexte suisse. Témoin de cet engagement toutes les initiatives prises dans la construction des lieux de culte en parfaite insertion dans le paysage urbain de nos villes, dans la formation des imams et des cadres religieux, dans l’acquisition de carrés musulmans pour enterrer les morts…


- Un engagement citoyen qui amène le citoyen suisse de confession musulmane à prendre part à la vie de la société, à travers ses activités sociales, culturelles et politiques. Un engagement qui a besoin d’être renforcé et encouragé.


- Un engagement dans le dialogue interculturel et interreligieux qui connaît une évolution constatée. De plus en plus d’initiatives sont entreprises dans ce domaine, et le nombre croissant d’associations de dialogue à l’échelle locale, nationale et internationale auxquelles participent des musulmans en est un témoin. En parallèle à cette responsabilité des musulmans, il y a certainement une responsabilité de la société, qui peut permettre à la contribution musulmane d’apporter sa pierre à l’édifice de la nouvelle identité suisse.

La responsabilité de la société dans ce domaine, correspond à une revendication citoyenne de la part de la composante musulmane suisse, mettant en avant aujourd’hui les exigences suivantes :


- Une confiance accordée aux citoyens musulmans en tant qu’acteurs positifs, qui ont leur place entière dans la société. Une telle confiance renforce l’engagement, dissipe les facteurs de repli et de marginalisation et fait exploser les énergies servant l’intérêt commun.


- Un combat rigoureux de toutes les formes de racisme et de xénophobie. Les différences et les spécificités de chaque communauté religieuse et culturelle peuvent constituer un élément d’enrichissement mutuel, comme elles peuvent être des facteurs d’isolement, en fonction de l’approche suivie dans le traitement de ces différences et de ces spécificités.

- Une gestion désintéressée de la question religieuse musulmane en Suisse, et notamment au niveau de la représentation cultuelle des musulmans. La tradition suisse, très marquée par le sécularisme dans le rapport entre l’Etat et la religion, doit être respectée en ce qui concerne les musulmans. Tant que les musulmans agissent dans le cadre des lois, ils doivent être libres et indépendants pour s’organiser, former leurs cadres religieux et construire leur expression religieuse fidèle à leur tradition. Toute ingérence politique intérieure ou extérieure ne peut que trahir les principes d’égalité juridique entre les différentes confessions. La présence musulmane en Suisse est une chance permettant de construire une identité suisse riche d’un patrimoine culturel et religieux diversifié, ce qui donne à cette identité une dimension planétaire.


Source: http://geneve.blog.tdg.ch

16 déc. 2009

Musulmans européens : que d’orages en perspective…

Par Nabil Ennasri *

La situation qui règne en France à la suite de la votation suisse interdisant la construction des minarets a quelque chose de surréaliste. Cette première moitié du mois de décembre 2009 a vu la France – et, avec elle, tout le continent européen – plongé dans une espèce de psychose collective, où la peur de l’islam et le danger de la présence des musulmans en Europe ont dominé toutes les discussions.

Exit la grippe A, la crise économique, la montée du chômage ou les réformes de l’éducation. Seul peut-être le Sommet international sur l’avenir du climat à Copenhague a pu tirer son épingle du jeu.

A part ça, l’espace médiatique a été archi dominé par la controverse dont les médias raffolent et que l’extrême droite européenne a malheureusement réussi à placer au cœur du débat européen : le spectre de la présence de plus en plus visible de dizaines de millions de musulmans sur le continent.

Le vote suisse représente un tournant dans la façon dont l’Europe s’apprête à gérer l’avenir de l’islam et de ses musulmans sur son territoire. En effet, il ne faudrait surtout pas sous-estimer la portée continentale du référendum suisse ainsi que ses retombées inquiétantes. Depuis le dimanche 29 novembre 2009, toute une parole populiste et xénophobe s’est libérée faisant craindre des lendemains difficiles pour les millions de citoyens européens de confession musulmane.

De la Belgique à la France en passant par l’Espagne, l’Italie et jusqu’aux Pays-Bas, c’est le même climat délétère qui prospère. L’hostilité à la deuxième religion européenne progresse et il y a fort à parier que ce lourd climat risque de se renforcer dangereusement.

Disons-le sans fioritures : toute cette excitation collective trouve largement racine dans le fait que de plus en plus d’Européens ont du mal à accepter le fait que leur pays a changé. L’incroyable crispation autour de l’islam n’est finalement que le reflet d’une peur et d’une crainte de voir l’identité européenne (certains en France parleront d’« identité nationale »...) se diluer dans un territoire dont le paysage sociologique a été bouleversé par plus de quarante ans d’immigration étrangère massive.

Seulement, cette crispation, qui peut apparaître au départ comme naturelle, verse allègrement dans un racisme affiché, dont la nouveauté principale est qu’il gangrène peu à peu l’ensemble de la société européenne.

Il faut savoir prendre acte de cette évolution périlleuse. A ne pas y prendre garde, l’opinion publique européenne, chauffée à blanc par des médias peu scrupuleux et travaillée au corps par des mouvements qui ont fait de la peur de l’islam leur principal cheval de bataille, risque de développer une animosité croissante à l’égard de la religion musulmane.

Les musulmans européens ont assurément une large part de responsabilité dans la situation actuelle mais il leur appartient plus que jamais d’œuvrer intelligemment pour éteindre ce début d’incendie. Même si les prochaines années s’annoncent orageuses, il leur faudra ne pas céder à la pression et aux sirènes de la victimisation, mais développer un discours et des actes positifs de contribution citoyenne. L’affaire a son importance : il en va de la santé de nos sociétés comme de l’avenir du vivre-ensemble.


* Diplômé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, Nabil Ennasri étudie actuellement la théologie musulmane à l’Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon (IESH) ; il est membre du Collectif des musulmans de France (CMF).

Source: http://www.saphirnews.com/