Faute de lieux d'inhumation, les Musulmans continuent dans leur écrasante majorité de rapatrier leurs morts dans le pays d'origine alors que l'enterrement en France apparaît de plus en plus comme le signe d'une intégration réussie.
Quelque 80% des défunts originaires du Maghreb sont enterrés dans leur pays, selon une estimation d'Atmane Aggoun, chercheur au Centre national de la Recherche scientifique, qui se base sur les laissez-passer mortuaires délivrés par les préfectures.
Parmi eux, il n'y pas uniquement des immigrés de la première génération mais aussi des jeunes nés en France, notamment décédés de mort violente, a noté le sociologue Yassine Chaïb.
Grâce à la force du lien communautaire, les familles démunies sont aidées pour offrir ce dernier voyage, synonyme d'une dette sociale de celui qui a promis le retour.
Des sans-domicile fixe et des sans-papiers sont ainsi rapatriés.
Les immigrés d'un même village participent souvent à une cotisation spécialement dédiée.
Pays de tradition laïque, la France a autorisé par décret présidentiel la réalisation d'un cimetière musulman de quatre hectares en 1937.
A l'extrémité d'une zone industrielle, de hauts murs peints en blanc, des voûtes mauresques, des inscriptions en arabe et une lourde porte en bois cloutée qui s'ouvre sur une mosquée cubique surmontée d'un croissant : c'est le cimetière Musulman de Bobigny, un lieu unique en France.
Construit en violation des principes de laïcité interdisant les cimetières confessionnels, grâce à un décret présidentiel, il a été inauguré en 1937, onze ans après la Grande mosquée de Paris et deux ans après l'hôpital franco-musulman (aujourd'hui, Avicenne) de Bobigny.
La France, qui célébrait le centenaire de la conquête de l'Algérie (1830) multipliait alors les signes d'attachement à cette ancienne colonie, pourvoyeuse d'une immigration de plus en plus importante en région parisienne.
Les premiers morts ensevelis sont d'ailleurs des hommes venus seuls pour travailler en France et décédés à l'hôpital franco-musulman.
Un carré militaire de 65 tombes accueille les corps de soldats musulmans morts pour la France.
Le carré a été inscrit en 2006 aux Monuments historiques.
Planté de cyprès, le cimetière compte désormais plus de 7.000 tombes
Source: http://islamophobie.net/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire