14 mars 2010

Les laïcards sont autant plus racistes que les nationalistes

Par PASCAL DECAILLET


Régi par une loi de séparation des Eglises et de l'Etat qui date de 1907 (deux ans après la France), le canton de Genève est très à cheval sur la laïcité. Il l'est, à bien des égards, à juste titre: sauf à vouloir renouer avec un régime théocratique ou exclure l'une des nombreuses composantes spirituelles du canton, le régime de séparation est assurément le meilleur. Et, d'ailleurs, le plus protecteur pour les différentes Eglises, leur liberté de foi et de culte étant garantie. En échange, on leur demande de respecter la loi civile, ce qui est bien la moindre des choses en République.

Le problème, ce n'est donc pas la laïcité, en tant que telle. Le problème, ce sont les laïcards. Une petite clique d'ultras, dont deux ou trois enragés, toujours les mêmes, qui sortent leur revolver dès qu'ils entendent parler de religion. Le seul fait d'évoquer le christianisme, ou le judaïsme, ou l'Islam, sans parler de l'hindouisme ou du bouddhisme, provoque en eux d'immédiates flambées d'urticaire.

A leurs yeux, tout ce qui relève de l'expérience spirituelle organisée en communauté religieuse, symbolise l'obscurantisme d'un passé révolu. A Genève, oui, ce petit réseau de surexcités donne de la voix et de la plume dès qu'il est question, pour une raison ou pour une autre, de religion.

Dernier exemple en date: l'enseignement du «fait religieux» à l'école. Non pas le catéchisme, qui relève de la vie interne des différentes religions. Non, le fait religieux: une initiation neutre, évidemment sans arrière-pensée de prosélytisme, aux quatre ou cinq grands courants spirituels de la planète. Parmi lesquels les trois religions du Livre: judaïsme, christianisme, Islam. Eh bien même cela, avec toutes les garanties de la distance historique, nos laïcards n'en veulent pas. Ils y voient un complot du «lobby interreligieux» pour revenir imprégner les consciences par la petite porte. A ce stade de méfiance et de suspicion à chaque fois qu'on parle de religion, c'est la discussion elle-même qui devient impossible.

Dans toute religion, il y a des ultras. Les juifs ont leurs ultra-orthodoxes. Les chrétiens ont Ecône (eh oui!). Les musulmans ont leurs fondamentalistes. Eh bien les partisans de la laïcité, belle cause en soi, ont les laïcards. Chacun, en ce bas monde, n'est-il pas là pour porter sa croix ?

Source: www.lenouvelliste.ch

1 commentaire:

  1. L'éducation civique me parait plus importante à enseigner que le fait religieux....qui peut attendre

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