17 juil. 2010

Les murs d’une mosquée recouverts de tags racistes près de Caen Le débat identitaire a décomplexé l’islamophobie en France

Par : M. A. Boumendil

Des inscriptions xénophobes et des croix gammées ont été découvertes la matinée du 14 juillet sur les murs d’enceinte d’un chantier de mosquée à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen. “Islam hors d’Europe” , “Ni Islam ni burqa” sont les inscriptions en gros caractères réalisées au cours de la nuit du 13 au 14 juillet, selon les premiers éléments de l’enquête. Ces tags étaient accompagnés de croix gammées, de croix celtiques, ainsi que du nom de Charles Martel, entouré de deux cœurs. Le message islamophobe et anti-arabe est on ne peut plus clair, Charles Martel étant celui auquel l’histoire attribue d’avoir arrêté les conquêtes arabes à Poitiers en 732. Ce genre d’agissements a été plutôt rare jusqu’ici dans la région de Normandie et il est d’autant plus surprenant dans la ville cosmopolite d’Hérouville dans laquelle on dénombre quelque quatre-vingt communautés. Néanmoins, le mois de mai déjà, à Lisieux en Normandie, des inscriptions analogues, islamophobes et pro-nazies ont été découvertes sur la devanture d’une boucherie hallal avant même son inauguration. Selon la police judiciaire, chargée de l’enquête préliminaire, peu d’éléments permettent d’identifier les auteurs des inscriptions xénophobes. Le Conseil français du culte musulman a fait part de sa “profonde indignation” et a “condamné avec force cette nouvelle agression”. Il a également dit son “incompréhension totale face à cette longue série de profanations qui attriste la communauté musulmane de France et menace le vivre ensemble et la cohésion nationale”. Le conseil a aussi appelé les autorités “à tout mettre en œuvre pour que cessent ces indignes atteintes à des lieux de prière et de recueillement”. En décembre 2009, la mosquée de Castres, dans le Tarn, a été taguée de la même manière et des restes de cochon ont été épinglés à son portail. En février 2010, les murs de la grande mosquée en construction de Saint-Etienne ont été recouverts de tags islamophobes et de croix gammées. L’un des tout premiers faits similaires a été signalé en juin 2009, lorsque des inscriptions racistes avaient été découvertes sur les murs de la mosquée d’Estevelles, près de Lens, dans le Pas-de-Calais. Si le sentiment et les comportements antimusulmans et anti-arabes en France ne constituent pas une nouveauté, il n’en demeure pas moins que le phénomène de profanation des lieux de culte s’est développé depuis une année, au point qu’il est difficile pour les autorités françaises d’en minimiser la portée en le qualifiant de marginal. Il est tout aussi difficile de ne pas faire le lien entre le développement de ces manifestations racistes et le débat controversé sur l’identité nationale, qui a ouvert la boîte de Pandore et décomplexé, d’une certaine façon, le racisme, l’islamophobie et la xénophobie.

Source: www.liberte-algerie.com

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire