En Espagne, où la communauté musulmane représente 1,2 million de personnes mais où le port du voile intégral est ultra-minoritaire, ce sont des communes catalanes qui ont pris les devants. Neuf municipalités de cette région abritant d'importantes communautés marocaines et pakistanaises ont interdit ces dernières mois le voile intégral dans les édifices publics, mais pas dans la rue. La question transcende les clivages : ces interdictions ont été prononcées à l'initiative de toutes les couleurs politiques.
"RESPECT DE L'ORDRE PUBLIC"
Le débat suscite un certain embarras au sein du gouvernement socialiste, partagé entre deux de ses marques d'identité : la défense de l'égalité hommes-femmes, et le respect des cultures qu'il promeut internationalement à travers son initiative de "Dialogue des civilisations" entérinée par l'ONU. "A ce rythme, il y aura bientôt plus d'arrêtés municipaux que de burqas en Espagne", a déploré la ministre de l'égalité, Bibiana Aido, jugeant "nécessaire une régulation générale du voile intégral". "La burqa ne pose pas seulement un problème d'identification. Elle porte atteinte à l'égalité et à la liberté des femmes. Mais c'est une question extrêmement complexe qu'il faut aborder avec réflexion pour ne pas créer beaucoup plus de problèmes", a-t-elle souligné.
La puissante Eglise catholique espagnole défend le port du voile intégral au nom de la Constitution, qui stipule : "Les personnes et institutions ont le droit de manifester leur croyance, dans la limite du respect de l'ordre public".
Source: www.lemonde.fr
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